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Mediablog

Semaine des médias (2) : attention, ils filment !

"Là y a trop d'air. Ca c'est performant !" En commentant les images tournées sur huit téléphone portables, Gabriel Basso ne savait plus tellement où donner de la tête, mercredi à l'EPCL. Treize élèves participaient à un cours de formation pratique : ils réaliseront avec leurs camarades de classe des reportages que la RSR diffusera sur son site à l'enseigne de Generation 08. Une expérience-pilote lancée dans le cadre de la Semaine des médias à l'école. 

Pourquoi les jeunes ont-ils choisi de relever le défi de ces reportages tournés par téléphone portable ? "Pour voir autre chose que les cours habituels!" "Pour apprendre à bien filmer" "Pour apprendre à entrer en contact avec des gens". Tous les élèves ne sont pas technophiles : plusieurs n'emploient pas les fonctions "photo/vidéo" de leur téléphone habituel.

Pour l'occasion, on leur a mis dans le mains le top du marché actuel : le Nokia N95 (huit appareils gracieusement prêtés par Swisscom et la RSR). Les professionnels de la société Anyscreen ont ensuite fixé les objectifs et les exigences : 7 à 8 reportages attendus pour fin février. Ils ont surtout prodigué une foule de conseils et encadré des exercices pratiques sur le vif : savoir se présenter, introduire un sujet, contacter un interlocuteur, mener une interview, conclure. Les classes livreront 4 minutes d'images qui seront ramenées à 2 minutes au montage.

Conclusion des élèves après cette journée de formation intense (9h-18h!) : "Cela demande beaucoup de concentration", "Il faut savoir jouer comme un acteur, tout en restant naturel", "C'est plus compliqué que ce que l'on croit", "Ca demande de la précision". Pleins de fantaisie et de saine audace, les exercices en situation laissent présager de bons résultats. L'enseignante Michèle Péringer se charge d'entretenir la motivation des troupes avec un allant exemplaire.


"Promets-moi" en salles

 

Emir Kusturica a choisi le registre de la farce bouffonne pour exprimer sa vision de la Serbie actuelle : un pays livré à la vulgarité des mafias de la prostitution et de l’immobilier (un caïd a l’ambition de reconstruire les Twin Towers), un pays orphelin de ses pères, qui déteste et envie l’Amérique, tout en se laissant porter par une formidable pulsion de vie. L’auteur du « Temps des Gitans » et de « La Vie est un miracle » remixe tous ses anciens films, convoquant cuivres et dindons, pétoires et objets volants, mariages et amoureux innocents. A la face ensoleillée d’une campagne idéalisée, aussi généreuse que la maîtresse d’école est plantureuse, le film oppose la ville corruptrice, repaire des tarés de tout poil, prêts à se vendre au plus offrant. Le recours fréquent à des farces et attrapes et la saturation de la bande-son rendent le plus souvent cet exercice pénible, même si l’exubérance du cinéaste fait mouche en quelques occasions. Kusturica donne l’impression d’être un artificier qui n’a plus en stock que quelques chandelles romaines et des caisses de pétards pas tous très secs.

Christian Georges


Regretté confrère

C'est avec stupeur que nous avons appris le décès subit de Didier Estoppey (45 ans), rédacteur en chef adjoint du "Courrier". Consciencieux, passionné, ce journaliste avait contribué à faire connaître la Semaine des médias à l'école en Suisse romande par des articles clairs, convaincus et bienveillants. Quand nous avions tenu conférence de presse au Service Ecoles - Médias du DIP genevois, il n'avait pas fait faux bond comme la majorité de ses confrères du bout du lac. Il croyait à l'avenir d'une presse écrite misant sur la qualité, même auprès des jeunes générations. Cette presse-là perd aujourd'hui un artisan et un ambassadeur de poids.


Virenque, le retour

Richard Virenque revient ! L'information a paru suffisamment importante à TF1 pour lui consacrer près de 10 minutes d'antenne samedi soir. Avec une conclusion édifiante.

