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Mediablog

Prévention

"Renoncer à faire de l'éducation aux médias, c'est condamner les enfants à faire du feu sans allumettes, à rester penauds à côté de leur tas de bois". (...)

"Ce n'est pas lorsqu'il se passe quelque chose d'extraordinaire (comme le 11 septembre) que se justifie le mieux l'éducation aux médias. A titre de comparaison, l'éducation sexuelle n'a pas pour vocation première de prévenir le viol."

Thierry de Smedt, professeur au département de communication de l'Université de Louvain-la-Neuve (Belgique)

En Suisse romande, cette éducation ne passera plus par "Arrêt sur images" (supprimée), ni par l'émission de Paul Amar qui lui succède : "Revu et corrigé" sera en effet diffusée chaque samedi à 19h sur France 5, soit à l'heure où nos téléréseaux basculent sur Arte. Dans "Libération" du jour, Amar annonce ses intentions :  «ce sera un décryptage de l’actualité, virgule, un décryptage de l’actualité par les médias, virgule, et l’actualité des médias eux-mêmes. Ça m’intéresse de savoir comment la presse parle du voyage de Kouchner à Bagdad, mais je veux aussi savoir pourquoi Kouchner est allé à Bagdad.»


LE film de l'année

Si vous ne deviez voir qu'un seul film dans une salle de cinéma cette année, que cela soit celui-là : "4 mois, 3 semaines, 2 jours" du Roumain Cristian Mungiu (sortie mercredi 29 août dans les salles romandes et françaises). Vous redoutez de déprimer ? Erreur ! Voilà un film dans lequel des personnages manquent de toucher le fond avant de s'en sortir. Une formidable plongée dans l'âme humaine, avec des acteurs TOUS extraordinaires. Palme d'or incontestée au Festival de Cannes 2007.

Plus d'infos et pistes pédagogiques


Arrêt sur images (9) : les radios s'engouffrent dans la brèche

La disparition d' "Arrêt sur images" de la grille de France 5 donne des idées aux gens de radio : la Radio Suisse Romande lance ce lundi "Médialogues", une émission de décryptage des médias (TV, radio, presse écrite) confiée à Alain Maillard et Pascal Bernheim. A écouter chaque matin du lundi au vendredi, de 9h30 à 10h. Coïncidence certainement pas fortuite : dans la même tranche horaire, France Inter annonce dès le 3 septembre un décryptage des médias confié à Colombe Schneck (ancienne chroniqueuse de l'émission de Daniel Schneidermann).

Il va falloir écouter cela de près... Et voir comment chacun se débrouille avec un rythme quotidien...


"Ma prière"

Seulement un torrent de vidéos pitoyables  sur Internet ? Dans notre post précédent, Andrew Keen déplorait le culte de l'amateurisme narcissique. On se réjouit de lui donner tort dès aujourd'hui avec ce petit bijou, puisé sur CURRENT.TV, la chaîne participative lancée par Al Gore.

Cela s'appelle "My prayer". Cela parle de paternité imminente, d'angoisse et d'attente. La preuve qu'on peut à la fois parler de soi et faire preuve de délicatesse et de profondeur. Cette vidéo (en VO anglaise) est signée Nigel Ryan et dédiée à sa fille Marie-Jolie (ci-dessous). Il est possible de voter en ligne pour qu'elle passe à l'antenne.


Nous, les singes de la blogosphère

Le quotidien français LIBERATION publie un entretien décapant avec Andrew Keen. Ce Britannique a publié "The Cult of the Amateur. Sous-titre : Comment Internet tue notre culture. Pour lui, Internet est devenu un marigot où baignent un maximum d’inepties, un tombeau de la culture de qualité, fossoyée par la gratuité. Il n’hésite pas à écrire que des millions de singes derrière leur clavier alimentent une jungle de médiocrité. Le journalisme citoyen, qui désigne la possibilité de tout un chacun de devenir cyberreporter, participe selon lui de cette idéologie de l’amateurisme.

