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Chaînes TV régionales : quelles obligations ?

La semaine dernière, le Conseil fédéral a défini les nouvelles zones de desserte pour les radios OUC et les chaînes de télévision régionales : 13 zones sont destinées à des chaînes de télévision régionales au bénéfice d'une quote-part de la redevance et 34 zones destinées à des radios OUC privées. Mercredi matin à Bienne, les responsables de l'OFCOM ont précisé à quelles conditions les concessions seront attribuées.

C'est nouveau : le produit de la redevance radio-TV profitera davantage aux diffuseurs régionaux à l'avenir : 4% échapperont à la SSR à raison de 32 millions pour les chaînes de TV et 18 millions pour les radios.

Pour la Suisse romande, le Conseil fédéral a tranché : ce sera une zone de desserte TV pour Vaud et Fribourg, une zone Arc jurassien (NE, JU et JU bernois). Et une zone valaisanne homogène, avec obligation de proposer des programmes en allemand et en français.

Les concessions seront mises au concours dès le mois d'août et attribuées dès le printemps 2008. Pour prétendre l'emporter, les stations devront être autofinancées à raison de 50%.

Mais elles devront aussi garantir des prestations et répondre des obligations. En résumé :

- Garantir le service public au niveau régional

- Garantir des conditions de travail décentes au personnel, assurer sa formation et son perfectionnement professionnel

- Offrir une infomation variée, pertinente et diversifiée sur des événements locaux et régionaux concernant la politique, l'économie, la culture, la société et le sport.

- S'interdire certains types d'émissions (avertissements radar, jeux à caractère lucratif, publicité pornographique).

L'obligation faite à ces chaînes TV de garantir le service public au niveau régional réduit-elle l'obligation faite à la SSR de garantir la même chose à cet échelon ? "Non, il n'y a pas de changement", assure Matthias Ramsauer.

(CGS)


Arrêt sur images (7) : Un message de Daniel Schneidermann

"Chers amis,
Je ne peux m'empêcher de vous appeler ainsi, tant vous avez compté dans la vie de toute l'équipe d'Arrêt sur images, au cours du mois écoulé.
Vous êtes près de 175 000 qui avez signé la pétition initiée spontanément par l'un d'entre vous, Anthony, et réclamant le maintien de votre émission sur France 5.
175 000 ! Ce mouvement, sans précédent, nous a emplis de fierté et de gratitude. Il justifie pleinement le travail accompli, tout au long de ces années, par notre équipe. Je veux d'abord, du fond du coeur, vous remercier. Nous vous avons beaucoup donné. Vous nous le rendez aujourd'hui, et de quelle manière! Nous vous donnerons encore.
Anthony va clôturer cette pétition le 18 juillet prochain (tout le monde a droit à des vacances). Il la remettra alors à la direction de France Télévisions. Si certains de vos proches n'ont pas encore signé, c'est le moment !
Malheureusement, il est peu probable que votre mobilisation soit couronnée de succès. La direction du groupe public a donné maints signes publics de son refus de revenir sur sa décision. Je ne la commente pas ici. Je l'ai assez fait, au cours des semaines écoulées.
Mais ne pensez pas pour autant que votre mobilisation aura été vaine.
Elle aura d'abord montré la force de la demande sociale d'une critique des médias, exercée au sein même des médias. Cette demande, nous la connaissions. Elle vient de crier, paisiblement, qu'il faudra compter avec elle. Malheur à ceux qui l'oublieraient !
Votre mobilisation aura ensuite poussé puissamment à la résurrection d'une émission comparable à Arrêt sur images.
A l'heure où je vous écris, des discussions se poursuivent avec plusieurs médias, français et étrangers, susceptibles d'accueillir notre travail dès la rentrée prochaine.
Ne m'en veuillez pas, pour une fois, de rester un peu plus discret que d'habitude, et de faire violence à mon tropisme de la transparence: ces discussions ont besoin d'une certaine tranquillité. Vous serez informés aussitôt que possible sur le big bang blog. Laissez-moi seulement vous dire que tout est encore possible. Vous n'avez peut-être pas fini de vous arrêter sur les images avec nous, sur les écrans de votre téléviseur, ou...de votre ordinateur (ou des deux).
Bon été à tous. N'abusez pas de la télévision !
Pour toute l'équipe d'Arrêt sur images,
Daniel Schneidermann"

Singes technologiques

Sommes-nous condamnés à devenir des singes technologiques ? Le recteur du Collège Saint-Michel à Fribourg n'est pas loin de le penser en observant le monde et certains de ses étudiants. Jacques de Coulon vient de publier "Petite philosophie de l'éducation" (éditions Desclée de Brouwer). Au micro de la Radio Suisse Romande, il défend quelques thèses fortes : l'homme actuel se laisse enfermer par des images univoques; esclave consentant de la technologie, il s'enchaîne dans une caverne de Platon où il ne peut contempler que des ombres. Le temps gagné par la technologie n'alimente pas la réflexion, il ne fait que précipiter une fuite en avant sans but. Quantité d'étudiants se lancent dans des recherches sur Internet sans PROJET préalable. Leurs enquêtes dictées par des besoins scolaires débouchent sur de désolants poncifs "googlérisés".

A plusieurs reprises, les intervenants du Grand Huit posent la question du rôle de l'Ecole et des éducateurs : guider, orienter, prendre du recul, se décentrer du rôle d'utilisateur de technologie pour se recentrer sur l'intériorité, tels semblent être les maîtres mots.

Cette "Petite philosophie de l'éducation" gagne à être une des lectures de l'été...