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Mediablog

Semaine des médias (12) : trois expériences marquantes

Que se passe-t-il dans les classes pendant la Semaine des médias à l'école ? A quoi sont utilisés les journaux offerts par les éditeurs ? Trois exemples à Fleurier, au Mont-sur-Lausanne et à Monthey.

"Durant deux périodes, le Matin Bleu, L'Express ainsi que le Temps sont passés sous la
loupe des 14 élèves de la classe 9Pp3 du CVT (Collège du Val-de-Travers).
Le but principal était de susciter une discussion liée à chaque titre et à son lectorat.
Les élèves ont choisi plusieurs critères qui leur ont servi de base de
comparaison et de discussion", nous écrit David Hamel.
 
"Les adolescents se sont montrés intéressés et critiques même si leur choix de
titre n'a que peu évolué. Au départ de l'activité, tous les élèves lisaient le Matin Bleu, 
huit l'Express et aucun le Temps (par méconnaissance notamment).
Après comparaison, discussion et critiques, seul l'Express a glané quelques voix
pour l'avenir proche.
Dans les avantages cités pour le Matin Bleu, on retrouve la gratuité, le nombre
important d'images, la brièveté des articles donc la rapidité de lecture et
finalement le format agrafé qui permet une lecture aisée partout. Les
inconvénients principaux sont la relative qualité des articles et la mise en
page parfois trop chargée. La publicité ne gène pas les élèves tant que le
journal est gratuit. Cependant, 6 élèves accepteraient de le payer 1 franc et 1 seul
2 francs.
Concernant, les deux autres titres, ils ont été reconnus, entre autres,
meilleurs au niveau de l'information et de la qualité des articles mais cela les
a défavorisé face au jeune lectorat de la classe qui ne souhaite pas trop
s'investir dans la lecture (surtout pour le Temps)... L'Express doit sa
"popularité" à son information de proximité.
Bonne nouvelle, le Courrier du Val-de-Travers, distribué chaque semaine dans
tous les ménages vallonniers fait aussi bien que le Matin Bleu ! Comme quoi la
"grande proximité" reste un gage de suivi de la part des lecteurs (de
cette classe en tout cas) !
 
Nathalie Masungi, qui enseigne au Mont-sur-Lausanne, souhaitait elle aussi faire un
compte-rendu des activités réalisées avec les élèves 
durant la Semaine des médias.

"Nous avons eu la chance de recevoir M. Messeiller, rédacteur en chef adjoint du Matin Bleu dans notre classe. Il a su avec verve tenir en haleine les élèves durant 2 périodes. Les enfants étaient enchantés et cela a même suscité des vocations futures. Il a su s'adapter avec brio à toutes leurs questions et a apporté du matériel intéressant. Nous l'avons remercié le jour-même en lui offrant un petit cadeau souvenir de la classe.

Vendredi passé, nous avons été aussi reçus par la RSR. La visite était très intéressante, vivante et tout à fait adaptée aux élèves de 6ème année. Les duex guides étaient passionnantes et nous ont permis d'aborder ce média de manière ludique et très chouette. Les enfants ont même reçu un petit cadeau en fin de visite.

Je tenais pour ma part à vous remercier, vous, les initiants de ce merveilleux projet dédié aux médias. Toutes les activités ont été accueillies avec bonheur par les élèves et les enseignants.

Je conseillerai d'ailleurs vivement à mes collègues de participer à cela si c'est à nouveau proposé l'année prochaine.

Un tout tout grand merci donc!"
 