Extrait des propos d'Andrew Keen :

Quand je regarde le Web, j’y vois principalement un chaos culturel et éthique. J’observe le vol rampant de la propriété intellectuelle, le plagiat, la pornographie extrême, le spam incessant et l’inanité intellectuelle. Les sociétés du Web 2.0, les Youtube, Google ou autre Facebook, n’utilisent le contenu généré par les internautes que pour augmenter leurs bénéfices. Tout le monde s’exprime certes, mais «narcissiquement», et la culture est de qualité de plus en plus médiocre. L’éthique de l’amateur est si dominante que l’expertise, le talent et le savoir perdent du terrain. Des analyses politiques superficielles, des vidéos pitoyables, des romans illisibles. Aujourd’hui, Internet ressemble à l’état de nature, plus proche de Hobbes que de Rousseau, où le comportement humain s’épanouit sans ­règles sociales ni lois. L’anarchie. Il suffit d’aller surfer sur la blogosphère ou de lire ce qui se dit sur les forums. Le Web 2.0 est en train de tuer notre culture, prendre d’assaut notre économie et détruire nos codes de conduite. Tout ça à cause de ­cette foi utopique dans l’information technologique.

Conclusion

Nous avons besoin de culture de qualité, de hiérarchie. (...) Il existe une véritable incompréhension de ce qu’est un journaliste (...) cela ne s’improvise pas, c’est un job qui ­demande du temps, des compétences et de l’énergie. Le propriétaire d’un ordinateur ne se transforme pas en un journaliste crédible, comme un livre de recettes ne fait pas pour autant le bon ­cuisinier.


Wikipédia dévalorisé ?

Les médias font mine de s'émouvoir que des lobbyistes et des vandales corrigent sournoisement l'encyclopédie en ligne WIKIPEDIA. Dans la mesure où cette somme est ouverte à toutes les contributions, on ne s'en étonnera pas. L'Histoire elle-même n'est elle pas écrite depuis toujours par les vainqueurs et les érudits, à coup d'omissions plus ou moins flagrantes? Mais il est intéressant de lire ce qu'en pense celui qui a traqué les auteurs de modifications douteuses, l'inventeur du Wikiscanner.

Dans la section dédiée aux journalistes, celui-ci souligne trois abus fréquents :

  1. Le retrait pur et simple de paragraphes entiers d'informations critiques (commun pour les hommes politiques et les entreprises)
  2. L'édulcorage - Soit le remplacement d'adjectifs négatifs ou neutres par des adjectifs positifs qui respectent la signification globale de la phrase (fréquent chez les politiques)
  3. Ajout d'informations négatives sur les pages des concurrents. (commun parmi les entreprises)

Le pisteur estime que WIKIPEDIA conserve essentiellement sa valeur pour les sujets qui ne prêtent pas à controverse. Mais quelle notice biographique peut rester totalement neutre ? Il n'y a pas à empêcher que des personnes proches des sujets traités contribuent à WIKIPEDIA (même si elles défendent des intérêts bien précis). Mais comme auparavant, la nécessité de recouper les informations de Wikipédia avec d'autres sources apparaît incontournable.

Ah...vous voulez savoir quelles modifications ont été repérées par le logiciel Wikiscanner ? Les anglophones patients le découvriront sur http://wikiscanner.virgil.gr/

On pourra aussi consulter l'article du Monde.


Shit happens

On annonce un nouveau journal gratuit en Suisse alémanique. Pas de quoi s'enthousiasmer à voir les formules actuelles. Seul Cash daily se démarque par sa vocation économique. Ailleurs, la confusion des genres progresse. Dernier exemple en date à la lecture de Heute : une flèche noire désigne la dernière brève d'une colonne. "Shit happens", proclame un libellé en rouge. C'est l'histoire d'une mésaventure arrivée à un quidam. En petit, tout en bas de la flèche, on lit que cette rubrique est sponsorisée par une compagnie d'assurances. A quand un journal dont chacun des articles aura été choisi en fonction du parrainage des annonceurs ?


L'une chante, l'autre pas

La pause estivale allège les gazettes et suscite des sujets consternants dans certains médias : au journal de France 2, mardi soir, on demande en ouverture si les touristes en Bretagne sont tristes sous la pluie, ou si ceux qui profitent de la plage à Biarritz sont heureux au soleil. Quelques instants plus tard, pour illustrer un sujet sur les agressions au couteau en Grande-Bretagne, on en montre une (filmée par une caméra de surveillance). Une petite agression bien crade : le type serine par deux fois un gars genoux à terre, incapable de se défendre. Intérêt public de diffuser de telles images ? Nul. Juste de quoi réveiller ceux qui ont abusé de la plage ou du pastis.

