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Mediablog

L'Espagne donne raison à Maradona

"Mon favori pour l'Euro ? C'est l'Espagne!" avait répondu Diego Armando Maradona en mai au Festival de Cannes. L'air un peu las et fatigué, le footballeur apparaissait en conférence de presse, aux côtés de celui qui venait de lui consacrer un documentaire, le réalisateur Emir Kusturica. Pour ceux qui voient le personnage comme un has been lessivé par la drogue, le pronostic vaut contradiction cinglante. Pour les disciples de l'église maradonienne en Argentine, c'est une preuve de plus que leur dieu a une vision prophétique et accomplit des prodiges.

 


Euro 2008 : les images décryptées.

Le journaliste et critique de cinéma Freddy Landry s'est livré à un décryptage détaillé des images télévisées de l'Eurofoot. Des images rappelons-le fournies par l'UEFA et pas produites par la SSR. C'est à lire ici 

 


Dancing in the dark

Cyd Charisse n'est plus de ce monde. L'a-t-elle jamais été ? Il faut la revoir dans cette séquence fabuleuse de "Tous en scène!" de Vicente Minnelli. Portée par la même grâce que son partenaire Fred Astaire. Blanc angélique. Jupe d'un soyeux surnaturel. Trois minutes de perfection en seulement trois plans, jusqu'à la coupe, légère comme la fesse des danseurs qui se pose sur la banquette de la calèche.

http://www.youtube.com/watch?v=duLFwcsc6Nc


Temps Présent: "Securitas: un privé qui vous surveille"

Lecteur du Mediablog, l'analyste Stéphane Koch nous livre sa réaction au magazine "Temps présent", diffusé par la Télévision suisse romande le jeudi 12 juin. Nous la publions in extenso, en précisant qu'elle n'engage que lui.

"Un reportage intéressant mais néanmoins incomplet ou un peu "subjectif" étant donné qu'il n'a pas été fait mention du rapport du Service d'analyse et de prévention (SAP) sur les risques liés à l'activisme, ni que par exemple l'ONG PETA a - au minimum - utilisé par deux fois l'infiltration (contre la société fille de P&G, IAMS et le contre fournisseur de Poulets de KFC). On peut aussi relever que la mise en perspective avec d'autres entreprises du domaine, telles que Kroll ou GEOS (qui sont présentes en Suisse) n'a pas été faite...

Il aurait été intéressant aussi aborder la problématique liée à la crédibilité des ONG (ce qui pose aujourd'hui un vrai problème pour leur intervention sur le terrain), et dans certains cas, à leur instrumentalisation (à leur insu généralement)...

Revenons à un des aspects centraux de cette affaire : La collecte de l’information. Chacun des acteurs présent dans ce reportage - l’entreprise, la société d’investigation, l’ONG, le journaliste - aura le même besoin « d’en découvrir plus sur l’autre ». La loi délimitant ce qui est juridiquement possible, tandis que la moralité, elle, défini ce qui est acceptable ; et tous sont enclin à franchir à un moment ou à un autre ces frontières au périmètre incertain.  L’acceptation de telles démarches ne répond pas à des critères simples et logiques, elle est soumise au filtre subjectif de la justification de l’action. 

L’entreprise veut se protéger et anticiper les risques inhérents au contexte du moment. La justification de son action se trouve dans ces images de casseurs qui se revendiquent de la cause alter mondialiste, mais dont personne (les ONG) ne veut assumer la filiation… Pour la société d’investigation, la justification de l’action se fait en fonction de sa propre nécessité économique et s’adapte aux motivations du « client » en fonction du risque juridique acceptable. La typologie de ce type de démarche étant basée sur une segmentation du risque par l’externalisation de celui-ci en fonction du danger lié aux actions entreprises (l’entreprise mandate un prestataire externe - société d’investigation - dont « elle ne connaît pas » spécifiquement les démarches, qui à son tour engage un prestataire externe dont elle ne connaît pas spécifiquement les démarches). De cette manière chacun peut se réfugier derrière une respectabilité et une déontologie de façade… L’ONG, quant à elle se drape dans les revendications d’un monde meilleur et du droit pour tout un chacun d’être informé sur le comportement de ces entreprises qui nous consomment pour la justification de son action.

Les justifications des principaux acteurs sont par la force des choses, un peu biaisées.

