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Mediablog

Non, non, rien n'a changé. Tout, tout a continué.

 

"Les fêtes du nouvel-an n'auront pas apporté de brillantes recettes dans la caisse du petit commerce. Jamais nos rues n'ont présenté un spectacle pareil à celui du 31 décembre. Au lieu de cette foule compacte qui habituellement s'y pressait à pareille époque ; de loin en loin seulement quelques personnes, empressées d'échapper aux rafales du vent du Nord.

Le froid excessif avat retenu les campagnards chez eux. En somme, les ventes ont été rares dans le petit commerce.

Il faut remonter à trente ans en arrière pour trouver un froid aussi prolongé. Ce sera le cas pour les âmes généreuses d'exercer la charité. Les souffrances des pauvres ne peuvent manquer d'être grandes"

(Lu dans les "Nouvelles locales", du Courrier de Genève, no 1, dimanche 5 janvier 1868).

Le froid, les chiffres du commerce et le nécessaire souci des pauvres... C'est fou ce que les préoccupations des médias en période de Fêtes changent peu en 140 ans! Mais ici c'est plus sobre que les articles angoissés de 2008 et les épanchements chez Delarue...


M6 ne sait pas lire

"Nicole Kidman, une star en danger" : tel était le sujet au sommaire de 100% Mag sur M6 mercredi soir. On flairait à plein nez le plan promo déguisé pour le film "Australia", qui sort la semaine prochaine. Eh bien, pas du tout... Le sujet de M6 nous a donné une nouvelle preuve de l'extrême désinvolture avec laquelle sont construites les infos "people".

En danger, Nicole Kidman ? Mais pourquoi donc ? Comme de coutume avec les people, M6 devait trouver une histoire à raconter, avec un angle. La chaîne a d'abord joué l'angle des relations de couple : elle a rappelé les tracas de l'actrice australienne avec son scientologue d'ex-époux Tom Cruise. Elle a de manière complaisante donné l'impression que son mari actuel, Keith Urban, avait un sérieux problème d'alcool.

Mais cela ne suffisait sans doute pas : il fallait encore montrer qu'un autre danger guettait l'interprète phénoménale de "Dogville" ou de "The Hours" (deux films artistiquement risqués, tout à son honneur). Alors M6 a ressorti une bonne veille dépêche de mi-septembre. La voix-off en frémissait d'excitation : "Nicole Kidman est l'actrice la moins "bankable" de Hollywood!" (Traduction pour ceux qui en sont restés à l'idée que le cinéma est d'abord un art : c'est l'artiste qui rapporte le moins par rapport au montant de ses cachets).

Pour bien montrer l'ampleur du désastre, M6 a mis en scène une petite infographie de très bon goût : "Ses films n'ont rapporté qu'un dollar pour huit investis dans son cachet", disait la voix off. Et l'on voyait les billets s'afficher sur le visage de Nicole : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8....

L'ennui, c'est que la rubrique "people" de M6 lit très mal l'anglais : le magazine Forbes a bien établi un classement des acteurs les moins "bankable". Nicole Kidman arrive en effet en tête de ce classement, mais le rapport n'est pas aussi catastrophique que ne l'affirme la chaîne française : les films de Kidman rapportent UN dollar pour chaque dollar investi dans son salaire. Dans une précédente période de référence, les films de Kidman rapportaient 8 dollars pour un dollar investi. La preuve ICI sur le site de Forbes :

Kidman's films earn a mere $1 for every dollar Kidman was paid, compared with $8 in 2007

Quant à savoir ce que vaut Australia, on vous renvoie à notre FICHE à lire ICI. 


Tous prévisibles ?

Analyser les choix des internautes pour prédire leurs goûts en matière de photo, de musique ou de cinéma : ce n'est plus de la science-fiction. C'est même l'un des domaines étudiés au centre de recherches et développement de Swisscom à Ostermundigen.

Vous croyez que le Net est le grand Tout de la démocratie absolue ? Le souk infini où chacun trouvera des articles à son goût, même les plus extravagants ou minoritaires ? Vous vous faites des illusions. Le parcours de l'internaute est toujours plus tracé (par les "cookies") et balisé. Pire : ce sont maintenant ses goûts qui font l'objet d'études très surprenantes.

Prenez une planche de photos du site Flickr (ci-dessus) : quelles sont celles qui vous attirent ? quelles sont celles qui vous laissent indifférent ? Ceux qui font profession d'étudier les comportements sur le Net ne se contentent plus de totaliser les clics et les téléchargements. Ils examinent la composition et la structure des images les plus demandées. Ils établissent des profils. Et ces profils, ils les veulent à l'avenir prédictifs. Le web de demain sera truffé d'offres ciblées, calibrées pour coller de près à vos goûts. Vous le remarquez déjà peut-être en téléchargeant de la musique : sur iTunes, l'outil GENIUS se pique de vous suggérer des titres qui vous plairont sûrement. (A titre perso, je me suis empressé de le désactiver!). En consultant des ouvrages sur des sites de vente en ligne, on vous collera aussitôt un petit paragraphe libellé "Ceux qui ont acheté ceci ont aussi acheté cela".