Et puis, passées les infos, une embellie inattendue : Arte diffuse un film d'Agnès Varda de 1976. "L'une chante, l'autre pas". Deux destins en parallèle, deux histoires de femmes liées par l'amitié et une correspondance suivie sur plusieurs années (c'était avant Internet et le téléphone portable). Suzanne fait deux enfants avec un photographe qui se suicide. Elle subit l'opprobre d'être une "fille mère", se forme, retrouve du travail, s'engage pour le planning familial, se marie avec un médecin qui divorce pour elle. En face, Pomme quitte l'éteignoir de sa famille pour vivre une vie d'artiste bohème. Fait un enfant à un Iranien après avoir avorté à Amsterdam. Refait un enfant et chante le bonheur de l'émancipation dans des villages de la France profonde.

On mesure le chemin parcouru, on se remet dans le climat d'une époque, marquée par les revendications féministes, la lutte pour l'avortement (les plus fortunées savent qu'on peut le pratiquer en Suisse)... Le regard d'Agnès Varda sur toutes ces femmes est formidable d'empathie. On vit avec elles leurs galères, leurs solitudes, leurs angoisses de mère.


Festival de Locarno (6) : ils ont osé

Il a de l'allure, ce palmarès de Locarno  2007! Les trois films les plus radicaux de la sélection se retrouvent distingués. Par ce choix, le jury conforte le profil du festival : une manifestation d'abord dédiée à la découverte et aux expérimentations formelles les plus audacieuses. Quitte à détraquer l'horloge biologique du spectateur.

Ce que nous retiendrons des films primés :

"Pressentiment d'amour" (AY NO YOKAN), de Masahiro Kobayashi (JAPON), Léopard d'or

Après "La Forêt de Mogari" (le film de Naomi Kawase, Grand prix à Cannes), le cinéma japonais se retrouve une nouvelle fois à l'honneur en 2007. Le rapprochement des deux films est éloquent. Voilà un pays, le Japon, connu mondialement pour être saisi par le vertige des nouvelles technologies, la dissolution de l'individu dans les mondes virtuels, le plaisir par procuration, la solitude mortifiante. Et voilà deux réalisateurs qui s'emparent du cinéma pour en faire autre chose qu'un gadget. Mieux: une machine à tisser du lien. A tenter de tisser du lien entre les individus. A raccommoder ce qui pourrait l'être. A réconcilier. Naomi Kawase jouait la carte contemplative, l'immersion régressive dans une nature mystérieuse, inquiétante et apaisante. Kobayashi place son film sous le signe de la répétition infernale, de la routine abrutissante. Il faut 100 minutes pour que le personnage masculin accepte de regarder en face celle qui s'obstine à solliciter son pardon. La structure en boucle du film est susceptible d'arracher les nerfs à plus d'un spectateur. Mais l'insistance du procédé intrigue et emporte l'adhésion au forceps. Là où 98% des films conduisent à s'aérer l'esprit, "Pressentiment d'amour" ramène au noyau dur des blessures enfouies, aux conflits mal réglés. A tout ce qui ne cicatrise pas, tant nos vies sont sur des rails. A la fuite en avant, Kobayashi oppose la nécessité de s'arrêter pour affronter ce qui fait mal et ce qui ne passe pas. Message reçu!

"Memories", de Harun Farocki, Pedro Costa, Eugène Green (Corée du Sud, Jeonju Digital Project 2007), Prix spécial du jury au film qui interprète le mieux l'esprit de communication entre les peuples et les cultures.

Trois moyens métrages sans rapport entre eux. Des trois, celui de Farocki reste le plus vivement en mémoire ("Respite", photo ci-dessous). 