"Ce fut une courte semaine, de sorte que nous la prolongeons", nous écrit Hubert Caloz,
qui enseigne à Monthey :
"Les journaux commandés (Illustré, Hebdo, Temps, Matin) sont arrivés 
pile au bon moment. Nous avons ainsi pu comparer les Une du Temps et du 
Matin du même jour, et décortiquer le reste des journaux, en utilisant 
la documentation pédagogique reçue l'année précédente (journal édité à 
Fribourg, qui présente les rubriques d'un journal, depuis la Une 
jusqu'aux photos, en fournissant les définitions des mots clés). Ce 
travail permettra de différencier les journaux en fonction des lecteurs 
visés, et de connaître un journal avec précision.
2. Nous avons pris contact avec Radio Chablais, et le Directeur 
rencontrera deux classes de notre école. Pour préparer cette rencontre, 
nous élaborons des questions après écoute de différentes émissions de 
Radio Chablais. Nous visiterons également les studios.
3. Selon le temps disponible, nous élaborerons quelques  enquêtes sous 
forme d'interviews, sur le modèle d'émissions écoutées.
Les élèves ont beaucoup apprécié ce travail. Ils ont été sensibles au 
fait de participer à une semaine organisée à plus grande échelle que 
leur classe. Ils ont apprécié le "luxe" de recevoir gratuitement les 
journaux, ce qui a pu rendre ce travail possible.
 Quant à leur enseignant, il se réjouit de la prochaine édition !"

Semaine des médias (11) : record de UNES

Plus de cent UNES réalisées dans les classes romandes ! Record battu ! Nous n’aurions pas imaginé recevoir autant de travaux dans le cadre du concours lancé pendant la Semaine des médias à l’école. Les propositions émanent autant de classes de 1ère année primaire que d’élèves d’une Ecole d’arts appliqués. Félicitations à tous ceux qui ont œuvré pour ce magnifique résultat! Les UNES seront en ligne ces prochains jours sur le site www.e-media.ch. Quelques commentaires d’enseignants qui ont pris part à l’aventure.

Serge Hager à Delémont, n'a pas cédé à la facilité avec ses élèves du secondaire I :
"Nous avons voulu émettre nos propres  exigences :
- Un édito obligatoire (sujet ATS ou personnel)
- Par groupe, dans la semaine, les élèves devaient préparer une interview (en 
vue également du concours), un compte-rendu sportif et une critique de 
film ou série. Ces travaux doivent figurer en accroche (modifiés), un 
seul est autorisé à figurer en entier en Une, mais sans obligation."
 

"L'aventure fut passionnante, merci !", nous écrit Ursula Varone, du CO de Savièse

"Nous avons eu un accès insuffisant à la salle d'informatique pour aboutir nos projets", regrette Pierre Graber, du Collège des Cerisiers à Gorgier. "Voici quand même celui qui promettait le plus d'originalité."

"J'ai le plaisir de vous transmettre les trois unes réalisées par mon groupe
de 10 élèves lors de la journée d'hier. Ces élèves de troisième année du CO
qui ont travaillé en 3 groupes (l'un de 4 élèves et les 2 autres regroupant
3 élèves) ont eu beaucoup de plaisir à participer à cette activité."
écrit Roland Métrailler, du CO d’Ayent
 
"Cette activité a suscité un grand intérêt de la plupart des 16 élèves concernés,
ils ont fait preuve de concentration (pas toujours le cas !), ont eu du
plaisir.
Merci pour les journaux qui arrivent à bon port;
étrange, les élèves ne se ruent pas dessus car ils ont en
main un de ces 2 quotidiens gratuits !
Je ferai de la pub pour cette semaine des médias à
l'école auprès de mes collègues lors de prochaines
concertations de français", promet
Jean-Jacques OLIVARY, à Yverdon, qui enseigne à des 7ème VSO.

Semaine des médias (10) : les Zèbres des Cerisiers

Durant toute la Semaine des médias, la Radio Suisse Romande s'est arrêtée au Collège des Cerisiers à Gorgier (NE). Jean-Marc Richard a animé en direct son émission "Les Zèbres". L'occasion pour les élèves de faire une revue de presse et de dégager de l'actualité des faits qui les avaient frappés. A écouter encore ce vendredi 23 mars et lundi 26 mars, de 12h à 12h30, sur La Première de la RSR. On peut réécouter les émissions en podcasts.

Jean-Marc Richard, avec les élèves de l'enseignante Dominique Jeannot, jeudi à Gorgier (photo Georges).


