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Mediablog

Pierre Assouline, blogueur très commenté

"Internet offre la promesse qu'il y a toujours quelqu'un à qui parler, à toute heure, n'importe où dans le monde. Et mon public potentiel, ce sont 200 millions de personnes qui lisent le français". Depuis qu'il a lancé "La république des livres" en 2004, Pierre Assouline a vu affluer 160.000 commentaires sur son blog. Il vient d'en mettre 600 à l'honneur dans un ouvrage baptisé "Brèves de blog". Il observe surtout avec amusement les comportements de ceux qu'il appelle les "intervenautes".

"La paranoïa est le trait le plus répandu sur Internet, suivi par le procès d'intention. C'est permanent, y compris chez les gens les plus éclairés", note Pierre Assouline. "Il y a beaucoup de profs parmi les commentateurs de mon blog. Sans le faire exprès, ils se dévoilent, quand on aborde un sujet sur l'école... Il faut savoir rester lointain. Commenter sans se dévoiler. Les forums sur Internet, c'est la guerre ! Et il faut être armé pour la guerre. (...) L'anonymat n'en est pas vraiment un sur Internet. Un pseudo finit par devenir une identité propre.

Il y a des réactions curieuses dans cette communauté virtuelle. Exemple : un habitué de mon blog est absent. Les autres s'inquiètent. On apprend que l'intéressé a une tumeur. Et puis, des mois plus tard, quand il est de retour, les autres l'insultent comme avant!... Souvent, on vous engueule sur les blogs et quand on s'en offusque, les gens répondent qu'ils faisaient du troisième degré. C'est parce qu'il manque la dimension non-verbale... Il y a une addiction à l'ordinateur et aux commentaires. Les intervenautes qui désertent reviennent vite. J'ai par exemple sur mon blog un critique célèbre qui commente avec des textes qu'il n'oserait pas passer dans son journal. Ou alors il teste les "bonnes feuilles" de son prochain livre. C'est le laboratoire des idées de demain, ce que faisaient les revues au siècle passé..."

(A suivre...)


Obama décrypté par ses images

Comment concilier le cinéma classique américain avec un message politique ? C’est ce qu’a tenté Barack Obama avec son spot exceptionnel de 30 minutes. Réalisé par Davis Guggenheim (« Une Vérité qui dérange »), ce document a été diffusé mercredi 29 octobre à 20h locales sur les grands réseaux TV américains. Nous proposons une analyse des dix premiers plans de ce clip promotionnel, destinés à « scotcher » le téléspectateur-zappeur. 


 

L’élection a lieu dans la grisaille de novembre, Mais le clip de Barack Obama nous transporte d’emblée ailleurs : dans un climat de chaleur et de bien-être. Les blés qui ondulent ont fait de tout temps et dans tous les pays leurs preuves comme symbole d’abondance et d’espoir. Le cinéma propagandiste soviétique des débuts en a usé et abusé pour attester des promesses tenues par le nouveau régime (souvent à rebours de la réalité des récoltes). Tout indique ici que le temps des semailles est éloigné, mais la moisson proche… La musique pourrait être celle qui ouvre un grand film hollywoodien, un de ces films qui racontent un destin « bigger than life ». 

Ce lent travelling est incroyablement chargé de sens : il évoque à la fois l’Amérique avec un grand A (ses grands espaces), le road movie (la conquête de nouveaux territoires, l’arrachement à la sclérose de l’immobilisme). Il indique aussi que le candidat Obama vient à la rencontre de ses électeurs. Ce n’est pas à eux d’aller à lui, c’est lui qui se déplace. Le mouvement se fait de droite à gauche : le candidat dont l’avance est acquise sur la Côte Est vient conquérir à l’ouest des territoires qui lui sont beaucoup moins favorables, le Midwest et ses plaines céréalières. Le clip gomme toute référence urbaine dans cette entrée en matière : Obama ne doit pas être perçu comme un « libéral » des grandes villes, un de ces progressistes qui ne comprennent rien aux préoccupations de l’Amérique profonde.