Le cinéaste propose une méditation saisissante sur les images d'un camp de transit administré par les Nazis aux Pays-Bas. Images filmées par un déporté juif à la demande du commandant du camp. Entièrement silencieux, le film est commenté par des cartons, comme au temps du muet. Là aussi, Farocki reprend certaines séquences en boucle, pour mieux identifier la précision maniaque des nazis (on corrige à la craie le nombre exact des déportés embarqués dans des wagons), leur sens de la propagande, leur utilisation rationnelle des déportés (d'abord employés à des tâches de recyclage de matériaux, avant l'extermination). Un extraordinaire exercice de lecture d'images, sans le secours habituel de la voix off ominisciente.

Le film de Pedro Costa (The Rabbit Hunters, photo ci-dessous) saisit par la beauté de chaque plan, de chaque cadre. Comme à son habitude, le Portugais s'est glissé dans le quotidien des plus pauvres habitants de la périphérie de Lisbonne. Chez ces Cap-Verdiens déchus et sans avenir, il a improvisé quelques scènes qui disent la profondeur de la dignité perdue, le goût de la soupe inespérée, la lumière aveuglante du désoeuvrement. Evidemment, tout cela n'a rien à voir avec un reportage télé dans la cour des miracles. Costa n'exploite pas le social comme un petit fonds de commerce. Il se pose des questions de cinéaste : comment montrer comme le plus bel être de la Terre l'anonyme le plus anonyme ? Comment saisir ce qui brille encore dans un individu éteint ?

Le troisième moyen métrage ("Correspondances"), signé Eugène Green, nous a paru marquer un net fléchissement de l'inspiration de l'auteur du "Monde vivant" et du "Pont des arts". Que le film juxtapose la chandelle et l'ordinateur, "courrierchaud.con" et "courrierfroid.com" prête au sourire attendri. Que le cinéaste d'origine américaine commande à ses acteurs de s'exprimer dans un français pointilleux (où chaque liaison s'entend) réjouit. Mais cette variation précieuse sur le thème de l'amour au temps d'Internet manque de chair et de vibration.

"Capitaine Achab", de Philippe Ramos (France), Prix de la mise en scène

Voilà un film tout droit sorti de l'univers de quelqu'un formé à l'école du super-8. Ou comment s'attaquer à un monument de la littérature ("Moby Dick", de Melville) avec 3 euros cinquante. Ramos propose un récit malin qui aligne les saynètes pétries par le plaisir de conter. Enfance d'un héros, jeunesse d'un esprit rebelle, obsession d'un homme mûr. A chaque époque, le cinéaste trouve des solutions ingénieuses pour saisir ce qui a "fait" Achab.

"Death at a funeral", de Frank Oz (Grande-Bretagne), Prix du public.Sans surprise, cette modeste comédie, finement dialoguée et jouée, remporte les suffrages du plus grand nombre. Elle véhicule un message humaniste un rien téléphoné : au bord de la tombe, même les différences les plus irréconciliables gagnent à s'estomper.

"La Maison jaune", d'Amor Hakkar (France / Algérie). Prix oecuménique.

Un paysan des Aurès se rend à la ville pour récupérer le cadavre de son fils, en triporteur. Pour atténuer la tristesse de sa femme, il repeint la maison et s'offre un magnétoscope, histoire de revoir en boucle des images de leur fils. Par sa simplicité, sa sincérité et son absence d'affectation, le film touche. Tout en suscitant un rien de suspicion : sur la base de sa propre expérience d'un deuil, le réalisateur a voulu rendre hommage à l'esprit de service de tous les anonymes croisés. Ici, la bienveillance rencontrée par le paysan confine quasiment à l'angélisme. Comme s'il s'était agi de déjouer tous les clichés repoussoirs accolés par certains au monde arabo-musulman. On se réjouit de voir si les 20.000 francs du prix permettront effectivement la distribution du film en Suisse.

Christian Georges


Festival de Locarno (5) : apprendre à se battre

"Fuori dalle corde", de Fulvio Bernasconi (photo ci-dessous), "1 journée" de Jacob Berger, "Dutti der Riese" de Martin Witz : trois films suisses présentés au Festival de Locarno. Trois films qui abordent à leur manière l'idée de compétition (économique, amoureuse...). Décryptage d'une obsession bien contemporaine.