Semaine des médias (9) : un journaliste sportif se raconte

La classe 9M du Collège secondaire des Platanes à Bienne a accueilli Laurent Kleisl, un journaliste sportif du Journal du Jura. A la demande du maître littéraire Eric Niklaus, plusieurs élèves ont mis par écrit quelques impressions à la suite de cette visite. Nous les reproduisons ici :

« Lundi 19 mars 2007, nous avons eu la chance d’accueillir Laurent Kleisl, un journaliste sportif (Journal du Jura) pour notre semaine des médias. Il y a pu répondre à toutes nos questions sans hésitation. Il a réussi à captiver l’attention de la classe entière, en nous racontant sa vocation de journaliste sportif. Ce qui m’a frappée, c’est sa réponse quand je lui ai demandé pourquoi il avait choisi ce métier : « Ce fut un hasard, je jouais souvent au hockey sur mon ordinateur et après j’écrivais des commentaires ; cela m’a plu, j’en ai fait mon métier et je l’ai appris sur le terrain. »

Ensuite, il nous a parlé de ses horaires instables, de la concurrence qui règne dans le journalisme et nous sommes gentiment allés dans le vif du sujet avec le thème « Le compte rendu sportif » Laurent Kleisl nous a bien expliqué les phases d’un compte rendu : « Il faut savoir garder un œil sur le match et sur ce que nous écrivons et s'il nous arrive de louper quelque chose d’important pendant le match, on demande vite à un collègue. Après un match de hockey, je dispose d'une à trois heures pour fournir une mise en page correcte. » Curieux que nous étions nous lui avons demandé comment il est payé (par mois, article, heures...). Sa réponse a été par mois et pour ne pas donner de chiffre il a estimé qu’il gagnait moins qu’un professeur d’école secondaire. Puis nous avons terminé l’entretien avec quelques questions en vrac sur le hockey.

Nous le remercions chaleureusement d’être venu nous voir. »

(Florence)

« Le 19mars 2007 Laurent Kleisl,un journaliste sportif ,est venu nous parler de sa profession.
J'ai trouvé qu'il parlait de sa profession avec passion, surtout pour le hockey sur glace, et qu'il était très sympathique. Sa tâche en hiver ,est de suivre le hockey sur glace;ça occupe presque le 100% de son temps. Ce qui m'a frappé c'est que les journalistes sportifs ont des fois seulement 30min. pour rédiger un compte-rendu de match parce qu'ils doivent le rendre à 22h45.Mais s'il y a des prolongations ou des tirs au but ,ils peuvent le rendre à 23h15,dernier délai. Ce qui m'a intéressé c'était qu'il a des horaires très variables et que c'est difficile au niveau de la vie privée. Je lui ai aussi demandé s'il avait déjà interviewé une grande star? Il ma répondu que non. Mais j'ai été touché par ce qu'il a dit au sujet de Federer: selon lui, les enfants et les jeunes doivent prendre exemple sur ce sportif parce que c'est, pour l'instant, le meilleur joueur au monde ,mais qu'il ne se prend pas la tête et qu'il est resté très naturel. Après nous avoir parlé de Federer. Il nous a dit qu'il allait aller à Wimbledon voir le tournois du grand Chelem. Et il nous à dit que ses sports préférés étaient le hockey et le tennis. A la fin, nous étions tous contents et nous l'avons remercié d'être venu nous voir malgré son emploi du temps très chargé. »

(Angelo)

"Nous avons organisé un entretien avec un journaliste sportif, Laurent Kleisl. Nous avons posé beaucoup de questions et nous avons obtenu des réponses. La réponse qui m'a frappé le plus concernait son horaire de travail: pas d'horaire fixe, travail la nuit, travail pendant le week-end qui rend la vie privée parfois difficile. Encore une question qui m'a beaucoup intéressé concernait la concurrence entre les journalistes, mais aussi leur solidarité. Laurent Kleisl nous a clairement expliqué les problèmes et les avantages: " On essaye de rester amis et en même temps on veut écrire le compte-rendu le plus original ".

