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Mediablog

La bombe de Sarkozy

C'est une bombe qu'a lâché Nicolas Sarkozy mardi matin lors de sa conférence de presse. Une idée "folle" : supprimer toute publicité de l'audiovisuel public. A court terme, les bénéficiaires de cet effet d'annonce sont TF1 et M6. Le cours de l'action de la première (qui a chuté d'un tiers en 2007) a aussitôt bondi de 10%.

Folle, l'idée de Sarkozy ? Pas totalement : en Grande-Bretagne, la BBC peut se permettre de se passer totalement de publicité. La différence, c'est que l'Etat met les grands moyens pour financer les chaînes de service public.

En France, la situation est totalement différente. La redevance radio-TV est ridiculement basse (110 euros) et le gouvernement a exclu de l'augmenter (mais il vient de supprimer l'exemption dont bénéficiaient les retraités). Une chaîne comme France 2 ou France 3 dépend de la publicité à raison de 30%. Si on supprime toute publicité, c'est entre 800 millions et 1 milliard d'euros qu'il faudra trouver pour compenser. Où ? Nicolas Sarkozy a évoqué l'enventualité de grever d'une taxe la publicité supplémentaire qui affluerait vers les chaînes privées (TF1 et M6). Et de lever un impôt infinitésimal sur les abonnements à la téléphonie et à l'internet. Qu'est-ce qu'on n'inventerait pas pour éviter d'augmenter simplement une redevance sous-évaluée!

L'effet d'annonce est surprenant. Primo : Sarkozy n'explique pas pourquoi un audiovisuel public dénué de publicité serait préférable. Plus indépendant ? Plus mordant ? Vis-à-vis du big business peut-être. Mais pas vis-à-vis de l'Etat, dont il dépendrait encore plus étroitement. Deuxio : l'effet de l'annonce sur le cours de l'action TF1. On connaît les liens privilégiés du chef de l'Etat avec les patrons de la grande chaîne privée. Laurent Fabius a été cinglant hier sur le plateau de France 2 : "Le seul effet de la conférence de presse, c'est la hausse de l'action de TF1".

Autre annonce du chef de l'Etat (rapportée par le site de France 2) :

Il a aussi souhaité, pour l'audiovisuel public extérieur, qu'une nouvelle chaîne appelée France Monde, regroupant les moyens de TV5,  France 24 et Radio France Internationale, soit créée "cette année" et qu'elle ne  diffuse qu'en "français". "Avec  l'argent du contribuable je ne suis pas disposé à diffuser une chaîne qui ne  parle pas français", a-t-il précisé. Nicolas Sarkozy a estimé qu'"on peut parfaitement avoir un sous-titrage  par région : espagnol, arabe, anglais, pour porter une vision française".

Quand on se souvient des assurances données l'an dernier à Lucerne par les Français aux Suisses, aux Belges et aux Québecois pour le maintien de TV5, voilà qui ne manque pas de laisser songeur!


L'effet bling-bling

Pas envie de passer pour un plouc en ratant la première expression à la mode de 2008 ?

Rendez-vous sur cette chronique du "Monde".


Internet devant la télévision

"Pour la première fois en 2007, les Européens de 16 à 24 ans ont passé plus de temps devant leur ordinateur que devant la télévision. La même année, l'action TF1 a perdu un tiers de sa valeur. Rapprocher ces deux nouvelles, c'est constater qu'en 2007 le paysage audiovisuel français a commencé à se lézarder."

Lu sur le site LeMonde.fr. Analyse de l'année Internet par Bertrand Le Gendre


Kadhafi plante sa tente en France

"Le petit Abdallah campe à Moulinsart"

écrit joliment Dominique Dhombres dans "Le Monde". Cela valait le coup de ressortir l'image de "Coke en Stock", mille sabords !

En revanche, samedi 15 décembre, la police parisienne a rapidement fait évacuer les tentes des "Enfants de Don Quichotte" qui souhaitaient rappeler le problème des sans-abris. Il y a tente et tentes...