Colère d'un collègue dans les salons feutrés de Swisscom : "Quelle vision de l'homme et de la société ! Les canons esthétiques sont faits pour être bousculés! Il faut secouer les gens, les surprendre plutôt que de les flatter dans le sens du poil". Eclat de rire du chercheur en face : la franchise de cette saine réaction a dû le distraire pour un temps des tendances lourdes et tellement tristes du formatage. /cgs


Le cul entre deux chaises

Diffusée chaque matin sur les ondes de la Radio Suisse Romande, la capsule "Bande à part" est, au fil des écoutes, toujours aussi insatisfaisante dans son principe. La raison est en est simple : entre le "in" et le "off", il n'y a pas de milieu !

"Ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des sons, des images ou des documents".

Voilà ce que stipule l'article 4 de la Déclaration des devoirs du journaliste. A partir de ce principe, les porteurs de caméras et de micros ont deux solutions : soient ils jouent franc-jeu avec leurs interlocteurs. Soit ils jouent "les infiltrés" comme la très discutable équipe de France  2. Mais "laisser traîner un micro", faire durer l'enregistrement pour picorer des à cotés, des propos moins formels, du "off", tout en prétendant jouer réglo, ça ne marche pas!

"Bande à part" nous joue chaque matin un pénible petit théâtre du faux naturel, où les "amis" politiques saisis au coin de leur stamm tentent péniblement de se montrer moins coincés et formatés qu'à l'ordinaire. Ils savent parfaitement qu'un micro siglé RSR capte leurs propos censément spirituels ou bruts de décoffrage. Et la plupart semblent déjà tétanisés par les piques que leur lancera Julie Evard.

La RSR avait déjà fait les frais de ses tentatives maladroites de dresser des portraits off de personnalités sur le coup de 7h45. Faute d'en revenir à des portraits écrits et assumés par les journalistes eux-mêmes, elle s'égare à tenter de montrer sous leur vrai jour des gens dont la principale préoccupation est le ripolin de leur image médiatique. /chg


L'avenir du journalisme ?

Ils sont jeunes mais professionnels. Ils secouent les pouvoirs établis avec des révélations embarrassantes ou exclusives. Ils acceptent d'être payés moins que leurs confrères des titres établis. Aux Etats-Unis, les journalistes qui alimentent des sites d'information en ligne attirent de plus en plus l'attention.

Un article du Center for Investigative Reporting au sujet de Taser International

C'est le "New York Times" du 18 novembre qui s'en faisait l'écho : aux Etats-Unis, des sites d'information en ligne dotés d'équipes minuscules sont en train de se faire un nom, comme le VoiceofSanDiego.org. Leur atout : opérer à des coûts de moitié inférieurs à ceux d'un quotidien papier traditionnel. Leur limite : bénéficier de ressources publicitaires très insuffisantes pour payer un staff digne de ce nom. Ces sites songent à se constituer en association pour aller draguer les annonceurs nationaux et solliciter les dons de fondations qu'ils n'obtiendraient pas en partant seuls au combat.

VoiceofSanDiego est à l'image de PBS, la chaîne publique américaine : c'est une société sans but lucratif soutenue par des fondations, de riches donateurs, les contributions du public et un petit apport publicitaire. Il y en a d'autres, comme ProPublica, le Pulitzer Center on Crisis Reporting, ou le Center for Investigative Reporting.

VoiceofSanDiego est structuré comme la plupart des sites des journaux traditionnels, avec des rubriques classiques, une actualisation régulière. Le site contient peu d'infographies, mais beaucoup de photos et même de la vidéo (grâce au partenariat avec une chaîne de TV locale). Par nécessité, il est très sélectif dans ce qu'il couvre et renonce aux dépêches d'agence qui encombrent la plupart des sites d'information.

L'audience reste à ce jour faible : 18.000 visiteurs uniques par mois. D'autres font mieux, comme le MinnPost (200.000) mais cela reste une fraction infime de ce que les gros titres écument en ligne. Au MinnPost, les cinq employés à plein temps gagnent entre 50.000 et 60.000 dollars par an, mais ils peuvent compter sur 40 pigistes occasionnels.

Ces sites sont souvent nés sous l'impulsion d'un opulent parrain, écoeuré par la complaisance des médias traditionnels à l'égard de l'establishment. L'un d'eux, Buzz Wolley, estime que le modèle sans but lucratif est celui qui a le plus de chances de fonctionner : "L'information est désormais un service public. Elle devrait être envisagée comme l'école ou la santé. C'est l'une des choses dont on a besoin pour faire fonctionner une société civile et le marché n'est pas très approprié pour s'en occuper."

