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Mediablog

Arrêt sur images (5) : la TSR toujours intéressée ?

La déclaration de Ségolène Royal, vendredi 29 juin, se déclarant prête à faire produire, par la région Poitou-Charente, une émission du type d'Arrêt sur images a suscité curiosité et scepticismes.

Désormais licencié par France 5 pour "faute grave" (ses attaques publiques contre la hiérarchie...), Daniel Schneidermann commente cette éventualité sur son blog.

Sa conclusion vaut la peine d'être citée ici :

"...l'affaire poitevine ne doit pas faire oublier que pendant ce temps, nous continuons à discuter avec la Télévision suisse romande, dont l'intérêt bienveillant pour notre demande d'asile médiatique ne faiblit pas"

C'est ce qui s'appelle garder plusieurs fers au feu et c'est de bonne guerre.


Images de la joie

Alinghi remporte la Coupe de l'America pour la deuxième fois. Apple vend les premiers exemplaires de son iPhone. Ces deux événements occupent un temps d'antenne et un lignage considérable dans les médias. Frappant de voir comment, dans une époque désenchantée, les  organes de  presse saluent d'abord et avant tout des réussites entrepreneuriales. Dans son éditorial du "Temps", Isabelle Musy trouve de bonnes raisons pour la Suisse de se réjouir du succès de l'équipe bâtie par le milliardaire Ernesto Bertarelli. Des raisons convaincantes. Mais la journaliste y voit même le triomphe d'une "modernité décomplexée". L'expression peut laisser songeur. On en usa de similaires au moment de l'élection de Nicolas Sarkozy.

Et la joie dans tout ça ?...

Un passage éclair à Zurich Oerlikon suffit à nous rappeler combien le perfectionnisme suisse peut rimer avec froideur et ennui, dans les moindres détails urbanistiques. Opulence de caveau mortuaire à la moindre sortie d'ascenseur. Dans le train, les pendulaires lisent "Heute", le journal gratuit du soir, pas même foutu de donner le résultat de la régate. Et à chaque page ou presque, des journalistes "embedded", complices de campagnes marketing dont ils ne savent plus s'ils sont le jouet ou le relais consentant. Autant de cris de joie devant des chiffres et des records de vente, complaisamment transmis en service de presse (il n'y a plus qu'à les recopier).

A ces clichés de clients d'Apple (aux yeux exorbités de toucher leur bidule comme le vêtement du Messie), on préfère d'autres images de la joie : celle qui se lit sur les visages des lauréats de diplômes et autres CFC, dans les pages spéciales des journaux régionaux...


A Darker Summer Day

Il y a des étoiles qui s'éteignent en toute discrétion. Edward Yang est de celles-là : le réalisateur taiwanais s'est éclipsé vendredi à l'âge de 59 ans. Beaucoup trop tôt. Nous l'avions rencontré à Locarno, pour un entretien à paraître dans le "Pardo News", le quotidien du festival. Edward Yang (photo) s'était montré délicieux et érudit, brillant produit d'une éducation mi-confucéenne, mi-chrétienne. Il avait un rire et un entrain de grand jeune homme. Ce fut un bonheur que de le voir couronné d'un Prix de la mise en scène à Cannes, en 2000, pour son chef-d'oeuvre, "Yi Yi". En montrant un enfant affairé à photographier la nuque des gens, il y donnait une définition limpide de son métier de cinéaste : "Montrer ce que les autres ne peuvent pas voir".

                   

    Edward Yang                                ...et le gosse de "Yi Yi".

Dans "A Brighter Summer Day", Edward Yang avait apporté une pièce majeure à l'histoire de son pays. Ce vendredi 29 juin restera comme un "darker summer day" pour l'histoire du cinéma...

PS : "Yi Yi" peut être commandé en DVD sur www.trigon-film.org  (shop@trigon-film.org)