Dans la réalité les entreprises ont généralement un manque flagrant de transparence, elles ont tendance à confondre leurs actionnaires avec leurs clients, et prendre leurs clients pour des consommateurs – au sens péjoratif du terme. Par exemple, au mois d mai 2008, de l'huile de tournesol en provenance d'Ukraine contenait de l'huile minérale. Le groupe Saipol, numéro un français de la transformation des oléagineux et propriétaire de Lesieur n'a pas fait preuve de transparence sur le cas, ni retiré ses huiles des rayons des grandes surfaces… 

De même que certaines entreprises du secteur privé vont aller jusqu'à financer une ONG, ou une cause, pour ralentir ou obtenir un avantage concurrentiel sur un de leurs concurrents (c'est le cas dans le domaine de la chimie, dans celui du bois, par rapport aux règles auxquelles sont soumises les entreprises européennes vis-à-vis des entreprises américaines)... Ou encore certaines entreprises peu scrupuleuses vont être active - de manière masquée - au travers de pseudo associations de consommateurs, ou de défense d'une cause ou d'une autre... Pour exemple, la ribambelle de groupes, d'association, et d'ONG créées par des lobbys du secteur privé ("consumerfreedom.com, activistcash.com, cspiscam.com, animal-scam.com, fishscam.com, obesitymyths.com, physiciansscam.com, petalkillsanimals.com" - sources : www.sourcewatch.org)...

Dans ce contexte il est indispensable que les ONG traitent leurs dossiers de manière plus professionnelle si elles veulent être perçues comme des interlocutrices crédibles.La réalité de la situation est différente, nombre d’ONG communiquent de manière arbitraire sur les problèmes qu’elles veulent traiter, que cela soit par omission ou par négligence. Il est essentiel de prendre en compte la notion de concurrence si l’on veut traiter les questions liées à un marché.

Par exemple, ATTAC traite de la problématique de l’eau en bouteille et incrimine fortement Nestlé. Mais si l’on fait une recherche dans Google Suisse sur ce domaine d’activité (requête : marché mondial de l'eau en bouteille) deux liens avec des pages d’ATTAC Vaud – traitant du sujet - apparaissent dans les cinq premiers résultats. On pourrait dès lors s’attendre à avoir une vision exhaustive de la situation, mais l’on ne peut que constater que celle-ci est partiale : sur chacune de ces pages Nestlé est cité entre 10 et 15 fois, alors que, Danone, son concurrent direct, et numéro 2 du marché de l’eau en bouteille, n’apparaît que deux fois et de manière marginale…On ne peut pas objectivement remettre en cause le bien-fondé du travail des ONG ; tout comme l'on peut souligner que des organisations telles que Greenpeace ou le WWF ne cautionnent pas les démarches de PETA, ni celles de l'ALF ; mais il est évident que la plupart des ONG ne connaissent pas vraiment les personnes qui leur sont affiliées et encore moins leurs motivations profondes.

Les éléments mentionnés dans le texte ci-dessus démontrent que problème est bien plus complexe que ne l’a montré le reportage de Temps Présent. Bien que ma perception puisse aussi être sujette au filtre de la subjectivité, il me semble que le propos de l’émission mettait au même niveau « la notion de scoop » (bien faire comprendre au téléspectateur que cela avait été un travail difficile et long) que le sujet du « scoop ». De plus, certains présupposés ou utilisation du conditionnel avaient des relents de sensationnalisme. Le fait de créer un lien entre la démarche de Nestlé et le fait que beaucoup de syndicalistes meurent en Colombie est discutable. Des études en psychologie, ont démontré que de telles formulations créaient un biais médiatique, et qu’au niveau du récepteur (téléspectateur) le conditionnel se transformait en fait avéré.

J’aurais préféré que ce sujet soit abordé de manière plus substantielle – moins de polémique, plus d’information – tout comme j’aurais aimé avoir eu plus d’information sur le traitement et la validation de la source, ainsi que sur les informations auxquelles la personne infiltrée a réellement eu accès et non à ce qu’elle aurait pu faire « si »… J’aurais aussi aimé que l’on nous parle un peu plus de ce livre écrit par le collectif d’ATTAC Vaud ; savoir quelle était la nature de la contribution de l’agente de Sécuritas ? Si des pressions avaient été exercées lors de sa parution.. ? Mais il est vrai qu’il est plus facile de laisser l’imaginaire du téléspectateur remplir ces vides…

À la décharge de Temps Présent, je dirais que mes vœux ne sont pas forcément représentatifs des attentes de la plupart des téléspectateurs. Ceux-ci préfèrent sûrement un reportage sexy et spectaculaire plutôt que d’avoir à réfléchir sur la complexité d’une situation. Et sur ce point le reportage de Temps Présent a rempli son rôle, tout comme il a aussi permis à ATTAC de s’exprimer et d’agir par rapport à une situation dont l’ONG n’était pas au courant. …Elle a aussi permis à certains politiciens de mieux être en phase avec les réalités du tissu économique de notre société …"

Stéphane Koch


"Marseillaise" : carton rouge pour la plaignante

Le procureur du canton de Neuchâtel a expédié en moins d'une heure la plainte de l'enseignante qui jugeait certains hymnes nationaux chantés pendant l'Euro comme des incitations à la violence (voir notre précédent post à ce sujet).