(Traduction et adaptation : Ch. Georges)


Apocalypse : les chrétiens comme les bolchéviks ?

Nous évoquions il y a peu dans ce blog l'importance d'un contre-feu (si possible argumenté) aux opinions dominantes dans les médias. Alors que la série d'Arte "Apocalypse" s'attire les éloges unanimes des chroniqueurs, nous avons trouvé sur le blog "La république des livres" l'avis discordant d'un certain Jérôme. Il nous laisse sans voix par son érudition et sa précision d'argumentation. Le voici in extenso (les passages en gras ont été mis en évidence par nous).

Jérôme Prieur et Gérard Mordillat, les auteurs de la série.

"J’ai eu l’occasion de voir les deux premiers épisodes : je les ai trouvés très séduisants sur la forme, j’ai été heureux de voir s’exprimer des chercheurs autrement que par leurs livres, mais j’ai trouvé les documentaires assez vides sur le fond dès lors qu’on prend un minimum de recul et que l’on réfléchit à ce que l’on en retire vraiment.

Ainsi, le livre de l’Apocalypse n’est abordé que par son premier et son dernier paragraphe, et par une expression qui a apparemment fasciné jusqu’à la sidération les auteurs (”la synagogue de satan”). Du reste du livre, il n’est à peu près rien dit de précis, alors même que le sujet de la confrontation avec Rome pouvait donner lieu à beaucoup de commentaires éclairant le livre lui-même et l’histoire des premiers chrétiens. Il y a certes des commentaires par ailleurs sur l’évolution du regard des premiers chrétiens à l’égard de Rome, mais pourquoi appeler une série « Apocalypse » alors même que le livre éponyme est laissé à ce point dans l’ombre, au profit de la focalisation sur une unique expression dont on ne sait pas très bien à l’arrivée si elle renvoie finalement aux Juifs ou aux communautés pauliniennes. On serait tenté de dire que cela fait beaucoup de bruit pour rien, alors qu’il y a tant d’éléments plus sûrs que l’on pourrait mettre en avant pour éclairer véritablement cette période.

Mais les auteurs ne cherchent pas à éclairer la période de façon générale, ils cherchent uniquement à répondre aux quelques interrogations qu’ils se sont posées au milieu de tous les textes et faits qui se présentent à eux. Dès que l’on prend du recul, la démarche apparaît étonnamment partielle, voire partiale.

Les auteurs ne partent pas d’un présupposé religieux, ce qui est normal, mais ils ne comprennent visiblement le phénomène dont ils parlent (la naissance d’une religion) que sur un mode politico-idéologique. Être chrétien, ce serait appartenir à un groupe fondamentalement hétérogène et profondément déchiré, dont la seule unité, la seule identité, à l’arrivée est l’opposition à Rome (surtout) et aux Juifs (beaucoup aussi). Que la religion génère des conflits, avec d’autres religions, avec le pouvoir politique, c’est un fait, mais cela fascine Mordillat et Prieur au-delà du raisonnable : la seule mention d’un conflit entre chrétiens et juifs dans le premier épisode renvoie à une question de gros sous. De la prétention des chrétiens à croire en Jésus non seulement Messie mais encore Fils de Dieu, il n’est pas dit un mot, alors même que les ouvrages sur l’éloignement progressif entre chrétiens et juifs au Ier siècle commencent à être nombreux, et que la question spécifiquement religieuse a provoqué des ruptures bien plus profondes que celle de savoir qui mettrait la main sur la bourse des néo-convertis.

Mordillat et Prieur ont certes beaucoup lu et travaillé, mais pour prendre un exemple leur précédent livre, Jésus après Jésus, est très faible, presque indigent. Ils alignent des hypothèses les unes à la suite des autres, en ne retenant que celles qui s’écartent d’une vision dite traditionnelle : pour être valable, une hypothèse doit dire le contraire de ce que l’Eglise affirme ou est censée avoir affirmé. Ils prétendent en introduction s’attacher à la dimension littéraire des textes, ce dont je me suis réjoui par avance, avant de constater que cela signifiait uniquement relever que selon eux les premiers textes chrétiens étaient bourrés de stratégies rhétoriques très faibles et contradictoires pour faire passer en douce des messages dont seuls Mordillat et Prieur peuvent croire qu’ils étaient censés être cachés et qu’ils ont pu grâce à leur science les dévoiler enfin, 2000 ans plus tard. En voyant la série, on peut relever des limites plus ou moins étonnantes, mais face à un tel livre, la mauvaise foi (ou l’aveuglement) devient patente.

