Le futurologue et l'Ecole
Ian Pearson (Photo Flickr) est futurologue. Attention, ce n'est pas Madame Irma ! Ce Britannique se borne à suivre les tendances que suivent les nouvelles technologies et à extrapoler les possibilités qu'elles offriront demain. A la fin de sa présentation, jeudi à Neuchâtel *, Nous lui avons demandé comment il voyait l'avenir du système éducatif.

"Je ne suis pas très populaire parmi les enseignants...", commence par s'excuser Ian Pearson. "Il m'est arrivé plus d'une fois d'être obligé de quitter la scène sous les huées". L'homme conteste par exemple l'idée selon laquelle l'intégration des technologies de l'information et de la communication requiert des investissements lourds pour le secteur de l'Instruction publique. A son avis, il faut laisser les enfants et les adolescents découvrir et assimiler les fonctionnalités de l'ordinateur et des appareils communicants pendant leur temps extra-scolaire. Si l'Ecole coûte une fortune, les impôts sont élevés. Si la charge fiscale diminue, les parents seront d'autant plus enclins à acheter des ordinateurs et des équipements adéquats pour leur progéniture.
Ian Pearson pose un constat provocant : aujourd'hui sur le marché de l'emploi, "de nombreux travailleurs sont employés comme des machines intelligentes. Or les machines vont devenir toujours plus intelligentes. Il faudra donc que les gens apprennent à travailler comme des gens". C'est-à-dire ? Les compétences de demain porteront sur l'empathie, la capacité à comprendre les besoins, les attentes des autres, la raison de l'échec d'une entreprise. En un mot, savoir analyser, tirer des conclusions, avec du recul.
L'Ecole ? Elle devrait se concentrer sur les compétences sociales, soutient le futurologue, père d'une adolescente de 15 ans qui en est à son septième téléphone portable. Malgré tous leurs gadgets électroniques, "les jeunes se révèlent plutôt malheureux. Qui se soucie de leur apprendre à être heureux ?" L'Ecole agit selon lui à rebours, elle envoie chez le psychologue celui ou celle qui manifeste des signes inquiétants. Prenant à témoin sa propre expérience de père, Ian Pearson avoue être distraitement intéressé par les notes de sa fille. C'est autre chose qui le préoccupe : "Est-elle bien intégrée dans des groupes de copines ? Est-ce qu'on l'invite à des fêtes ? Sait-elle comment cultiver un réseau d'amis ? Peut-elle faire remonter son estime de soi après un échec ? Est-elle en mesure de comprendre pourquoi certains rencontrent des succès et d'autres pas ? Voilà les compétences qui vont conditionner sa vie pour les 30 ou 40 prochaines années !"
* Ian Pearson présentait son exposé "A trip to the future" dans le cadre du séminaire "Imaging the Future", mis sur pied pendant le Neuchâtel Fantastic Film Festival (NIFFF).
On peut lire son blog sur : http://www.futurizon.net/blog.htm
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02 Juillet 2009 à 15:18 dans
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