Richard Virenque accueille les caméras de TF1 un rien embarrassé dans sa villa du Var. Mains dans les poches, la tête dans les épaules. Le coucher de soleil sur la mer est proche, mais le commentaire se veut résolument optimiste : Richard Virenque remonte la pente. La dramaturgie du sujet veut nous faire comprendre que l'ancien champion cycliste se relève de deux gamelles. Une vraie, une cycliste, au sens littéral. Et un divorce après 17 ans de mariage.

De la première, on nous montre deux-trois clichés sur un lit d'hôpital. Richard a la face salement amochée, un peu de coton dans la narine (zoom avant sur la photo, pour faire plus impressionnant). Aujourd'hui remis, le Varois commente cette terrible chute, assez évasiment située : "C'était terrible, je ne contrôlais plus rien". A 38 ans et quelques solides kilos en plus, Richard est remonté en selle. On le voit pédaler quelques hectomètres : "Ca fait mal aux fesses!" commente Richard. Mais lui ne fera pas comme Mario Cipollini, qui a annoncé vouloir reprendre une carrière professionnelle - à 40 ans! - alors que le fisc italien vient de le condamner à s'acquitter d'importants arriérés d'impôts.

Mais pour le divorce, insistait TF1, que s'est-il réellement passé ? "Euh...par contrat, je n'ai pas le droit d'en parler", répondait Richard Virenque devant sa cheminée très design. Après quelques images de l'ex, embrassant son mari dans le jardin de la villa, place à la nouvelle. Elle s'appelle Jessica, elle a 19 ans et entend faire carrière comme mannequin de mode. Du reste, elle emmène même son Richard à des défilés. Vrai de vrai. Au terme de l'exercice, Richard en restait bouche bée : "Je n'ai jamais assisté à des défilés comme ça". On te croit Richard : la remise des maillots à pois par les filles du Crédit Lyonnais, c'est pas du Valentino! Richard et Jessica ont fait l'actu des pages "people" d'a peu près toute la presse francophone, après leur bain de mer très photographié à Saint-Barthélémy. Mais il n'est pas très content de la publication de ces photos prises à l'insu de son plein gré, Richard : "Moi ça m'a plutôt embêté..."

Dernier volet du reportage : Virenque lance sa propre marque de boisson énergétique à consommer dans les boîtes. Dans la pénombre d'une discothèque, l'ex prodige de chez Festina brandit un verre d'une couleur aussi fluo que l'incroyable Hulk. Ne manquait plus que le logo en incrustation. C'était donc ça, le grand retour de Richard! Un plan promo habilement recyclé en sujet people par TF1 dans "50min inside". Du beau travail à quelques heures des sorties du samedi soir!


Semaine des médias (1)

Après la conférence de presse du 16 janvier, les inscriptions affluent pour la 5ème édition de la Semaine des médias à l'école. Et les projets annoncés sont alléchants! Ce blog est aussi le vôtre : via les "commentaires", ous pouvez employer cet espace pour lancer un appel, faire connaître vos projets, demander des précisions. A vous de jouer !

Avec plus de 200 visites par jour (3000 pages consultées, 3 Go de documents téléchargés), le site www.e-media.ch a vu sa fréquentation monter en flèche depuis une semaine. Pas  moins de 70 d'inscriptions à la Semaine des médias ont déjà été enregistrées avant vendredi 25 à midi. Dans le détail, par cantons :

BE : 5

FR : 3

GE : 7

JU : 10

NE : 23

VD : 11

VS : 11

Le cap de la centaine devrait être franchi d'ici la fin du week-end. Combien au 22 février (date de clôture des inscriptions) ? Suspense... Chaque inscription génère un travail administratif important : soyez précis dans vos commandes de journaux ou vos demandes pratiques, ce sera très apprécié et notre collaboratrice pourra répondre plus vite à chacun !

Fait réjouissant : les inscriptions proviennent de l'ensemble de la Suisse romande, avec un quota important du canton de Vaud (sous-représenté lors des précédentes éditions). Et surtout, les enseignants annoncent des projets précis. Ils ne se contentent pas de commander des journaux ou de solliciter une visite. Ils affichent de réels projets pédagogiques autour des médias. Par exemple la réalisation d'une bande dessinée sur le thème de l'environnement. Soulagement aussi pour nous : nous avons trouvé quatre classes lausannoises prêtes à jouer le jeu de Generation 08 : la réalisation de reportages vidéo au moyen de téléphones portables.