Des mains ouvertes saluent et applaudissent, des bannières étoilées flottent au soleil. Ces mains ne sont pas identifiées. Elles pourraient être celles de n’importe qui, comme les millions de mains anonymes qui voteront en novembre. 

 

Un cadre moins serré laisse apparaître des personnages courbés dans l’expectative, le regard tendu vers un objectif hors champ. Ils semblent avoir attendu longtemps ce qu’ils veulent voir. Le personnage au chapeau de cow-boy est clairement le centre de gravité du plan. Personnage paradoxal : il ne répond pas au portrait-robot de l’électeur-type d’Obama. Il n’est ni jeune, ni étudiant, ni de couleur, ni probablement citadin. Message subliminal : le candidat Obama peut rassembler au-delà des cercles acquis. 

Le candidat apparaît, mais on l’identifie à peine, à droite de l’image. On ne l’identifierait même pas du tout sans la voix-off. Le clip a choisi là encore de mettre les citoyens en évidence. Comme pour attester que les gens et leurs attentes sont au centre.

L’atmosphère chaleureuse du clip monte en émotion, avec ce plan sur le visage formidablement expressif de la femme noire. Son mouvement de mâchoires résume quarante années de lutte pour les droits civiques : des humiliations subies à la fierté d’avoir aujourd’hui un Noir aux portes de la Maison-Blanche. La présence du jeune homme blanc à ses côtés est l’indice que le rêve de Martin Luther King est en passe d’être réalisé : celui d’une société où Noirs et Blancs coexisteraient en harmonie.

Blonds comme les blés du début du film, les enfants ne savent rien du cirque électoral qui se joue autour d’eux. Un jour, ils sauront. L’attitude de leur mère est là aussi puissamment expressive : la femme est pensive, soucieuse de l’avenir de ses enfants et du pays qu’elle leur léguera. Elle ne sourit pas, l’heure est grave, l’incertitude économique évidente, la défaite démocrate encore possible.

Alors que les adultes s’inquiètent pour leurs placements en bourse et leurs intérêts hypothécaires, les enfants n’ont pas de tels soucis. Ils rayonnent d’une joie sans arrière-pensée qu’Obama emploie pour témoigner de « l’optimisme » qu’il a rencontré durant sa campagne. L'avez-vous remarqué ? La blondeur est de chaque plan...

Tous les vétérans ne voteront pas McCain… Celui-ci gratifie le candidat (hors champ) d’un salut qui s’adresse aussi aux gars de sa génération. C’est le vétéran bonhomme, le vétéran présentable, incarnation de « l’espoir » et de la « force » mentionnés dans la bande-sonore : ce vétéran-là n’est ni mutilé ni traumatisé dans des conflits récents. Il traverse le ciel comme un ange (la découpe de son drôle de véhicule forme une aile), tel un messager du Bon Dieu (qui doit approuver lui aussi). Comme dans les premiers plans du clip, le ralenti indique qu’on est dans une autre temporalité que dans la vie courante. On est déjà dans le temps du mythe, dans l’Histoire en marche, qu’on ralentit pour mieux la figer.

Présent dans les premiers plans du clip par sa voix, Obama apparaît enfin plein cadre. Il n’est plus en campagne parmi les Américains. Il est dans son costume de président, dans un cadre soigneusement choisi pour rappeler les locaux de la Maison-Blanche (sans les reconstituer : pas question de se montrer présomptueux). Message subliminal : « J’y suis presque et regardez-moi dans ce décor, cela paraît tout à fait plausible ». L’image précède le réel…comme il est de règle à notre époque et dans quasiment tous les domaines. 



