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Mediablog

Une arête dans la gorge

"Le Chauchemar de Darwin" est un film estomaquant. Avec sa description d'une Tanzanie minée par la famine alors que le produit de sa pêche part en Europe, le documentaire d'Hubert Sauper nous avait laissés sous le choc à sa sortie en salles. Puis - en réaction de défense? - est venu le temps du soupçon : le réalisateur ne nous avait-il pas manipulé avec une accumulation de détails accablants ? N'avait-il pas cherché tout au long du film à renforcer le cliché misérabiliste d'une Afrique vouée à son malheur ? Une nouvelle vision du film, lundi 24 avril sur Arte, nous a montré qu'il n'en était rien. Retour sur un documentaire saisissant, désormais en médiathèque, à montrer dans les écoles de toute urgence pour commenter les rapports Nord-Sud. Nous vous conseillons aussi le décryptage proposé par "Arrêt sur images" le 30 avril dernier. Vidéos à voir sur http://www.france5.fr/asi/007548/33/134199.cfm.

A revoir "Le Cauchemar de Darwin", un premier constat s'impose : dans sa construction de l'espace, le réalisateur autrichien Hubert Sauper (photo) se fait sélectif : il ne nous donne pas tout à voir de Mwanza, ville tanzanienne au bord du lac Victoria. Il prélève sur la réalité ce qu'il veut bien prélever. On ne verra donc pas la (toute petite) classe moyenne ou aisée, ni les lieux où vivent les cadres indiens des pêcheries, par exemple.

De cet aspect sélectif, le réalisateur se défend très bien dans l'excellent DOSSIER à lire sur le site d'Arte (http://www.arte-tv.com/fr/1182874.html). Il dit : "Le cinéma n’est pas « la réalité », c’est le reflet d’une certaine réalité. Ainsi, il n’existe aucun film qui montrerait l’Afrique telle qu’elle est. Un film, c’est toujours un regard dans une direction, si bien que l’on ne peut pas voir ce qui se passe dans l’autre sens. Les gens cherchent toujours des preuves, mais le cinéaste estime qu’il ne lui appartient pas de les fournir. (...) la poésie du cinéma consiste justement à ne pas tout montrer."

Ce qui nous intéresse en revoyant le film, ce n'est pas de savoir si les images sont vraies mais si les images sont justes. Et de ce point de vue, Sauper ne donne pas le sentiment d'avoir extorqué ses images. Il n'a pas inventé les carcasses d'avion qui gisent au bord du lac, ni les mouroirs à sidéens. Poussons même le bouchon assez loin : à supposer qu'il ait mis en scène la dispute des gosses autour du bol de riz, l'attitude des enfants à cet instant est assez éloquente.

Le film n'est pas exempt de reproches : l'insistance à montrer les carcasses de poissons en putréfaction donne (faussement) à penser que les gens s'en nourrissent directement (alors qu'elles sont destinées aux animaux). Mais l'immense force de ce documentaire reste intacte à la deuxième vision : car il donne à voir, souvent dans la même image, les contradictions insupportables de la mondialisation. Deux exemples : 1) ces décollages d'avions cargos, qui symbolisent mieux que tout discours une évidence : les richesses partent, la misère reste. 2) la prostituée qui fredonne une chanson d'amour à son pays, alors que le pilote russe à ses côtés glousse "Tanzania, Tanzania!". Petite musique du désespoir qui glace le sang... Mais pas question de baisser les bras : "J’aimerais que le film incite les gens à s’impliquer, pas qu’il soit simplement regardé comme un tableau des mauvaises conditions de vie en Afrique", déclare une coordinatrice d'association de femmes au bord du lac Victoria, dans le dossier d'Arte. On peut découvrir aussi deux interviews avec le réalisateur (texte et vidéo), un récapitulatif très complet sur les reproches adressés au film et les constatations sur place d'un envoyé spécial du "Monde".


L'école est finie ?

Rien de tel qu'une bonne polémique sur les méthodes scolaires pour enflammer un plateau de télévision. A témoin la vigueur du dernier débat lors de l'émission "Arrêt sur images".

France 2 diffuse en avril "Ecole(s) en France", une série de trois documentaires de Christophe Nick (photo ci-dessous).