Une fois l'entretien terminé, certains de mes camarades ont commencé à écrire un compte-rendu du match Bienne Viège " à la Laurent Kleisl".
(Eugène)
"Hier nous avons eu la visite d'un journaliste sportif,monsieur Laurent
Kleisl. Il nous a paré de son métier ou plutôt nous lui avon posé des
questions, et il nous a répondu très gentiment.
Il nous a aussi parlé de son métier , par exemple , des avantages et des
inconvénients , des ses horaires , qui sont irréguliers.
J'ai été très intéressé par son enthousiasme.
J'ai très vite compris que ce métier était dur , et été très impressionée
car dans ce métier on voyage beaucoup.
En conclusion, je pense que ce métier n'est pas du tout fait pour moi , à
cause des horaires irréguliers."

(Layla)

"Lundi 19 mars 2007, unn journaliste sportif du "Journal du Jura" est
venu nous rendre visite. Il s'appelle Laurent Kleisl et est spécialiste du
hockey. Il est venu répondre à nos questoins dans le cadre de la semaine des médias. Ce qui m'a frapé c'est qu'il s'est senti à l'aise. Ce qui m'a plu
c'est qu'il n'a pas d'horaire fixe et qu'il peut aller sur la terrain faire
des interviews mais les inconvénients sont qu'il doit sacrifier ses
dimanches et sa vie sociale ,et aussi qu'il gagne mions qu'un enseignant.
Pour conclure,je dirais que cette visite m'a permis d'en apprendre plus sur
le métier de journaliste et c'était un moment de divertissement."

(Bruno)

"L'année prochaine, j'espère pouvoir impliquer les élèves encore un peu plus dans la Semaine des médias - et y associer d'autres collègues. Je trouve que c'est un volet important - et intéressant - de notre tâche d'enseignant", conclut Eric Niklaus.


Semaine des médias (8) : en visite chez les pros

Les classes de Suisse romande se succèdent dans les studios et les salles de rédaction pendant cette Semaine des médias à l'école. Exemples en images à Fribourg et à Lausanne.

Stéphane Jenny enseigne à des élèves de 6ème année à l'école de Villars-Vert à Villars-sur-Glâne (FR). Il nous écrit:
"La visite de notre classe à Radio Fribourg s'est bien passée. Le compte rendu se trouve sur le site de notre classe : http://vvert.educanet2.ch/lacapuera/ --> onglet Radio Fribourg"
Brigitte Roth enseigne au collège des Pépinières à Renens (VD). Ses élèves de 5ème année nous rendent compte de leur activité :
"Mercredi 21 mars 2007 : nous visitons les studios de TVRL (télévision régionale lausannoise). Monsieur Vittoz nous fait découvrir la salle de montage, il nous montre les caméras et nous explique comment on monte une émission. Mais ce que nous avons préféré, c'est le studio d'enregistrement où nous avons pu toucher aux caméras, nous mettre à la place des présentateurs. Nous avons pu nous exercer à lire sur le prompteur et visiter la régie. Merci aux organisateurs de la semaine des médias, on a vécu une merveilleuse semaine ! "
"Merci pour toutes les activités proposées... nous nous régalons",
nous écrit encore Giuseppina Gentile de l'Ecole Peschier à Genève, où les élèves ont réalisé plusieurs UNES. Un superbe effort pour des enfants. A découvrir dès la semaine prochaine dans la galerie du site www.e-media.ch.

Semaine des médias (7) : du talent, à tous les degrés

Mercredi soir : nous avons déjà reçu 30 Unes pour le concours proposé aux classes. Etonnante moisson ! On trouve tout autant les productions d'élèves de 4ème année primaire que celles d'étudiants médiamaticiens ou en Ecole d'arts appliqués. Tous les travaux seront à voir en ligne dès la semaine prochaine sur www.e-media.ch. Echos en images de ces salles de rédaction improvisées.

A l'Ecole primaire de Cortaillod (NE), les élèves de 4ème année de Francine Gaberell et Gian-Carlo Invernizzi n'ont pas hésité à rester après la sonnerie de la cloche pour terminer leurs Unes. Ceux d'Elise Weber (ci-dessous) ont également débordé de fantaisie.

Dans la classe de Madeleine Formoso Lopez, les garçons mettent au point leur version d'un quotidien généraliste, le "Tout sur tout"...

