Pascal Couchepin affirme son respect pour les journalistes et les enseignants
Crédibilité des journalistes, crédibilité des hommes politiques : le Conseiller fédéral Pascal Couchepin a livré quelques considérations personnelles en ouvrant les Assises du journalisme, mardi à Lausanne.

Par quoi devient-on crédible ? Par « la capacité à capter la confiance des gens en se basant sur l’analyse rationnelle », plaide le radical en invoquant l’héritage des Lumières. Alors quid de l’adhésion émotionnelle ? « Hitler était-il crédible ? », s’interroge Pascal Couchepin. « Son régime était abominable, mais il a essayé d’asseoir sa crédibilité par des références à l’Histoire ou des succès économiques. Du Duce aussi, on dit que de son temps les trains partaient à l’heure. Ou qu’il a asséché les marais pontins. Aujourd’hui, est-ce que Berlusconi est crédible ?» L'efficacité d'un milliardaire ne le prédestine pas à accomplir aussi des réformes politiques efficaces. A quelques exceptions près, qu’il refuse de citer, le Conseiller fédéral doute que de bons entrepreneurs suisses aient fait de bons hommes politiques.
Tout le monde aspire à la crédibilité, même s’il y a parfois « des succès qui ne reposent pas sur la crédibilité». L’acquérir suppose « une formation, une culture, une expérience ». Invité à préciser pourquoi il s’en était pris à une journaliste de la TSR, Pascal Couchepin a expliqué qu’il attend de la corporation une connaissance des dossiers traités : faire face à quelqu’un qui « trébuche constamment » dans sa question a quelque chose d’horripilant à ses yeux.
Malgré son agressivité ponctuelle (« Du donné-rendu… »), le Conseiller fédéral exprime son respect pour la profession. « J’en ai, au même titre que pour la profession d’enseignant. Toutes deux impliquent un engagement quotidien, une capacité à se renouveler et à tenir dans la durée. Et je sais que ces efforts ne sont pas toujours bien récompensés au plan matériel ».
« La crédibilité à long terme est indispensable à la survie des médias », estime encore Pascal Couchepin. Et si les quotidiens gratuits sont un sujet d’inquiétude (« avec raison »), l’Histoire montre que « jamais un nouveau média n’a tué le précédent ». Le radical n’est donc pas favorable à l’éventualité d’une aide de l’Etat à la presse. Comment s’informe-t-il personnellement ? « Par la presse écrite !» Pascal Couchepin assure lire lui-même le « Tages Anzeiger », la « Neue Zürcher Zeitung », le « Blick », « Le Temps », « Le Nouvelliste », le « Walliser Bote », le « Financial Times » et « The Economist ». La TV et la radio (« Forums ») occupent une portion congrue.
Christian Georges
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21 Novembre 2007 à 09:09 dans
- Général
