Le correspondant à l'étranger : une espèce en voie d'extinction
Durant toute la semaine, la Radio Suisse Romande consacre son feuilleton à Georges Baumgartner (photo), son correspondant à Tokyo. On peut réécouter ses confidences sur le web : ou comment en apprendre beaucoup sur le métier de journaliste expatrié en quelques phrases. Un must!

Il s'est installé au Japon il y a 24 ans. Il vit dans 20 mètres carrés et dans la peur panique de devoir quitter l'archipel. Il se douche à l'eau froide, écoute du jazz pour soigner sa mélancolie et n'a pas d'adresse internet. Georges Baumgartner vit dans un entre-deux intrigant, entre ses origines jurassiennes et sa vie dans une mégapole de 38 millions d'habitants. Ce qu'il dit de son métier donne une idée d'une certaine misère dans laquelle plongent les médias :
"Depuis la chute du Mur de Berlin, le nombre des correspondants étrangers a diminué de moitié à Tokyo. On constate un repli des médias sur eux-mêmes"
Georges Baumgartner n'est pas salarié au mois, comme le croiraient quelques naïfs. Pour éviter de devoir rentrer au pays, il doit multiplier les correspondances : Radio France Internationale (sous le pseudonyme de Frédéric Charles), Radio Canada, la TSR, le Canard enchaîné... A 54 ans, il sait qu'il touchera une retraite équivalente au tiers de ce qu'aura un journaliste rattaché au siège de la SSR. Pour faire le joint, il compte financer l'automne de sa vie en jouant à la bourse, au Nikkei japonais...
Ca laisse songeur. Au fait, même TF1 avec ses 3 milliards et demi de budget annuel, n'a pas de correspondant permanent à Tokyo...
PS : Vous pouvez suivre le chat réalisé vendredi 1er décembre entre les auditeurs de la RSR et les correspondants à l'étranger sur ce lien.
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28 Novembre 2006 à 15:29 dans
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