...tandis que les filles ont choisi l'éditorial de leur édition du jour. Ce sera : "Mon prince charmant"...

Au Collège du Val-de-Travers à Fleurier, lundi 19 mars, les ACO Journal ont défendu leur réputation : leurs camarades avaient en effet remporté des prix lors des trois premières éditions de la Semaine des médias à l'école. Le travail s'est déroulé en plusieurs étapes. (Photos de David Hamel)

Préparation de la maquette...

Mise en page du titre

Affinage des textes à l'écran...

Mercredi 21 mars, toujours au Collège du Val-de-Travers à Fleurier, la classe 9Ma1 a reçu Giovanni Sammali (photo ci-dessous), journaliste au "Matin" et à la chaîne de TV régionale "Canal Alpha". "Nous avons vécu un moment intense de rencontre avec un professionnel des médias. Les élèves avaient préparé la rencontre en créant des questions ciblées", nous rapporte l'enseignant Romuald Babey.


Semaine des médias (6) : franc-parler à la rédaction du "Matin bleu"

Ils sont quatre étudiants en maturité professionnelle commerciale à Lausanne. De passage à la rédaction du « Matin Bleu », ils ont expliqué leur rapport à l’actualité et aux médias. C’est la journaliste Karin Kotsoglou qui les interrogeait. Un moment d’échange passionnant, révélateur, contradictoire à mesure que diminuait l’autocensure.

Sophie, Evelyne, Sébastien et Damien, en conversation avec Karin Kotsoglou (photo CIIP).

Sophie (29 ans) n’a pas la télévision. Elle écoute volontiers France Info ou la RSR. Résolument papivore, cette Lausannoise lit « 24Heures », « Le Matin » et « Le Temps », mais pas pour les mêmes articles. « Le Temps » comble son appétit d’infos internationales et culturelles. Quelles infos culturelles ? « Musique, cinéma, critiques théâtrales. Je lis aussi les articles cinéma de Buache le dimanche matin ». Elle achète « Le Monde diplomatique » chaque mois. En convaincue : « J’aime sentir la liberté de la presse. Là, je sens qu’ils sont vraiment libres. Je me souviens aussi de « Good Night and Good Luck », le film de George Clooney, où l’on voit des journalistes qui ont osé aller contre un pouvoir, malgré le maccarthysme». Dans les gratuits, Sophie lit tout de même les gros titres, les infos people et…l’horoscope ! Euh.. et les faits divers ? « Je lis le chapô, pas plus. Ca me fait marrer. » Les infos locales ? « Non. D’ailleurs je ne me rends même pas compte si je suis en rubrique locale… » Un regret à propos des médias en général ? « Les journalistes n’ont plus le temps d’aller chercher l’information sur place. Les agences le font à leur place. Quel contrôle a-t-on là-dessus ? ».

Evelyne (21 ans) commence ses journées à l’écoute de la radio One FM. Elle poursuit sur le chemin de l’école avec « Le Matin bleu » et « 20 Minutes ». Difficile de distinguer entre les deux « Des fois ça se complète… » Quelles rubriques retiennent son attention ? « L’horoscope, la météo, l’actualité locale surtout, l’internationale un peu ». Evelyne lit encore « 24Heures », parce que sa mère est abonnée. Et des articles recommandés par sa prof, Michèle Péringer. Elle termine son tour de l’information avec le Journal de 19h30 sur la TSR. Et de poser une question à la rédactrice du « Matin bleu » : « Pourquoi autant de faits divers peu intéressants ? Parce que c’est lu, dites-vous ? Le type qui découpe sa femme en morceaux et la met au congélateur n’a pas d’intérêt à mes yeux. Pour moi, le journal est associé à quelque chose de fiable. Aujourd’hui tout se mélange. Par moments, ça devient le Loft…»