S’il nous est permis de proposer à notre tour une hypothèse : les réalisations de Mordillat et Prieur sont loin d’être sans préjugés, contrairement à ce qu’ils clament partout haut et fort. Ils n’en sont peut-être pas conscients, mais ils traitent du christianisme primitif comme on traiterait aujourd’hui de l’histoire du parti bolchevik : comment un petit parti révolutionnaire, déchiré par les conflits (cf. la scission avec les mencheviks, puis ensuite les conflits violents entre les leaders, une fois le pouvoir conquis), guidé par des principes grandioses mais abstraits et déconnectés du réel, a-t-il pu s’imposer à l’Empire qu’il combattait, et se développer à grands renforts d’une idéologie et d’une propagande d’une absolue mauvaise foi, qui a pourtant su conquérir les esprits y compris de grands intellectuels dans la période d’après-guerre, même s’ils en sont revenus, pour certains, par la suite.

Mordillat et Prieur semblent nous rejouer “Le passé d’une illusion”, mais c’est ici un parti-pris qu’ils peinent encore à fonder et à porter jusqu’à la moindre forme de démonstration.

Il y a des choses à retenir, par moments, de la série, mais la démarche et le fond demeurent profondément insuffisants. Il est dommage du coup qu’une série avec un tel retentissement et une telle ambition culturelle passe aussi loin de l’objet qu’elle prétend éclairer.


Le podcast nous déshumanise

Le podcast est une invention qui nous déshumanise. Je le sais, je le pratique depuis peu.

Au départ, c'est une invention hyper pratique. On a manqué une émission de radio ou de télévision ? Pas de problème, on la télécharge sur un baladeur numérique et on se la repasse quand on a du temps libre. Le problème, avec le temps libre, c'est qu'il est aussi disponible que la glace en juillet. Il faut donc ruser, combiner, entrer dans l'engrenage du multi-tâches. Et ça ne marche pas ! Impossible de lire un éditorial en même temps qu'écouter un raisonnement d'Edwy Plenel dans "Médialogues". Autre servitude sournoise : l'abonnement à un podcast. Le truc idéal pour s'isoler dans sa bulle à heure fixe. Pour entrer dans le troupeau des esclaves de leurs prothèses auditives.

Les deux conversations les plus humaines que j'ai entendues dans le train depuis un an obéissaient au même schéma : un retraité assis par hasard à côté d'une étudiante ouvrait la conversation et devisait de tout et de rien. Elle se laissait aller à la confidence. Lui se sentait encouragé et valorisé. Il rivalisait d'imagination pour poursuivre la conversation. Ils en sortaient ragaillardis par la possibilité d'un échange et tout le wagon en était attendri. Du moins ceux qui n'avaient pas de plugs dans les oreilles.

Et cela ne va pas s'arranger avec les netbooks, promus compagnons de voyage parfaits, avec leur connexion internet permanente! Dans "Sciences et avenir", l'écrivain Olivier Dyens confirme mon intuition :

"Le tout-numérique a changé la donne au sein de nos sociétés : le rythme qu'il impose dépasse le rythme naturel de l'homme. Nous ne parvenons plus à digérer l'information au fur et à mesure qu'elle nous parvient... L'exemple le plus flagrant de cette accélération est le rapport que nous entretenons avec le courrier électronique : plus nous en échangeons, plus les messages deviennent courts et plus nous exigeons une réponse rapide. Sans compter qu'il nous est impossible d'arrêter le flux numérique : depuis que le wi-fi s'est généralisé, l'internet ne peut être débranché et, même lorsqu'il n'est pas consulté, l'information se propage indépendamment de notre volonté, et de manière incessante.Ce flot invasif d'informations est très différent de celui que véhicule l'écrit. (...) L'écrit agit comme une force centripète : nous plongeons dedans et nous nous isolons le temps de la lecture. Tandis que l'hyperlien, qui constitue la base du web, est par principe la promesse qu'à un autre endroit, une autre information plus alléchante nous attend. En quelque sorte, c'est la séduction de l'ailleurs. Ce clin d'oeil permanent pour aller voir ailleurs agit comme une force centrifuge. Elle nous propulse sans cesse vers d'autres sujets, ce qui ne nous permet pas d'assimiler l'information. (...)"

Olivier Dyens a écrit "La Société inhumaine. Essai sur l'effroi technologique" (Flammarion, 2008).

Christian Georges


Bethléem ou Bern Brünnen ?

L'affiche est placardée dans la capitale et loin à la ronde. C'est l'hiver. L'étoile des mages s'est levée dans la nuit. Elle s'est arrêtée au-dessus du centre commercial nouveau-né. Venez et vous adorerez ! "Cette année, Noël aura lieu à Westside". Tout est dit. Ces gens crèchent ici.