Festival de Locarno (8) : le dernier mot à Moretti
La gifle donnée à une journaliste dans "Palombella rossa" reste l'un des gestes marquants du cinéma de Nanni Moretti. Geste de révolte contre les facilités du langage médiatique. "Qui parle mal, pense mal et vit mal", souligne le film. Au terme d'une édition du Festival de Locarno qu'il aura marqué de sa présence généreuse, retenons quelques sains principes énoncés par le réalisateur italien tout au long de la semaine.

Les mots qui fâchent :
"Si je gifle la journaliste dans "Palombella rossa", c'est qu'en effet je suis sensible à la langue, au sens de chaque mot. Mais les expressions que je déteste, elles ne figurent pas dans le film. Ce serait leur faire trop d'honneur que de les immortaliser. Je me suis contenté de tourner autour du pot."
L'engagement (politique) :
"Le cinéaste n'a pas le devoir de s'engager. Son rôle, c'est de faire de bons films, si possible innovants. Quand je fais entrer la politique dans mes films, ce n'est pas pour convaincre le spectateur ou le faire changer d'avis. J'essaie de communiquer avec des citoyens qui ne sont pas tout à fait d'accord avec moi."
La gauche :
"J'ai été et je serai toujours de gauche. Mais j'ai souffert de la double vérité qui régnait dans nos rangs. Sous prétexte qu'on ne doit pas laver son linge sale en public. (...) La gauche a oublié de passer la loi sur les conflits d'intérêts entre 1996 et 2001. Ce n'est pas un pays sérieux, avec un journalisme sérieux, qui peut laisser quelqu'un comme Berlusconi se présenter cinq fois aux élections".
Le succès public :
"Le triomphe de mon film "Ecce Bombo" repose sur un malentendu. Je pensais avoir fait un film douloureux qui s'adressait à une minorité. Je me suis retrouvé avec un film jugé comique par une grande masse de gens. Le public n'a pas toujours raison, mais il réserve parfois des surprises positives".
Les stars et le glamour :
"D'où vient cette revendication à avoir des stars et du glamour dans un festival comme Locarno ? Certainement pas du public. Alors il faut s'interroger : vient-elle des rédacteurs en chef des journaux ? Des politiciens ?..."
La sincérité :
"Au cinéma, la sincérité n'est jamais suffisante".
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18 Août 2008 à 16:48 dans
- Général

très intèressant votre blog salutations Lady
Posté par Marie-Christine — 25 Sep 2008, 00:22