C'est un univers souterrain qu'a choisi d'explorer "Fuori dalle corde" : celui des combats clandestins, à mains nues, sans règles et sans merci. Affrontement de pauvres gladiateurs anonymes des temps modernes. Fulvio Bernasconi s'est paraît-il affronté lui-même à cette réalité assez laide avant le tournage. Il n'en rajoute pas exagérément dans le sordide. Mais sa représentation n'échappe pas à quelques poncifs (notamment une musique sombre et assourdissante, qui souligne un peu trop la descente au enfers de Michele, un jeune boxeur privé de contrats, au grand dam de sa soeur, qui souhaitait en faire un champion). Les portraits sont frustes. Mais le film de Bernasconi accumule indéniablement les symptomes de son époque : pour une gloire aléatoire offerte à quelques élus dans des compétitions diverses (arbitrées parfois à distance par un public voyeur et sadique), combien de désillusions et de déchéances ? S'il ne donne pas une consistance toujours crédible à ce public voyeur, le film enregistre assez bien ce vertige du "snuff movie", cette attirance malsaine pour des spectacles où le sang coule pour de vrai. Coupable de voir sa soeur endettée par sa faute, Michele devient un fauve. Mais est-il plus à blamer que les requins de la finance et du capitalisme carnassier, qui dévorent leurs concurrents au mépris des règles établies ?

Dans le documentaire "Dutti der Riese" (photo ci-dessus), Martin Witz ne s'intéresse pas tellement aux victimes de Gottlieb Duttweiler, le fondateur de la Migros. C'est le talent de ce commerçant hors pair qui capte toute l'attention. Très rapidement, le spectateur ne peut s'empêcher de tirer un parallèle : un industriel à succès qui fourbit des ambitions politiques, tout en flattant le patriotisme, ça ne vous évoque rien ? Sous une tonne de documents audiovisuels et sonores, Martin Witz et son monteur donnent leur vision du personnage : un habile marchand qui avait compris que l'élévation générale du niveau de vie était le meilleur moyen de faire de bonnes affaires avec le grand public. Le portrait est passionnant, entre rouerie, paternalisme et sincère humanisme. Mais le réalisateur ne prend pas vraiment le temps de proposer des images qui contrarient le volontarisme effréné de Duttweiler. Une anecdote amusante : en pleine Seconde Guerre mondiale, le commerçant finance un film qui retrace l'histoire d'une réfugiée en Suisse. "Marie-Louise" ne marche pas très bien en salles. Dutti rachète alors des milliers de places et les offre aux clients de la Migros pendant les heures creuses. Miracle : les salles et les magasins se remplissent à nouveau. Et le film obtient l'Oscar du meilleur scénario à Hollywood! Question au producteur de "Dutti der Riese" : va-t-on offrir des billets pour aller voir le film aux détenteurs de la carte Cumulus ?

"1 journée" (photo) apparaît sous forte influence Kieslowski (mais on peut se trouver plus mauvais maîtres). Formé aux contraintes du téléfilm, le réalisateur Jacob Berger se dégage assez aisément du moule et fait se croiser plusieurs destins : celui d'un journaliste de radio (Bruno Todeschini) qui commet adultère et délit de fuite en quelques heures; ceux de sa femme (Natacha Régnier), de sa maîtresse (Noémie Kocher) et de son bambin de 8 ans, qui découvre les ambivalences du mot "amour". Si la représentation du journalisme radiophonique prête à sourire, la vision de l'enfant est consistante : entre terreurs et espoirs, incompréhension et pressentiments, elle témoigne d'une palette de sentiments saisis avec une grande justesse. Avec toujours en toile de fond, cette rivalité qui marque au fer rouge les relations humaines. De cela aussi, l'enfant témoigne avec une troublante intensité.

Christian Georges

PS : Thierry Jobin lance une excellente question dans "Le Temps" à propos du lancement de la plate-forme de vidéos moncinema.ch : "Pourquoi la TSR ouvre-t-elle un nouveau robinet à images, alors qu'elle ne propose, hormis à l'enseigne de Nouvo de temps à autre, aucune émission qui aide les spectateurs à décoder toutes ces images, a fortiori aucune émission consacrée au cinéma ?