Soeur Emmanuelle, une bonne cliente pour les médias

Les gens de médias raffolent des"bons clients". Entendez par là des invités qui s'expriment de manière claire, articulée et spontanée, tout en accrochant le public par leur notoriété. Soeur Emmanuelle appartenait au cercle très fermé des meilleurs clients dont un média francophone peut rêver. On l'a vérifié lundi soir au JT de France 2, dans un extrait de "Vivement dimanche" face à Michel Drucker. A la question de savoir si elle était contente d'être là, la religieuse avait fait semblant de mettre sous pression l'animateur : "Je ne sais pas encore. Je le saurai en sortant d'ici". Et d'ajouter que trop souvent, elle avait regretté de s'être laissée embarquer dans des émissions où l'on se contentait de "questions superficielles". Dire la vérité sans braquer son monde, tel était l'un des talents de la petite bonne femme. Au risque de n'être pas réellement écoutée quand elle "bottait les fesses" de ses interlocuteurs.


Joe le plombier, ou l'incapacité des politiciens à parler des gens réels

Lors du dernier débat des candidats à la présidentielle américaine, le nom d'un certain "Joe le plombier" a été mentionné à 20 reprises. Cette insistance trahit surtout l'embarras des politiciens du monde entier à parler des citoyens ordinaires sans tomber dans des généralisations vides de sens.

En langue américaine, "The Average Joe", c'est le type ordinaire, le citoyen moyen. Sarah Palin avait ravi les satiristes en s'adressant à "Joe Sixpack" (l'amateur de bières) lors du débat des colistiers. Un autre type ordinaire a fait une apparition remarquée lors du troisième débat entre Barack Obama et John McCain : "Joe le plombier". Au départ, c'est un type réel. Un artisan, dans l'assistance, qui s'inquiète de pouvoir un jour créer sa propre entreprise. Les candidats ont aussitôt sauté sur ce Joe-là pour justifier leur programme et stigmatiser celui de leur adversaire. Payerait-il davantage ou moins d'impôts ? Pourrait-il envoyer ses enfants à l'Uni ?

20 fois dans le débat, on a parlé de ce Joe-là, alors qu'il y a 300 millions d'habitants aux Etats-Unis.

Cette fixette montre toute la différence qu'il y a entre l'univers de la communication (le langage politique) et l'univers réel (avec ses cas particuliers et ses infinies nuances). On commence par identifier un personnage. On lui trouve une étiquette commode ("Joe le plombier", "le sans-papier" ou que sais-je) et on en parle à l'infini, au point qu'on ne parle plus au final de quelqu'un de réel. C'est devenu une entité abstraite, commode pour l'argumentation politique, mais détachée de toute incarnation.

Au fait, vous vous souvenez du plombier polonais ? Il est toujours aux abonnés absents.


Barack Obama m'écrit

J'ai dû me pincer en ouvrant ma boîte électronique cet après-midi. Barack Obama figurait parmi les expéditeurs de messages! Bon, je l'avoue, cette missive n'était ni très personnelle ni très sympathique.Allez, je vous la traduis...

Ami (C'est ainsi qu'il commence... Pas "Cher Ami", mais c'est déjà mieux que "Buddy")

Il me semble que les différences entre John McCain et moi étaient plutôt claires l'autre soir. (Le soir du débat, donc, mais l'affirmation sonne déjà comme la bravade du jeune coq de bal du samedi soir

Je vais me battre pour la classe moyenne chaque jour. Et encore une fois, le sénateur McCain n'a pas mentionné une seule fois la classe moyenne pendant le débat. (Là, je m'interroge, comment fait-il, Barack, pour savoir que j'appartiens à la classe moyenne et pas au Lumpenproletariat qui profite de l'Internet gratuit pour aller surfer sur son site et laisser imprudemment mon adresse e-mail pendant mes heures creuses ?). 

Si vous partagez l'idée qu'il faut réduire les impôts de 95% des familles qui travaillent, réduire les coûts de l'assurance maladie et terminer la guerre en Irak de manière responsable, alors j'ai besoin de votre aide maintenant. (Là, je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je me sens comme une vierge devant un prétendant assez pressé de conclure...) 

Et si vous avez entendu John McCain proposer encore et toujours les mêmes propositions politiques discréditées, y compris des réductions fiscales pour les riches et les multinationales, sans parler de continuer à dépenser 10 milliards par mois en Irak, alors il est temps d'agir.