A ce jour, nos parrains n'ont pas encore été sollicités par des collèges. Mais ça ne saurait tarder...


Jeanne Moreau, retrouvée

80 ans qu'elle est lancée dans le tourbillon de la vie (comme ci-dessous à gauche, dans "Jules et Jim" de François Truffaut. Les archives de la TSR nous proposent plusieurs clips sur Jeanne Moreau, qui fête aujourd'hui son anniversaire.

Elle y chante notamment à Montreux et c'est à voir ICI.


Presse en kiosques : bientôt une carte de fidélité ?

"Nous subissons de plein fouet l'effet des titres "bleus", a reconnu le directeur général de Naville Presse Jean-Christophe Faré devant les éditeurs de Presse Suisse. Les points de vente indépendants, spécialisés dans la vente de journaux, suscitent particulièrement l'inquiétude.

 

Les graphiques du directeur de Naville Presse sont éloquents : ces trois dernières années, les ventes au numéro de la presse écrite sont en consante érosion. Seuls les quotidiens français ont tenu le choc (présidentielles obligent) et les publications françaises atténuent la baisse des ventes des médias papier (mais la presse people y contribue sans doute beaucoup).

Pour éviter d'encombrer ses rayonnages avec des titres qui ne se vendent pas, Naville fixe un chiffre d'affaires minimum. Elle n'accepte pas non plus qu'un titre suscite plus de 70% d'invendus. Il faut dire que la concurrence est toujours aussi féroce pour une place en kiosque : Naville reçoit près de 1500 propositions de nouveautés par an! Pour gagner sa place, un titre doit faire ses preuves sur une période-test de 4 parutions.

Ce qui inquiète les professionnels de la distribution de la presse, c'est l'érosion chez les indépendants. Les petits kiosques qui ne sont pas rattachés à un grand distributeur ou une société pétrolière ont perdu 10% de parts de marché ces dix dernières années. "Notre problème, c'est qu'il nous faut conserver un réseau capillaire et qualitatif de spécialistes de la presse", dit Jean-Christophe Faré. Naville Presse promet de dégager des ressources supplémentaires pour les aider à se moderniser. On envisage la création d'un "Club Med" (Club des meilleurs dépositaires, peut-être fédérés sous une enseigne commune), le lancement de présentoirs thématiques.

Mais pour booster la vente de la presse en kiosque, il faudra aussi mieux connaître le profil des acheteurs. Et les inciter à acheter d'autres titres. La création d'une carte de fidélité électronique (format carte de crédit) est un moyen à l'étude.


La génération Google a ses limites

"Avez-vous déjà entendu parler des "digital native"  ("indigènes du monde digital") ? L’expression désigne la génération née après 1993, censée être tombée dès le berceau dans la marmite des nouvelles technologies. Une étude britannique de la British Library et du Joint Information Systems Committee vient de briser le mythe de leur maîtrise innée des nouveaux médias. Certes, ils se débrouillent mieux que leurs anciens sur Facebook, MySpace et autres réseaux sociaux ; ont tendance à faire dix mille choses à la fois... Mais ils rament dès qu’il s’agit de faire une recherche ! La génération Google accorderait en fait « plus d’importance à ses professeurs, parents et livres de classes qu’à Internet » en ce domaine. Les "experts" ne sont pas prêts de mourir."

Lu dans L'Espresso de "Télérama", mardi 22 janvier 2008.


La Poste hérisse les éditeurs

Le Parlement l'a voulu : les aides publiques à la presse baissent de 50 millions en 2008. Conséquence : les tarifs postaux prennent l'ascenseur pour tous les titres. Quelques chiffres clés pour comprendre la nouvelle donne du marché.

Les journaux l'ont en travers de la gorge : depuis le 1er janvier, ce ne sont plus 80 millions, mais 30 millions d'aides publiques qui allègent les frais de transport postaux. Dix millions pour la presse associative, 20 millions pour la presse locale et régionale. Les grands tirages (+ de 40.000 exemplaires) ne bénéficient plus de soutien.

