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Mediablog

Barack Obama m'écrit

J'ai dû me pincer en ouvrant ma boîte électronique cet après-midi. Barack Obama figurait parmi les expéditeurs de messages! Bon, je l'avoue, cette missive n'était ni très personnelle ni très sympathique.Allez, je vous la traduis...

Ami (C'est ainsi qu'il commence... Pas "Cher Ami", mais c'est déjà mieux que "Buddy")

Il me semble que les différences entre John McCain et moi étaient plutôt claires l'autre soir. (Le soir du débat, donc, mais l'affirmation sonne déjà comme la bravade du jeune coq de bal du samedi soir

Je vais me battre pour la classe moyenne chaque jour. Et encore une fois, le sénateur McCain n'a pas mentionné une seule fois la classe moyenne pendant le débat. (Là, je m'interroge, comment fait-il, Barack, pour savoir que j'appartiens à la classe moyenne et pas au Lumpenproletariat qui profite de l'Internet gratuit pour aller surfer sur son site et laisser imprudemment mon adresse e-mail pendant mes heures creuses ?). 

Si vous partagez l'idée qu'il faut réduire les impôts de 95% des familles qui travaillent, réduire les coûts de l'assurance maladie et terminer la guerre en Irak de manière responsable, alors j'ai besoin de votre aide maintenant. (Là, je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je me sens comme une vierge devant un prétendant assez pressé de conclure...) 

Et si vous avez entendu John McCain proposer encore et toujours les mêmes propositions politiques discréditées, y compris des réductions fiscales pour les riches et les multinationales, sans parler de continuer à dépenser 10 milliards par mois en Irak, alors il est temps d'agir.

Dans quatre semaines jour pour jour, nous saurons qui sera le nouveau président.


Le temps de faire la différence s'écoule inexorablement - fais je t'en prie un don d'au moins 5 dollars MAINTENANT -- please make a donation of $5 or more right now.

https://donate.barackobama.com/townhall

Merci

Barack

(Ah, cette manière de donner des ordres... C'est ce qui doit s'appeler le leadership inné...Ce doit être aussi ce que les médias appellent "la maîtrise des nouvelles technologies". Quant à savoir si cette forme de communication fonctionne, c'est une autre affaire. Il me souvient aussi que Barack écrivait fréquemment l'été dernier à une petite vieille de mes connaissances du Massachussetts, 90 balais, avec des appels tout aussi pressants à verser une contribution. Trois ou quatre courriers en deux mois au moins. Quand on courtise et qu'on veut conquérir, on ne s'arrête pas au nombre des printemps.)


Le patron de Skyrock aime les jeunes. Littéralement.

Sur le site du Nouvel observateur, une dépêche édifiante à propos du PDG de la station connue pour diffuser des émissions très prisées des jeunes et héberger leurs blogs.

Un débat formidablement parodié

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http://www.nbc.com/

 
Vous avez manqué le débat des candidats à la vice-présidence des Etats-Unis ? Ou vous êtes restés sur votre faim ? L'émission satirique Saturday Night Live a reconstitué ce débat avec un soin époustouflant des détails (jusque dans le décor et la lumière qui baigne la modératrice). Avec une Sarah Palin plus vraie que nature (la comédienne Tina Fey) : les anglophones se régaleront notamment de sa définition du mariage.

Une fumisterie

Le Festival du film de Zurich a récompensé "Tulpan" du réalisateur kazakh russophone Sergeï Dvortsevoy. Tant mieux, car il s'agit d'un très bon film. Problème : "Tulpan" n'a rien d'une découverte. Nous l'avons vu en mai à Cannes, où il a déjà remporté le Prix "Un Certain Regard" et le Prix de l'Education nationale. C'est même avant Cannes qu'il a été acheté par un distributeur suisse (Filmcoopi) qui le montrera dans les salles helvétiques. Surveillez le site www.e-media.ch au moment de la sortie : nous aurons une interview du réalisateur à vous proposer. Un entretien cannois, précisons-le. Question : à quoi sert le festival de Zurich, à part alimenter les fantasmes bling-bling des obsédés de tapis rouge ? Cette manifestation, il faut le souligner, n'a pas su trouver sa spécificité. Elle ne défend ni une ligne artistique cohérente, ni une certaine idée du cinéma. Nous ne doutons pas qu'il y ait à Zurich des cinéphiles passionnés. Mais la ligne marketing remplace pour l'instant la ligne artistique. Remettre un hochet doré à Sylvester Stallone (photo) peut à la rigueur attirer les médias comme des mouches (ça n'a pas manqué : deux interventions dans le 19:30 de la TSR). Mais les médias qui répètent sottement que Zurich fait concurrence à Locarno feraient bien de réfléchir aux conséquences désastreuses d'une affirmation aussi farfelue.

 


La "visibilité" des Noirs

"Jamais les Noirs n'ont eu autant de visibilité", déclare L'Hebdo en ouverture du dossier qu'il consacre à la présence africaine en Suisse (no 39, semaine du 25 septembre).

 

De fait, c'est la formulation du titre de couverture qui interpelle.

 

Renversons les choses : prenons un expatrié qui découvrirait la "Une" d'un magazine africain titrant : "Etre blanc au Nigeria en 2008". Il aurait de quoi se sentir mal à l'aise et de trouver cette formulation hautement étrange.

La couleur de la peau n'est pas le déterminant principal de l'identité. On n'est pas d'abord noir et en ensuite seulement docteur en sciences économiques, mère de famille, sympathisant socialiste, boute-en-train, sportif hyperactif ou président de centre islamique.

Si les Noirs de Suisse éprouvent du mal à trouver leur juste place dans ce pays, malgré leurs efforts, c'est qu'ils sont d'abord ressentis comme "noirs" et pas suffisamment reconnus du fait de leurs compétences, qualités et diplômes (au même moment, les Etats-Unis s'interrogent non pas sur la négritude de Barack Obama, mais sur sa compétence de leader). "L'Hebdo" évoque très pertinemment ce manque de reconnaissance dans son dossier, mais contribue involontairement à renforcer ce déterminant fatal, cette "couleur qui ferait barrage" à l'acceptation ou à l'intégration.