Dans quatre semaines jour pour jour, nous saurons qui sera le nouveau président.


Le temps de faire la différence s'écoule inexorablement - fais je t'en prie un don d'au moins 5 dollars MAINTENANT -- please make a donation of $5 or more right now.

https://donate.barackobama.com/townhall

Merci

Barack

(Ah, cette manière de donner des ordres... C'est ce qui doit s'appeler le leadership inné...Ce doit être aussi ce que les médias appellent "la maîtrise des nouvelles technologies". Quant à savoir si cette forme de communication fonctionne, c'est une autre affaire. Il me souvient aussi que Barack écrivait fréquemment l'été dernier à une petite vieille de mes connaissances du Massachussetts, 90 balais, avec des appels tout aussi pressants à verser une contribution. Trois ou quatre courriers en deux mois au moins. Quand on courtise et qu'on veut conquérir, on ne s'arrête pas au nombre des printemps.)


Le patron de Skyrock aime les jeunes. Littéralement.

Sur le site du Nouvel observateur, une dépêche édifiante à propos du PDG de la station connue pour diffuser des émissions très prisées des jeunes et héberger leurs blogs.

Un débat formidablement parodié

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http://www.nbc.com/

 
Vous avez manqué le débat des candidats à la vice-présidence des Etats-Unis ? Ou vous êtes restés sur votre faim ? L'émission satirique Saturday Night Live a reconstitué ce débat avec un soin époustouflant des détails (jusque dans le décor et la lumière qui baigne la modératrice). Avec une Sarah Palin plus vraie que nature (la comédienne Tina Fey) : les anglophones se régaleront notamment de sa définition du mariage.

Haine de la presse

Un article du site du "Monde" fait état des difficultés de la presse américaine (confrontée à une baisse de la diffusion et une baisse des rentrées publicitaires de 3% l'an dernier). La progression des rentrées sur les activités multimédias ne compense pas les pertes du secteur papier. Les grands éditeurs songent à vendre des actifs et à supprimer en masse des postes (de journalistes notamment). C'est le commentaire d'un internaute abonné au site qui navre le plus : "Les faiseurs d'opinion ont du plomb dans l'aile, comment ne pas s'en réjouir ?", écrit-il. On a envie de rétorquer à cet internaute : "Le jour où les faiseurs d'opinion d'une presse pluraliste auront disparu, par qui laisserez-vous forger vos convictions ?"

«Je préférerais vivre dans un pays qui ait des journaux et pas de gouvernement plutôt que dans un pays qui ait un gouvernement et pas de journaux.», a dit un jour Thomas Jefferson, 3ème président des Etats-Unis,


Drogués de l'info

D'où vient notre besoin compulsif de consulter nos e-mails ? De saisir un journal abandonné dans le train ? De voir de nouveaux films ? Qu'est-ce qui fait que beaucoup d'entre nous sommes des "infovores" ? J'ai trouvé quelques réponses dans un intéressant article du "Los Angeles Times".

Y a-t-il une explication biologique à notre fringale d'informations ? Irving Biedermann en est persuadé. Ce professeur à l'Université de Californie du Sud observe par exemple que notre oeil effectue pas moins de trois fixations par seconde sur le monde environnant "et pas au hasard". Notre regard est attiré par des objets susceptibles de nous dire quelque chose. Biedermann et ses étudiants ont passé le cerveau au scanner. Ils se sont intéressés aux récepteurs opioïdes, des neurotransmetteurs qui véhiculent un sentiment de plaisir (ce sont les mêmes qui agissent lors de la prise d'héroïne ou de morphine).

