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Mediablog

Les dépenses médias des Suisses (1)

Au cours de l'année 2007, les Suisses (ménages et entreprises) ont dépensé 11,3 milliards de francs pour les médias. L'évolution montre une bonne résistance de la presse écrite, mais un essor important des dépenses pour les téléchargements de services et de contenus médias via Internet.

Toujours très attendue, l'étude de l'association Presse Suisse a le mérite de bien dissocier les dépenses. En clair, les Suisses ont dépensé en 2007 :

6,2 milliards pour les contenus médias (redevance radio-TV incluse) (+3,5%)

3,5 milliards pour des appareils destinés à l'usage des médias (radios, TV, ordinateurs) (+13,5%)

1,6 miliard pour l'accès (abonnement au câble et forfaits Internet surtout) (+ 5,1%)

Au chapitre des contenus, les dépenses se répartissent de la manière suivante :

1,8 milliards pour des contenus de presse écrite (-3,1%)

1,4 milliard pour des contenus achetés sur Internet (+24,1% !)

461 millions pour écouter la radio (via la redevance)

823 millions pour regarder la télévision (redevance et pay-TV)

208 millions pour le cinéma (en recul de 15,5% par rapport à 2006)

812 millions pour les livres (+2,5%)

724 millions pour des supports médias (CD, DVD, jeux vidéo) (-2,8%) 

Il est intéressant de constater que la presse écrite tire 58% de ses revenus de la publicité et 42% des ventes. Celles-ci se montent à 1,8 milliard. Si les abonnements représentent 1,13 milliard (dont 570 millions pour la presse quotidienne), les ventes en kiosque totalisent encore 646 millions de francs. Ces ventes en kiosque sont en recul de 30 millions par rapport à 2005.

Ces comportements nouveaux ne sont pas sans effets sur les décisions des éditeurs. La semaine dernière, on aura remarqué la spectaculaire décision du quotidien "Le Matin" de supprimer ses bureaux régionaux. Une nouvelle formule sera lancée en septembre. Mais d'aucuns, chez Edipresse même, prédisent que l'éditeur pourrait bien lâcher son ancien navire amiral pour concentrer tous les moyens sur "Le Matin bleu" gratuit...


Télé Président

La démocratie progresse-t-elle en Afrique ? C'est la question que pose "Courrier international" cette semaine. C'est aussi un enjeu largement débattu en marge de la farce électorale organisée par Robert Mugabe au Zimbabwe. Les observateurs qui se refusent à céder au pessimisme pointent les pays qui apportent des lueurs d'espoir. Parmi eux, le Sénégal. Mais une anecdote récente montre le chemin qu'il reste à parcourir.

Cette anecdote nous a été rapportée samedi par Raymond Vouillamoz. L'ancien directeur des programmes de la Télévision suisse romande effectue parfois de missions de formation auprès de professionnels africains. Qu'a-t-il constaté à Dakar ?

"Les gens de la télévision nationale s'arrachent les cheveux. Une unité de production TV indépendante, rattachée à la présidence, produit chaque jour plusieurs minutes d'émission à propos des faits et gestes du président. Cela peut durer jusqu'à 15-20 minutes. La cassette est transmise au dernier moment, en début de soirée, avec obligation de la diffuser. Or ceux qui la reçoivent ne savent jamais à l'avance combien de temps cela va durer. Un casse-tête pour organiser le téléjournal! Et le président vérifie que la diffusion a bien lieu."

Abdoulaye Wade, président du Sénégal.


La Belgique montre l'exemple

"Le parlement de la Communauté française de Belgique a approuvé mardi, à l'unanimité moins les abstentions du MR, le projet de décret créant un Conseil supérieur de l'éducation aux médias (CSEM).

Cet organe, qui remplacera le Conseil d'éducation aux médias de 1995, est appelé entre autres à faciliter pour tous les publics le décodage des informations de presse, l'utilisation des nouveaux médias tels qu'internet, le décryptage de la pub, etc... Le projet de la ministre Fadila Laanan reconnaît, pérennise et renforce les initiatives et structures existant actuellement dans ce secteur, actuellement limitées aux publics scolaires."

Source : Le Vif, L'Express (Belgique)


FINKIELKRAUT en flagrant délit de diffamation

Alain Finkielkraut récidive. Rien de tel pour l'intellectuel français que d'entretenir sa notoriété en attaquant des Palmes d'or qu'il n'a pas encore vues. Kusturica avant-hier, Laurent Cantet aujourd'hui. Finkielkraut allume les hostilités et déclenche aussitôt sur le forum du Monde.fr un torrent de réactions qui construisent une idée totalement erronée du film. Pour nous qui l'avons vu en primeur à Cannes, c'est à HURLER!

"Entre les murs", de Laurent Cantet.

Le titre de l'article donne la couleur : "Palme d'or pour une syntaxe défunte"

"On jugera le film de Laurent Cantet lors de sa sortie en salles. Peut-être sera-t-on intéressé, voire captivé par cette chronique d'une année scolaire dans une classe de quatrième à travers les tensions, les drames, les problèmes et les imprévus du cours de français. Mais s'il est vrai qu'après s'être vainement employé à corriger la syntaxe défaillante d'adolescentes qui se plaignaient d'avoir été "insultées de pétasses", l'enseignant finit par utiliser certaines tournures du langage des élèves, "plus efficace que le sien", alors on n'aura aucun motif de se réjouir," lance le faux dèrche dans les colonnes du "Monde". Il n'a rien vu mais il a déjà jugé : le film est porté par un enseignant démissionnaire (François Bégaudeau), qui abdiquerait face à ses élèves.