Les 18-35 ans sans complexes devant TF1

La Sofres a comme chaque année interrogé 1000 Français de plus de 18 ans, en été 2007, pour connaître leurs goûts et leurs avis en matière de télévision. Les résultats sont édifiants.

 

54% des sondés se déclarent satisfaits des programmes diffusés par la télévision en France. A l'inverse, 11% se déclarent "pas du tout satisfaits".

43% des personnes interrogées jugent les programmes meilleurs qu'avant (parmi lesquels de nombreux adultes de moins de 25 ans), 54% les jugeant moins bons. Et la question qui tue : "Parmi les chaînes suivantes, quelle est celle qui correspond le plus à ce que vous attendez de la télévision ?"

TF1 23%

Arte 13% (en recul de 8 points en deux ans!)

France 2 11%

M6 11%

France 3  9%

France 5 8%

Canal+  7%

Aucune 10%

La consommation de télévision des 18-24 ans est sensiblement inférieure (1h58 par jour) à celle de la moyenne des Français (3h24). Les fidèles du service public sont de plus en plus âgés. Les jeunes se reconnaissent sans complexe dans les programmes des chaînes privées, ou migrent vers le Net. Télérama concluait en octobre : "La fin de la télévision n'est pas pour demain, mais à coup sûr pour après-demain. Et l'Internet haut débit sera un de ses fossoyeurs."


Bedroom TV : la télévision dont rêvaient les ados existe

Au hasard du zapping sur les chaînes anglaises, découverte de l'étonnante BTV (Bedroom TV). Elle diffuse des clips vidéo tournés par des ados (et parfois ceux qui le sont restés) dans leur chambre. Le culte de l'amateur dans toute sa grandeur! Autrefois, on singeait ses chanteurs préférés en playback devant le miroir et ça en restait là (tant mieux pour nous!). Aujourd'hui, la vogue de YouTube donne des idées à certains diffuseurs. Bedroom TV se décline en deux versions : ceux qui ne vivent pas au Royaume-Uni peuvent regarder (et télécharger) les vidéos sur le Net (http://www.bedroom.tv/). Il y a aussi des conseils simples pour tourner sa propre vidéo, la sonoriser et la charger sur le Net. Regardez un peu comment Matt1975 et ses potes interprètent "Don't look back in anger" d'Oasis.


Jésus !

L'Evangile selon Paris Match, octobre 2007 après J.-C..

(Photo du rugbyman de l'équipe de France Sébastien Chabal)


Arte TV sur le Net : le flop

Arte vient de lancer son offre de vidéo en ligne (VOD) gratuite sur www.arte.tv/plus7. Une sélection de ses émissions est désormais disponible gratuitement pendant sept jours après diffusion à l’antenne.

Pour l'internaute suisse, belge ou québecois, pas de quoi jubiler : "Vous devez résider en Allemagne ou en France pour regarder cette vidéo", affiche un panneau lorsqu'on lance un document. Une entrave probablement liée aux droits d'auteur mais complètement aux antipodes de la philosophie du Net! 


Un 20h anorexique

Le 20h de France 2 va mal.

Cet été, "Télérama" révélait que "Le Parisien" (quotidien populaire) dicte souvent le choix des sujets du soir. "Le Canard enchaîné" et le site "Arrêt sur images.net" ont aussi expliqué comment l'envoyé spécial de France 2 a tambouriné comme un fou à la fenêtre de la voiture de la mère du petit Elias, pour la convaincre de faire une déclaration après le décès accidentel de son fils...

Mardi soir, David Pujadas ouvrait le 20h avec la "campagne choc" contre l'anorexie lancée en Italie, avec les affiches signées Oliviero Toscani (photo, le visuel destiné à faire connaître la ligne de vêtements No-l-ita).