Sébastien, lui aussi dans la vingtaine, lit les quotidiens gratuits presque chaque jour à la pause du matin. Souvent son premier contact avec l’information. « On lit entre garçons et on se moque des gens dont on parle dans ces journaux. Le petit obèse et les autres… On aime bien afficher des coupures en classe. Parfois, on affiche aussi des trucs sérieux, comme la définition du salafisme ou du darwinisme (mais il arrive qu’on change quelques mots de ces définitions, pour rigoler). « Le Matin bleu », c’est fait pour s’amuser. On s’amuse avec l’info. En famille, ce n’est pas pareil, il y a une interaction différente entre les gens : le père se scandalise d’un truc qu’il vient d’entendre. On ne rigole plus ». Sébastien part du principe que personne n’échappe à l’information : « De l’actualité générale, on est forcément informé. C’est dur de ne pas l’être. Il faut déjà rester enfermé chez soi ! Même en marchant dans la rue, on tombe sur des bribes d’info ! Je ne crois pas trop à ce que dit la presse en général, surtout la télé. Je prends ça comme un jeu. Je ne suis pas un de ces pigeons qui tombent dans le panneau. Ces copains qui cherchent et qui sont surinformés, ils se la jouent. Moi je me méfie de toutes les informations. Après tout, ce sont des êtres humains qui les transmettent et je crois connaître les gens. Je reste avec un regard critique. Souvent, on nous fait avaler des couleuvres ».

Damien (26 ans) privilégie la télévision, « voie de la facilité, aisément intelligible ». Pour suivre la politique, « par curiosité », il apprécie Euronews mais se méfie de ses sources et des organismes qui financent la chaîne. Il redoute une hégémonie de quelques agences américaines. La confusion des pouvoirs est une autre source de préoccupation : Damien a par exemple été choqué par le renvoi du rédacteur en chef de « Paris Match », probablement sur pression de Nicolas Sarkozy (le journal avait publié en Une des photos de la femme du Ministre de l’Intérieur en compagnie d’un autre homme). Par rapport au briefing auquel il a assisté à 14h au « Matin bleu », l’étudiant cache à peine son malaise : « Ce sont des avis de journalistes entre eux. Cela frise le nombrilisme. On n’a pas le sentiment d’avoir affaire à Monsieur et Madame Tout-le-Monde ». Pas en phase avec la société, ces journalistes ? « Vos choix sont des choix purement journalistiques, mais les questions ne sont pas forcément celles que les gens se poseraient ». Impossible à ce stade de ne pas évoquer l’émission de TF1 liée à la Présidentielle (« J’ai une question à vous poser »). Une dernière salve à l’encontre des plumitifs? Damien y va tranquillement : «Le fait de ne pas vivre les choses vous donne une autre distance. J’ai fait un voyage en Inde. On aurait pu me raconter des millions de choses sur ce pays. C’est sur place que je me suis vraiment rendu compte de la précarité que vivent ces gens. Vous les journalistes, vous êtes un peu déconnectés de la réalité. Je ne vous jette pas la pierre, c’est une constatation. Vous aller rester dans un chablon, dans un certain schéma de présentation des choses. Ce serait bien de revenir à un journalisme de proximité. »

Qu’attendent ces étudiants des médias en général ?

Sophie : « Des informations claires et approfondies. Je dois avoir le sentiment d’avoir compris quelque chose, que cela se passe au Pakistan ou en Suisse ».

Evelyne : « Une information sur le monde et l’actualité locale. Je préfère les reportages aux faits divers. Et puis, ce serait bien de minimiser la pub. »

Damien : « J’attends de la crédibilité, de la correction intellectuelle, du fiable, du plausible. Je n’aime pas l’information qui se vide comme une baudruche si on la creuse un peu ».

Qu’est-ce que les quotidiens gratuits ont changé, selon eux ?

Sophie : « J’ai l’impression d’être devenue une chose. Etant donné que je ne paye pas, ce sont les pubs qui m’achètent. Je sais que ces journaux sont bourrés de pub pour que j’achète quelque chose. Dans « Le Matin » orange, je me sens plus à égalité avec l’annonceur. Il achète une prestation, moi une autre. »

Evelyne : « Je me suis mise à lire le matin. Avant, je lisais le soir. Et pour des étudiants qui ont un petit revenu, c’est bien. Il y a davantage de jeunes qui lisent ».

