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Mediablog

La télécratie

Enseignante à l'Ecole professionnelle commerciale de Lausanne, Michèle Péringer recommande un livre qui l'a interpellée. Nous en publions le résumé qu'elle nous a fait parvenir, avec son aimable autorisation :

 Bedroom TV, exemple de délocalisation de la télé sur le Net.

"Dans le cadre d’une semaine de sensibilisation aux médias à l’école, "La télécratie" retient l’attention. Le philosophe Bernard Stiegler préside l’association « Ars Industrialis » crée à Paris en 2005.(www.arsindustrialis.org). Son motif de constitution est le fait qu’à notre époque, la vie de l’esprit, selon les mots d’Hanna Arendt, a été entièrement soumise aux impératifs économiques, aux impératifs des industries culturelles.

Le ton est donné. Notre époque est menacée. L’école doit se reposer la question philosophique des anciens grecs du rôle de l’enseignement. L’institution de programme doit s’opposer à l’industrie de programme et  "apprendre à penser avec les ombres". Une autre association a vu le jour pour réenchanter l’école : www.skhole.fr.

Dans son livre, Bernard Stiegler entend livrer "la bataille de l’intelligence". Il invite à mettre un terme à l’entreprise de destruction de l’intelligence que constitue la tyrannie de l’audience. Il s'en prend à la chaîne Baby First, dont la dangerosité vient d’être reconnue. Les enfants exposés aux programmes de TV entre  un et trois ans risquent de souffrir d’un déficit attentionnel lorsqu’ils atteignent l’âge de sept ans. Les nouveaux médias sont pointés du doigt. S’ils offrent d’immenses possibilités, ils engendrent d’innombrables dangers.

La circulation des images, règne de la TV devient autre chose. TF1 l’a bien compris en créant sur Internet sa nouvelle chaîne WATCAST, sans mentionner qu’il s’agit d’une filiale. Un appel citoyen est lancé dans ce livre : «  Faire attention, pour une nouvelle politique éducative ». Ce que les parents et les éducateurs forment patiemment, les industries audiovisuelles le défont systématiquement. L'auteur met l’accent sur le fait que le degré zéro de la pensée conduit à un accablement collectif, à réagir de manière pulsionnelle au détriment de la compétence de sociation. Les industries de programme prennent le contrôle du social en monopolisant  la technologie relationnelle (information, communication).

Le désir est canalisé vers les marchandises au prix d’une diminution de la conscience dans le temps de cerveau qu’elle rend ainsi disponible sur le marché de l’audience.

La force des industries de programme est immense. Elle engendre une misère symbolique qui détruit « la philia ».

Prônant un nouveau modèle de civilisation, cet ouvrage affirme qu’un sursaut démocratique contre les abus de la télécratie est possible. Nous formons une opinion publique et ne sommes pas des « niches » dans des audiences !"