Le modèle de Toscani est une Française et Pujadas piaffe de montrer l'extrait. Intérieur jour : assise sur un fauteuil, l'intéressée s'exprime. Elle est cadavérique. On ne voit que deux yeux, des pommettes et des clavicules saillantes, un nez de momie, des humerus. Elle dit qu'il faut que les filles comprennent que ça peut mener à ça, de commencer à faire des régimes. Drôle d'extrait d'ailleurs : pas l'ombre d'une question de journaliste, pas l'ombre d'une mise en contexte. L'état de choc est maintenu par des images (en noir et blanc) du shooting des photos de la campagne. La mort au travail, en gros plan.

Toscani explique que les médias ont une part de responsabilité dans cette histoire d'anorexie. Sans blague?!

Puis le correspondant en Italie de France 2 explique que les modèles doivent présenter un certificat médical prouvant qu'elles ne souffrent pas d'anorexie pour pouvoir participer aux défilés de mode. Le spectateur reste dubitatif devant les images d'archives (non situées) d'un défilé en question. Puis le journaliste explique pompeusement qu'avec cette mesure, le milieu de la mode s'est doté d'un "véritable code de déontologie".

Retour en plateau : Pujadas referme le sujet en rappelant vite fait que la France compterait 40.000 anorexiques. Puis avec une info qui fait dresser l'oreille : l'affiche serait reçue avec beaucoup de circonspection en France et son placardage déconseillé. Par qui ? Pourquoi ? Exemple flagrant de sujet pas traité, sans doute dicté par le seul et unique désir d'exhiber la fille. Bref, on est à la foire.

Et ça ne s'arrange guère avec le deuxième sujet : à Marseille, on juge les incendiaires (mineurs) d'un bus. Une passagère de 27 ans a été brûlée à 60%. Elle a renoncé à se présenter au procès (craignant les équipes de France 2 ?). Les reporters se sont rabattus sur la conductrice, défaite aux côtés de son avocat, encore en plein trauma...

Zapping rageur sur TF1 : au même moment, un sujet développé détaille la situation en Birmanie. Enfin un peu de hiérarchie dans l'info...

Post-scriptum : dans l'Hebdo du 4 octobre, le psychiatre français Xavier Pommereau donne un avis cinglant sur l'impact de la campagne anti-anorexie : "L'initiative de Toscani n'a aucun effet préventif contre l'anorexie. On n'a jamais empêché une guerre en montrant quelqu'un de défiguré par un obus. On ne peut pas soigner par l'image une maladie qui ne dépend pas de l'image."


"Arrêt sur images" pense aux profs, avec un abonnement à 3 euros par mois

Daniel Schneidermann encourage ses fans à souscrire un abonnement au futur site d’@rrêt sur images, qui sera en ligne en janvier 2008.

Il promet "un site d’une nature inédite, qui mêlera des enquêtes écrites et des émissions de télévision. Il comportera un « coin des profs » dédié à la pédagogie des médias et de l’audiovisuel, ainsi qu’un espace communautaire d’un nouveau genre pour confronter nos pratiques des médias."

Pour accéder au site provisoire,
cliquez ici.

Schneidermann joue la carte de la souplesse et de l'indépendance : "Nous pensons que la gratuité totale de l’information est une illusion. Ceux qui prétendent vous informer gratuitement le font toujours au nom de convictions (pas toujours affichées), d’intérêts (parfois bien cachés), ou pour vendre aux annonceurs des parts disponibles de votre cerveau. Informer est un métier, qui requiert des compétences et mérite un salaire."

La formule proposée est alléchante : 3 euros par mois ou 30 euros par an.

Mieux : 1 euro par mois pour les étudiants, chômeurs et précaires (sans autre justificatif que sa bonne foi).

Dans le même temps, France 5 annonce sa nouvelle émission de décryptage des médias. "Revu et corrigé" étrennera sa nouvelle formule dimanche 16 septembre à 13h15 pour les téléspectateurs suisses. L'émission hebdomadaire se veut interactive et durera 90 minutes.

On peut lire une interview de Paul Amar ici.