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Obama, Ségolène et Burkhalter sont sur le web

Barack Obama aux Etats-Unis, Ségolène Royal en France, Didier Burkhalter en Suisse: trois personnalités émanant de trois systèmes politiques différents. Il est saisissant de comparer leurs manières respectives d'exister sur le web et d'interagir avec les citoyens. Démonstration :

Barack Obama a fait du web son arme de campagne. Il a mobilisé les électeurs en popularisant son programme par le biais d'Internet. Ce qui est étonnant, c'est que, désormais en poste à la Maison-Blanche, il continue. Par un système redoutablement bien rôdé, il envoie à ses sympathisants des messages chaque semaine. Pour expliquer son action et son plan de santé, se défendre des attaques et demander aux électeurs de faire du lobbying auprès des membres du Congrès. Obama joue la carte du web participatif pour mobiliser des réseaux et maintenir en éveil la base de ses supporters.

Lors de la campagne présidentielle de 2007, Ségolène Royal avait choisi de consulter les Français en les invitant à déposer leurs propositions sur son site "Désirs d'avenir". Volonté participative méritoire, couronnée par une difficulté manifeste à nouer toutes les idées dans un programme fédérateur. Aujourd'hui, Ségolène Royal inaugure son nouveau site sous les moqueries de ses adversaires. Une déclaration vidéo plante au moment de la diffusion annoncée. La forme a complètement pris le pas sur le fond. Ce qui est commenté, ce ne sont plus les idées de Mme Royal, mais sa manière de se mettre en scène et de relooker son site.

Elu au gouvernement suisse mercredi 16 septembre, Didier Burkhalter n'a pas de site internet personnel. Il faut recourir à sa fiche sur le site du parlement (d'une austérité prussienne) pour connaître son parcours et les fonctions qu'il a occupées, mais pas ses idées. Certains vont ironiser sur la lenteur de certains politiciens suisses à mettre en application les nouvelles technologies. D'autres se réjouiront qu'il soit possible de tracer son chemin jusqu'au sommet de l'Etat sans passer par la tyrannie du web. On peut aussi se poser la question : les relais actuels (médias, partis, lobbies, associations) sont-ils à ce point efficaces qu'ils dissuadent nos décideurs d'interagir en direct avec le peuple ? Avec une plateforme web, Didier Burkhalter aurait le moyen de riposter à cet avocat genevois qui, au 19:30 de la TSR, lui reprochait "d'avoir des idées précises sur rien". (La TSR tend volontiers son micro à cet avocat qui a des idées arrêtées sur tout).


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