"HOME" : Rendez-vous avec la planète
Quelle posture adopter face au film de Yann Arthus-Bertrand, arme de persuasion massive diffusée sur tous les écrans depuis le 5 juin ? Il faut bien avouer qu’elles sont multiples.
Le contemplatif admiratif (ou vaguement dépassé) : Se laisser aller à la fascination des vues aériennes. Admirer les architectures minérales, végétales ou humaines. S’étonner de leurs méandres et de leurs couleurs. Prendre de la hauteur par rapport aux hommes et aux bêtes. Pour qui adopte ce réflexe, c’est prendre le risque de passer complètement à côté du commentaire d’accompagnement. Ou un choix délibéré : mettre à distance le propos, pour s’abandonner à la contemplation rêveuse de la planète.
Le photographe jaloux : Quiconque a jamais tenu un appareil photo peut manger son chapeau à plusieurs reprises devant les moyens offerts à Yann Arthus Bertrand pour disposer d’une VUE IMPRENABLE. Le bougre en fait souvent bon usage. Il sait isoler des îlots de vie dans l’immensité désolée. Traquer les individus sur des sentiers insolites. Ou nous faire prendre la mesure du jardinage industriel de la planète. Saisissant !
Le cinéphile frustré : « Home » appartient davantage à l’univers de la photographie légendée qu’à celui du cinéma. Ce qui se déroule devant nos yeux ne se construit pas grâce au regard du spectateur. C’est davantage une exhibition de pièces à conviction et une exhortation à tenir un comportement précis, sur le mode : « La planète est sublime, les agressions multiples, prenez vos responsabilités ! » Beaucoup de cinéphiles ont très envie de (re)voir "Koyaanisqatsi" avec la musique de Philip Glass.
L’écologiste attendri dira : « Enfin un cri d’alarme grand public qui rappelle qu’il est moins cinq ! »
L’écologiste outré grognera : « Ah ces nantis qui peuvent se permettre de compenser les émanations carbone de tous ces vols en hélicoptère ! »
Le sceptique : Face au matraquage des statistiques, le spectateur de bonne foi est en droit de s’interroger : qui a calculé ces proportions alarmantes ? D'où viennent les sources scientifiques ? Sont-elles contestées ? Pour y voir plus clair, ce spectateur-là ira peut-être piocher dans les données du site www.goodplanet.fr ou sur notre fiche pédagogique e-media.
L’allergique complet lancera : « C’est à quelle heure, le Grand prix sur TF1 ? »
-
09 Juin 2009 à 17:03 dans
- Général