RIEN N'EST PLUS FAUX!

Le film montre au contraire le combat quotidien qui se joue en classe pour faire respecter les usages, autant dans la communication interpersonnelle que dans la langue écrite. Il montre un enseignant qui paye de sa personne, non pas pour rester dans sa tour de haute culture, mais pour aller ferrailler par les mots (précis, recherchés) avec ceux qui disputent son autorité et ses tournures de phrase.

Parmi une bonne rasade de réactions désespérantes sur le forum du "Monde", une phrase nous met du baume au coeur :

"Devenu enseignant j'ai fait mienne une règle simple : me mettre à la portée des élèves, pas à leur niveau."

Ou cet autre message, dans le courrier des lecteurs de Télérama :

"D'habitude je regarde le palmarès de Cannes d'un oeil amusé, distant, pour les belles robes des actrices. Et là, ça me met en joie de voir le film de Cantet récompensé, et avec lui les élèves et les profs qui ne baissent pas les bras. J'enseigne depuis cinq ans et ça fait du bien, ça me rappelle que j'aime mon métier, où nous sommes peu considérés par la hiérarchie et parfois par les parents. Je ne peux m'empêcher de penser que cette récompense est collective, pour tous ceux "entre les murs". Merci!"

Christian Georges


Complètement Stone

Paris Match consacre 14 pages au Festival de Cannes, mais fait sa Une sur Sharon Stone, "reine du glamour à 50 ans" (on croirait lire du Peter Rothenbühler). L'actrice ne présentait aucun film sur la Croisette (elle se bornait à animer des mondanités de prestige, comme le gala de l'Amfar, l'association américaine de récolte des fonds pour la recherche contre le sida). Illustration flagrante de la dérive "people" d'un magazine qui vante la grandeur et le prestige de la France quand il s'agit de montrer le couple Sarkozy-Bruni, mais qui renvoie en page intérieure le sacre d'un film français à Cannes. Très prisé des enseignants, "Télérama" n'a pas manqué quant à lui de faire sa Une sur le réalisateur Laurent Cantet et ses collégiens d' "Entre les murs". La Une d'un magazine en dit toujours long sur le public auquel il s'adresse.

  


Marre de Carla ?

"Bientôt un bébé à l'Elysée ?" titre "Point de vue", alors que la presse française est saisie d'une fièvre "enquêtrice" qui amuse le dessinateur Cabu et "Charlie Hebdo" :


La méthode Sarkozy...

...en matière de communication :

"Lancer une fusée par jour, pour faire oublier le raté de la fusée de la veille"

(François Bayrou dans "A vous de juger" sur France 2, jeudi 14 février) 


Les Rolling Stones par Scorsese

Les Rolling Stones font l'ouverture du Festival de Berlin. L'an passé, U2 était à Cannes, sur les marches et dans la salle, avec un film en 3D. Cette année, Mick Jagger et ses acolytes accompagnent Martin Scorsese, qui leur a consacré un film : "Shine A Light". Ce choix paraît des plus judicieux, vu le long compagnonnage qu'ils entretiennent. "Combien de scènes d'action Scorsese pourra-t-il encore booster à l'avenir avec des chansons du back catalogue des Stones ?", notait un critique goguenard à la sortie des "Infiltrés".

Pour les médias, un sujet s'impose : comparer "Shine A Light" avec "One + One", le documentaire sur les Stones tourné par... Jean-Luc Godard en 1968, pendant la réalisation de l'album "Beggars Banquet", avec la chanson "Sympathy for the Devil" (photo). Dans la tourmente de l'époque, Godard intercalait des séquences de contestation politique avec les séquences de répétition en studio, interrogeant la nature réellement "révolutionnaire" de la musique rock, opposant les petits blancs teigneux aux leaders noirs virulents. On peut lire à ce sujet un article intéressant ICI.

Qu'a fait Martin Scorsese dans "Shine A Light" ? "Il a filmé un concert à New York avec 16 caméras" et employé des "archives inédites", nous apprenait le sujet au 19:30 de la TSR jeudi soir. Waow....Il a réussi "à rendre tangible la musique des Stones" s'avançait même la correspondante à Berlin. Tangible ? Il est quand même génial de constater à quel point un média visuel (la TV) peine à parler d'un autre média visuel (le cinéma) et de la portée d'un film. La presse écrite garde plusieurs longueurs d'avance.


La pub rasée des murs

Qu'est-il arrivé à São Paulo ? se demandait le blog d'un geek écolo, avec ces photos intrigantes à l'appui.

 

L'émission d'Arte "Metropolis" nous l'a dévoilé samedi 2 février : le maire Gilberto Kassab a interdit et fait retirer par décret tous les panneaux publicitaires de la ville ! Tout panneau de plus d'1m50 a dû disparaître.

Il paraît que depuis qu'il n'y a plus la pub, on voit mieux les pauvres...

Arte leur donne la parole mardi 12 février à 23h45 ("Le rêve de São Paulo").

N'empêche que c'est une mesure spectaculaire et vertigineuse. A qui le tour ?


L'art entre à l'école

En France, l'histoire des arts sera intégrée aux enseignements de l'école primaire à la rentrée 2009 et en 2009-2010 au collège et au lycée, ont annoncé mercredi les ministres de l'Education Xavier Darcos et de la Culture Christine Albanel. Le brevet des collèges comprendra une épreuve obligatoire dans cette matière.

(L'Espresso de Télérama, 1er février 2008)