"Promets-moi" en salles
Emir Kusturica a choisi le registre de la farce bouffonne pour exprimer sa vision de la Serbie actuelle : un pays livré à la vulgarité des mafias de la prostitution et de l’immobilier (un caïd a l’ambition de reconstruire les Twin Towers), un pays orphelin de ses pères, qui déteste et envie l’Amérique, tout en se laissant porter par une formidable pulsion de vie. L’auteur du « Temps des Gitans » et de « La Vie est un miracle » remixe tous ses anciens films, convoquant cuivres et dindons, pétoires et objets volants, mariages et amoureux innocents. A la face ensoleillée d’une campagne idéalisée, aussi généreuse que la maîtresse d’école est plantureuse, le film oppose la ville corruptrice, repaire des tarés de tout poil, prêts à se vendre au plus offrant. Le recours fréquent à des farces et attrapes et la saturation de la bande-son rendent le plus souvent cet exercice pénible, même si l’exubérance du cinéaste fait mouche en quelques occasions. Kusturica donne l’impression d’être un artificier qui n’a plus en stock que quelques chandelles romaines et des caisses de pétards pas tous très secs.
Christian Georges
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30 Janvier 2008 à 16:20 dans
- Général


