Lundi 10 mars, l'Ecole de commerce des Bougeries (GE) vivait à l'heure d'une journée spéciale consacrée au respect. Plusieurs ateliers déclinaient le thème avec des élèves de 16 à 20 ans. Deux d'entre eux l'abordaient sous l'angle du journalisme.
De l'aveu même des profs, il y a des comportements "bizarres" parmi les élèves de l'Ecole de commerce. Un manque de respect parfois manifeste. Le visiteur extérieur, lui, observe d'emblée que certains prennent les murs pour des paillassons... Mais pas question de s'arrêter à des détails pareils. Le groupe attend sagement l'animateur. Enfin...une partie du groupe. Sur les 15 élèves annoncés, 8 sont présents. A l'échelon du collège, près de 25% manquent à l'appel pour cette journée spéciale. On passe en revue les différentes dimensions du respect importantes aux yeux des élèves. Puis on aborde des cas pratiques, à partir d'articles tirés de "20 Minutes" et de "L'Hebdo" : respect de la vie privée, respect des personnes, respect de la vérité, respect de soi-même, respect de la déontologie journalistique, respect de l'intégrité sexuelle. Il y a déjà de quoi nourrir de bons débats avant midi! Après, la pause, les élèves visionnent le reportage du magazine de France 2 "Envoyé spécial". "Biture express". Puis les élèves sont invités à en rédiger la critique en moins d'une heure, comme s'ils écrivaient dans un magazine télé. Voici le texte proposé par Grégoire Leclerc, de la 2M04.
"Ce reportage nous montre clairement les problèmes que l'alcool produit sur la jeunesse actuelle grâce à des témoignages frappants, des séquences vidéo prises sur le terrain et des interviews de différentes personnes concernées par le problème. Ce reportage est d'autant plus intéressant que l'on a en même temps le point de vue de chacun des protagonistes : les secouristes nous disent comment se passent les soirées alcoolisées, plusieurs jeunes nous expliquent comment organiser ces "beuveries" et le problème passe aussi par des médecins qui nous expliquent quelles sont les solutions possibles.
"Un diabétique reste un diabétique et un alcoolique reste un alcoolique", nous dit Rémi. Ce garçon (23 ans) nous explique dans quels états il finissait ses soirées, avant de prendre sur lui et de ne plus boire une seule goutte d'alcool. "Sur cette photo, j'étais dans la cuisine (...) je comatais. Et là, j'ai failli avaler mon poisson rouge. Il a fini par mourir noyé dans la téquila", témoigne Rémi. Ce jeune suit maintenant des réunions de personnes alcooliques. Ensemble, ils essayent tant bien que mal de se sortir de cette maladie.
"Pour être bien, il faut avoir au moins 0,5 grammes pour mille d'alcool dans le sang avant d'aller s'éclater en boîte". Ces paroles nous viennent d'un autre jeune qui habite à Rouen, Clément. Ce dernier nous explique également comment se passent les lendemains matins, les "gueules de bois" : "On reprend nos esprits avec Paul. Et les filles nous rappellent. Et le plus dur, c'est de leur dire qu'on n'était pas dans notre état normal". Les organisateurs n'hésitent pas à sortir le grand jeu pour que tous les jeunes passent une bonne soirée. Pour prévoir une soirée de 600 personnes dans une école de commerce, 100 bouteilles de vodka, 100 bouteilles de whisky, 8 fûts de bière et plusieurs alcools différents sont les consommations prévues. Cela représente un tiers d'alcool fort par personne. "Et le jus d'orange, c'est pour mélanger avec la vodka!" Si par le passé les jeunes ne buvaient que très peu, et si de nos jours ces derniers sont obnubilés par les soirées arrosées, que seront les jeunes des prochaines années ?"
Christian Georges, animateur de l'atelier "journalisme II"