Cinéma en crise : l'école interpellée
"Les jeunes sont indifférents à la qualité et au mode de visionnement. Pour eux, on peut très bien regarder un film sur l'écran d'un téléphone portable. Ce qui m'échappe complètement", témoigne l'exploitant de salles fribourgeois Marc Salafa. Il regrette l'absence d'éducation en la matière : "La Lanterne magique joue très bien son rôle auprès des enfants, mais ensuite il n'y a plus rien alors que c'est le rôle de l'école d'initier les élèves aux médias, d'aiguiser leur sens critique".
Rappel important, mais entaché d'un gros oubli : les milliers d'écoliers et de collégiens qui remplissent vos salles lors des séances scolaires au Festival de Fribourg, est-ce vraiment RIEN, M. Salafa ?
L'article signale que l'OFC mène une étude sur les modes de consommation du cinéma des jeunes. Un de ses représentants signale qu'il s'agit "d'intéresser les jeunes au cinéma en utilisant les mêmes outils qu'eux". Un impératif que de nombreux enseignants ont déjà compris en recourant aux TIC pour réaliser des courts métrages avec leurs classes : voir le Festival de l'Ultracourt, le Festival vidéo et multimédia des écoles à Genève, etc.
Dans son commentaire, Stéphane Gobbo a raison d'ironiser sur les prétendus "étudiants en cinéma" qui croient quasiment que le genre a été inventé par Tarantino ou Luc Besson. Les brillantissimes programmes de la Cinémathèque à Lausanne ne rencontrent pas souvent l'audience qu'ils méritent. Mais quels profs passionnés encouragent les jeunes à les fréquenter ? Quels cercles permettent des débats sur les films ?
Dernière interrogation de "La Liberté" : "Pourquoi l'histoire du cinéma ne serait-elle pas enseignée à l'école ?" Ah! Vaste question! Qu'un film soit porteur d'une vision du monde devrait pouvoir être démontré par tout enseignant, avec une formation adéquate. Mais ces cours font souvent défaut. Les programmes de formation continue sont plus volontiers étoffés avec des cours-outils (cette chère informatique prend le pas sur l'analyse des images). Et très sincèrement, chers médias, a-t-on jamais vu un député ou un conseiller d'Etat interrogé avant les élections sur la place qu'il est prêt à attribuer au cinéma dans les programmes scolaires ? On se crispe plus volontiers sur les bases scolaires (pas acquises, tout fout l'camp!).
Il n'en demeure pas moins que la mise en place d'un nouveau plan d'études romand (en cours) est porteuse de grands espoirs : car ce plan accorde une place légitime à l'analyse des médias et des images.
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31 Décembre 2007 à 08:58 dans
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