Biedermann a constaté que ces récepteurs opioïdes sont rares dans les zones du cerveau qui reçoivent directement les informations visuelles ou auditives. En revanche, ils abondent dans les zones dites "associatives", où l'information reçue enclenche la mémoire et réveille la connaissance acquise. D'où sa conclusion : plus une information titille votre faculté d'interprétation de ce que vous percevez, plus la giclette opioïde est forte. (Voilà pourquoi sans doute nous ne sommes pas égaux devant les films que nous voyons : certains les trouveront décevants ou ennuyeux parce qu'ils ne réveillent rien de leur expérience intime, alors que d'autres les trouveront jouissifs!)

Regarder quelque chose qui mène à une interprétation inédite engendre une intense activité associative. Nous sommes excités par ce qui apporte une dimension nouvelle à ce que nous avons déjà appris. "Nous cherchons à combler nos désirs opioïdes, poursuit Biedermann. Nous supportons la file d'attente au cinéma dans l'attente du plaisir à venir. Nous payons davantage pour une chambre avec vue ou pour une tasse de café à une terrasse parisienne".

Voilà pourquoi les porteurs de Blackberry sont à ce point rivés à leur prothèse, conclut le professeur. Parce qu'on ne sait jamais ce qu'il va livrer d'une seconde à l'autre : une information d'actualité de dernière minute, une rumeur, un e-mail d'une petite amie perdue de vue depuis longtemps... A chaque fois, une petite giclette opioïde... Pour certains, c'est le BlackBerry, pour d'autres c'est le cinéma. Vivement Locarno!

Christian Georges


Haute définition

A la réception genevoise de la Télévision suisse romande comme dans les supermarchés de l'électronique américains, les grands écrans plats à haute définition s'affichent, clinquants. Si leurs performances sont par moments bluffantes, une interrogation assaille le chaland : la HD d'accord, mais pour quelles finalités en termes de contenu ? Est-ce que la qualité HD est nécessaire pour tout programme télévisé ? Permis d'en douter.

Prendre un bain de HD à l'occasion de vacances outre-Atlantique apporte quelques enseignements. L'écran LCD d'une diagonale de 126 centimètres offre des images parfois époustouflantes, parfois moins convaincantes. Même les canaux qui diffusent en HD ne sont pas exempts d'images décevantes, saturées de "bruit" (ce fourmillement de pixels indécis, dans les masses de tons foncés). 

Les showrooms des vendeurs d'électronique savent y faire pour hameçonner le client. Ici, un lecteur blu-ray diffuse le DVD d'un concert à Madison Square Garden : la qualité d'image laisse sans voix. Les subtilités les plus douces des éclairages sont rendues à la perfection. Magique! Mais cette magie s'éteint quand, dans un autre programme consacré à un musicien, on le voit répondre aux questions à la table d'un bar. L'artillerie coûteuse de la Haute définition mérite-t-elle d'être convoquée pour restituer une banale conversation ? Certainement pas! Cette débauche de moyens high tech devient même franchement ridicule lorsqu'il s'agit de meubler des temps morts. Exemple : durant l'interruption d'une course automobile, les reporters interviewent longuement le chef de la fédération. Chaque verrue, chaque détail disgracieux du physique des intervenants éclate à la figure du spectateur en qualité HD.

Les canaux qui diffusent en HD alternent aussi le pire et le meilleur, parfois de l'inattendu. Exemple saisissant : une chaîne consacrée à la nature diffuse le matin, sans commentaire, des plans fixes du frémissement de l'aube sur les montagnes. C'est majestueux. En soirée, une autre chaîne saucissonne les étapes du Tour de France en tranches aussi épaisses que les intermèdes publicitaires. C'est ce que la télévision commerciale peut proposer de plus insupportable. Et c'est ce que les spectateurs des Etats-Unis s'apprêtent à vivre avec les Jeux olympiques de Pékin sur CBS : un spectacle en différé, complètement trafiqué dans sa dramaturgie, pour donner aux messages des annonceurs la part du lion.

Reste à faire comme cette famille du Massachussetts : enregistrer les matches de baseball sur disque dur puis les regarder en différé, en passant en accéléré sur les blocs publicitaires. Mais là encore, la HD ne parvient pas à pallier au manque de rythme des rencontres les plus soporifiques...