Résultat : tous les titres essuient une hausse des tarifs postaux, de 4,4% à 20%. Et comme elle a été communiquée très tard, tous n'ont pas pu la répercuter sur leurs prix.Membre du conseil d'administration de La Poste, Dominique Freymond a fait front à la grogne contenue des éditeurs, vendredi à Lausanne, lors de l'assemblée générale de Presse Suisse.

Libéralisation :

Bien que Régie fédérale appartenant à la Confédération, La Poste doit composer avec un environnement toujours plus concurrentiel. L'Union européenne prévoit une libéralisation totale du marché postal entre 2011 et 2013. En Suisse, La Poste perdra le monopole des lettres entre 50 et 100 grammes en 2011. La libre concurrence est prévue pour 2013-2015, mais le peuple aura sans doute son mot à dire par référendum.

Avec près de 50.000 collaborateurs, La Poste consacre près des 2/3 de ses coûts au personnel. Son conseil d'administration réclame le statut de SA pour avoir plus de flexibilité.

Le transport des journaux en Suisse :

Il représente un milliard d'envois par an, pour un chiffre d'affaires global de 300 millions de francs (chiffre d'affaires total de La Poste : 8 milliards de francs). L'acheminement d'une lettre en courrier A coûte 1 franc, le transport d'un journal nettement plus épais entre 25 et 30 centimes. Cette activité est déficitaire, selon Dominique Freymond.La part du volume du courrier privé dans l'ensemble des envois de La Poste : 6-7%. La part des grandes entreprises (banques, assurances...) : 70%.

Acheminer un jour les quotidiens gratuits ? "La Poste est intéressée à ce marché-là", reconnaît Dominique Freymond. "Nous sommes même prêts à reprendre les journaux qui posent problème à certaines communes..."

Tarifs différenciés selon la distance ?

On y vient gentiment... Les éditeurs critiquent une taxe à la distance déguisée : La Poste impose aux journaux des taxes de tri très pénalisantes quand il faut envoyer dans certaines localités de petits envois (moins de 5 exemplaires).

Ceux qui diffusent massivement dans une zone très urbanisée ont moins de soucis : La Poste vient de conclure avec le "Blick" un arrangement pour la livraison quotidienne, avant 6h30, de plus de 45.000 exemplaires.


La TSR défendra la dimension francophone de TV5

"La TSR a pris acte du rapport français portant sur l’avenir de TV5Monde. Un texte ni daté, ni signé. La TSR constate que les propositions françaises de nouvelle gouvernance semblent peu compatibles avec le principe d’autonomie de la chaîne francophone et le respect des partenaires. A l’heure de la globalisation et du rôle dominant de l’anglais à travers le monde, la TSR demeure fortement attachée aux valeurs fondatrices de TV5Monde telles que le rayonnement de la langue française, l’expression de la diversité culturelle francophone et le principe de multilatéralité.  Pour la TSR l’avenir de la chaîne francophone ne peut s’exercer que dans le respect réel de tous ses partenaires. Dès lors, elle ne comprendrait pas que la gouvernance de TV5Monde soit dissoute dans une holding française, dominée par des préoccupations essentiellement franco-françaises. En pleine concertation avec l’OFCOM (Office fédéral de la communication suisse), la TSR défendra les principes d’indépendance et de multilatéralité de TV5Monde lors des discussions prochaines sur l’avenir de la chaîne. Dans l’hypothèse ou ce point de vue ne serait pas entendu, la télévision suisse remettra en question le sens même de sa participation au sein de TV5Monde. 

A travers la TSR, SRG SSR idée suisse est partenaire de TV5 depuis la création de cette dernière en 1984. La SRG SSR détient 11,11% des actions de TV5Monde et participe à son financement à hauteur de près de CHF 7,5 mio par an, financés à parité par SRG SSR et l’OFCOM. La TSR propose l’ensemble de ses productions à la chaîne francophone. En 2007 près de 5’000 heures de programme fournis par la télévision suisse ont été diffusés sur les réseaux de TV5Monde."

Communique de presse TSR du 18 janvier 2008