Cannes par Suzanne (7) : un favori de dernière minute
L'heure du verdict approche à Cannes. Suzanne Déglon Scholer nous livre ses impressions et ses pronostics. Par SMS, cela donne: "Indigènes" : émouvant et sincère. "La Raison du plus faible" : un peu réchauffé". Notre envoyée spéciale enseignante n'a pas vu tous les films en compétition (et notamment ceux qui ont ravi la frange la plus cinéphile des festivaliers : "Flandres", "Les Climats", "Jeunesse en marche"…). Un favori s'est glissé aux côtés des films déjà admirés : "Le Labyrinthe de Pan", du Mexicain Guillermo del Toro.
Mediablog : "Génial!", ce "Labyrinthe de Pan", d'après ton dernier message. De quoi s'agit-il ?
Suzanne Déglon Scholer : - C'est un conte politique et fantastique situé dans l'Espagne franquiste. Le mélange entre les deux est très réussi. L'héroïne vient d'un pays idéal et a échoué chez les humains - la monarchie, paradis perdu ? J'y ai songé mais je ne crois pas… C'est une histoire très dure mais très cohérente, qui s'adresse à un public mûr, avec des couloirs sombres, la mort et le menace qui rôdent dans des décors splendides. Ici les fées sont des insectes géants qui prennent forme humaine. Sergi Lopez interprète un commandant de l'armée franquiste qui traque les rebelles. Je ne suis pas un inconditionnel de cet acteur, que je préfère dans les rôles de salauds ("Harry, un ami qui vous veut du bien"). Mais il est tellement parfait ici que je ne l'ai pas reconnu!
Mediablog : - Quel film pour la Palme, à ton avis ?
Suzanne : - Je n'ai pas tout vu. Notamment "Jeunesse en marche", de Pedro Costa, qui a fait dormir ou fuir beaucoup de spectateurs, mais qui a suscité l'enthousiasme de Freddy Buache, pour qui il s'agit du meilleur film de la compétition. Je continue de penser que la Palme devrait revenir à "Volver", à "Babel", au "Labyrinthe de Pan". Ou à "Marie-Antoinette", uniquement pour clouer le bec à tous ceux qui disent de ce film qu'il n'apporte rien. Quand même, c'est autre chose que les films avec Michèle Morgan!…
Mediablog : - Nous l'avons vu hier soir : c'est un enchantement ! Et ça laisse songeur sur ces présentateurs de journal télévisé - en clair : Pujadas - qui ouvrent les feux en annonçant que le film a été hué à Cannes. Que peut-il bien savoir de ces quelques hurleurs insensibles au talent de Sofia Coppola ? En voyant le film, je me suis dit qu'il suffit toujours de quelques meneurs pour réclamer la tête de "l'étrangère"…
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28 Mai 2006 à 12:20 dans
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