L'Express / L'Impartial du 17 juin nous précisent que le procureur estime que la plaignante méconnait le droit et se trompe de contexte. S'agissant de "La Marseillaise", ce texte écrit en 1789 invite les soldats à défendre la patrie en temps de guerre. "Ce n'est pas un appel au crime, il n'y a pas d'infraction lorsqu'un soldat défend son pays par les armes". Pour le reste, dit Pierre Cornu, "je ne vais pas m'amuser à chercher les paroles des autres hymnes nationaux et les traduire. J'estime que les 16 pays qui participent à l'Euro sont tous des pays civilisés qui ne diffusent pas des chants relevant du droit pénal."

La conclusion, nous la laisserons à l'écrivain Michel Tournier, qui déclarait un jour à propos de la "Marseillaise" : "Notre hymne national comporte des paroles abruties, mais c'est comme les meubles d'un patrimoine de famille : ils prennent de la valeur avec le temps".


Smog électromagnétique ???

Des vidéos démentes sur Internet PARAISSENT attester mieux que toute étude scientifique de la nocivité des ondes des téléphones portables. Sceptiques ? Allez voir ceci:

http://www.youtube.com/watch?v=AcLS2WJERQ0

On s'y laisse prendre, comme beaucoup d'autres. Puis, la blogosphère nous apprend qu'il s'agit d'une habile campagne de marketing viral par une entreprise qui vend des oreillettes. La preuve ICI ou encore ICI.

Pour se remettre, un lecteur nous signale que "Le Monde de l'intelligence" consacre son numéro actuel à la "pollution du cerveau" : voir

http://www.monde-intelligence.com/boutique/produit/affichage_produit.php?id_produit=9


Le CIO police les blogs

Le Comité international olympique flippe à l'idée que les athlètes présents à Pékin cet été s'expriment "trop librement" sur Internet. C'est le magazine "Télérama" qui nous l'apprend cette semaine. Le CIO a rédigé une circulaire expliquant aux sportifs de tous les pays que leurs blogs devront (sous peine de sanctions) rester "une forme légitime d'expression individuelle et non pas une forme de journalisme".

La dernière phrase est fascinante et ouvre une série de questions vertigineuses...

Où finit l'expression individuelle et où commence le journalisme ?

Où commence le journalisme citoyen ?

Calquant ses directives sur celles des régimes les plus répressifs, le CIO autorise les athlètes à commenter leurs états d'âme et leurs performances, pas la réalité environnante. La simple description du village olympique est-elle passible de sanctions ? Ce serait déjà du journalisme!...

PARADOXE : plus les moyens de communiquer se sophistiquent et tendent à l'instantanéité, plus se font pressants les appels à l'autocensure!


Taclée, la "Marseillaise"!

Parmi les quinze (!) articles qu'il est interdit d'introduire dans les stades de l'Euro 2008 figure la "propagande raciste". Le slogan "No to racism" s'affiche clairement derrière les buts, à côté des marques de sponsors. Dans ce contexte très moral, une enseignante neuchâteloise a choisi d'attaquer en justice les hymnes nationaux belliqueux.

C'est "L'Impartial" de ce mercredi qui s'en fait l'écho. Mireille Grosjean a saisi la justice à propos de certains des hymnes nationaux chantés dans les stades de Suisse à l'occasion de l'Euro 2008. Elle estime que certains contreviennent à l'article 259 du Code pénal, car ils constituent une incitation à la violence. "Nous traînons des hymnes qui prônent une philosophie barbare d'un autre temps", explique cette enseignante, pacifiste et espérantiste convaincue. L'article ne précise pas si sa plainte invoque aussi l'incitation à la haine raciale. Ce qui est sûr, c'est que l'hymne turc et "La Marseillaise" sont dans son collimateur. Notamment le refrain "Qu'un sang impur abreuve nos sillons".

Mireille Grosjean dit avoir vainement cherché à faire figurer sur Wikipédia un texte alternatif et écologique : "Qu'un air plus pur abreuve nos poumons".

Certains soupireront d'agacement devant une nouvelle offensive du politiquement correct. D'autres s'amuseront de voir l'UEFA prise en flagrant délit de schizophrénie, entre sa volonté de canaliser la violence et l'animosité des supporters et des hymnes objectivement en infraction avec la nouvelle philosophie affichée.


Esthètes...

 

 Yves Saint Laurent, Marakkech      Supporters hollandais, Berne


La Belgique montre l'exemple

"Le parlement de la Communauté française de Belgique a approuvé mardi, à l'unanimité moins les abstentions du MR, le projet de décret créant un Conseil supérieur de l'éducation aux médias (CSEM).

Cet organe, qui remplacera le Conseil d'éducation aux médias de 1995, est appelé entre autres à faciliter pour tous les publics le décodage des informations de presse, l'utilisation des nouveaux médias tels qu'internet, le décryptage de la pub, etc... Le projet de la ministre Fadila Laanan reconnaît, pérennise et renforce les initiatives et structures existant actuellement dans ce secteur, actuellement limitées aux publics scolaires."

Source : Le Vif, L'Express (Belgique)