Damien : « Les gratuits ont démocratisé la presse. Si on va se servir dans une caissette, on n’a pas la mauvaise surprise d’avoir un Securitas qui vous tombe dessus, comme cela m’est arrivé un dimanche matin. Enfin, cette presse gratuite, je la consomme peu car je roule en scooter. C’est plutôt pour les gens qui prennent le bus ou le train ».

Dans chaque rubrique, tout au long de l'après-midi les étudiants et leurs camarades ont été invités à pimenter les pages de leurs commentaires. Remarquable ouverture du titre. Echanges fructueux avec l'équipe garantis! Vous découvrirez ces commentaires dans l’édition du mercredi 21 mars. En prenant congé de ses visiteurs, le rédacteur en chef Tristan Cerf a ce mot étonnant: « Il y a autant de tabous chez les journalistes que dans l’Eglise catholique ou qu’à Ecône ».


4ème Semaine des médias à l'école (5) : Atelier de journalisme

Des messages comme on les aime... Le commentaire d'une classe ayant participé à l'atelier pratique de journalisme le 19 mars. Les élèves étaient encadrés par deux professionnels Alain Meyer et Bernard Vuillème. De beaux souvenirs en perspective...

Ce matin, dans le cadre de la semaine des médias, nous avons eu le
plaisir d'accueillir en classe deux journalistes: Alain Meyer et Jean-
Bernard Vuillème. Nous avons parcouru les journaux locaux avec eux.
Après la récréation, Raymond Burki nous a rejoint et nous a expliqué
comment il faisait ses dessins . On a bien rigolé avec ses
caricatures ! L'après-midi, nous avons écrit notre article de presse
et nous l'avons lu. Nous avons passé une magnifique journée et nous
remercions les organisateurs de la semaine des médias de nous avoir
permis de partager ces moments inoubliables.

Classe de Brigitte Roth, collège des Pépinières à Renens V

atelier_renens


Semaine des médias (4) : une giboulée de Unes

Envol réussi pour la 4ème Semaine des médias! A l'école secondaire de Payerne, les deux classes 8VSG1 et 8VSG2 se sont lancées avec succès dans le concours de Unes. Par équipes de 4, les élèves ont produit des travaux de qualité sous la conduite de leurs professeurs. Julien Hirt et Matthieu Zuccone, deux élèves d'une classe fribourgeoise (CO de Jolimont) sont allés plus loin : ils ont carrément rédigé un journal de 12 pages! A voir sur www.journalhublot.ifrance.com .

Emoi de Bernard Verly (photo ci-dessous) sur le coup de 8h du matin : "Mais ce sont les nouvelles du 14 mars!". Petite explication en 2 volets : 1) nous ne voulions pas concentrer le concours sur une seule journée. 2) pour mettre toutes les classes sur un pied d'égalité, il faut fournir une matière identique, celle que diffuse l'ATS sur une journée complète. Pour avoir le temps de préparer le dépêches, nous avons donc retenu la journée du 14 mars.

Et Bernard Verly de nous proposer une suggestion pour l'année prochaine, histoire de rendre l'exercice plus réel : diffuser les dépêches par blocs au fil de la journée, histoire de ne pas laisser figés les choix de la première heure ou de la première demi-heure.

Maestro de l'informatique, connaisseurs des secrets du Mac, Jean-Marie Crausaz (photo ci-dessus) a été sollicité intensivement jusqu'en fin d'après-midi, tout comme son collègue Olivier Noverraz (ci-dessous)

"Je me demande si tout sera terminé à cinq heures!...", soufflait le professeur de français Daniel Savoy en milieu d'après-midi. Finalement, tous les travaux ont été terminés dans les temps. Les rédacteurs d'"Info Sport" (ci-dessous) n'étaient pas peu fiers de remettre leur copie à 15h45 déjà...

Texte et photos : Christian Georges


Semaine des médias (3) : on attend vos échos !

Vous participez à la 4ème Semaine des médias à l'école du 19 au 23 mars 2007 ? Nous nous ferons un plaisir de publier sur ce blog des échos de vos visites de rédactions, rencontres avec des journalistes ou activités en classe. Envoyez vos textes et photos à : emedia@romandie.com. MERCI!