 Le postulat du réalisateur est clair : les élèves français sont les plus mal dans leur peau de tous les pays de l'OCDE. Pourquoi ? Parce que les méthodes pédagogiques ne sont pas adaptées. "Emission crapuleuse!" dénonce Jean-Paul Brighelli, du collectif "Sauver les lettres" et partisan de la transmission des savoirs. (photo ci-dessous)

 Si vous n'avez pas vu l'émission "Arrêt sur images" de France 5 dimanche 23 avril, vous pouvez la voir sur internet et retrouver le forum qui lui est lié. Il suffit de taper : http://www.france5.fr/asi/007548/32/133991.cfm

L'élève au centre des préoccupations, est-ce de la démagogie ? Les partisans de la transmission pure et dure des savoirs sont-ils une "secte ?" Ce débat ne vous rappelle rien ? L'émission a le mérite de montrer à quel point les a priori idéologiques conditionnent le choix des interlocuteurs, le choix des images et des mots. Au point de verrouiller parfois complètement le débat.


Nouvelle Star : direct ou faux direct ?

"En direct" lit-on dans le coin supérieur gauche de nos petites lucarnes, pendant la retransmission de "Nouvelle Star" sur M6. Mais est-ce vraiment le cas ?

Bruno et Cindy : une peopolisation à l'insu de leur plein gré ?

Soir après soir, la réalisation de "Nouvelle Star" laisse apparaître ses tics et ses ficelles. Déjà remarqué comment sont montrés les musiciens ? Jamais un plan de plus de 2 secondes sur l'orchestre pendant les performances des jeunes. Bord inférieur des guitares toujours masqué... Le plan montrant l'instrument en amorce revient pourtant avec insistance, émission après émission. Quand l'arrangement innove - deux guitares acoustiques pendant "Roxanne" - la caméra s'attarde sur la main qui plaque les accords, pas sur celle qui gratte les cordes.

Le moment qui réjouit, celui qui justifie quasiment à lui seul qu'on se tape deux heures de retransmission, c'est le grain d'inattendu, le micro-dérapage dans le réel au milieu d'un gros gâteau de fabriqué. Mercredi 19 avril, ce fut quand Marianne James demanda à Christophe de reprendre a capella une tranche de "Ca plane pour moi". Et là, ça ne planait plus du tout : notre ami "Turtle" commença par bafouiller en s'excusant d'avoir mélangé les paroles. Et son micro laissa échapper des sons surprenants. Une voix plus lointaine, avec du souffle, des sautes de niveau... Enfin du vrai! Un indice de plus que les chansons interprétées "en direct" doivent être jouées en play-back. Les jeunes les enregistrent certainement en studio au préalable, sans gesticuler, ce qui entraînerait de désastreux effets de souffle et des modulations imprévisibles.

Sans doute de peur de paraître trop artificielle, "Nouvelle Star" a choisi mercredi 19 avril d'humaniser le dispositif : après chaque performance, les candidats ont eu droit au petit mot d'un fan ou d'un proche. Défilé pénible qui semblait soumettre les jeunes à la torture d'un vrai direct : on eut droit à la maman, au petit ami belge, au "papounet", à l'oncle Juan venu de Barcelone, et même au message de la mémé du Portugal (lu par son petit-fils, avec diapos de l'aïeule sur les écrans géants). Ce fut surtout pour l'animateur Benjamin Castaldi l'occasion de faire preuve de goujaterie. "J'entends bien!" fanfaronna-t-il dès que la mère (portugaise) de Cindy eut dit qu'elle venait de Suisse... Moins bien dotée que certains fan clubs de candidats concurrents, la maman avait amené avec elle des magazines qui avaient eu le bon goût de mettre sa fille en couverture. Plusieurs magazines de télévision suisses en particulier. Mais pas le mag "people" parisien qui fit la semaine dernière sa "Une" sur les amours de Cindy et Bruno. Article publié avec le total assentiment (ou à l'instigation?)  du producteur de l'émission. Pour compenser, maman avait pris deux fois "TéleTop Matin".

Au surplus, les remarques assénées à Cindy par le jury prêtaient plus à sourire qu'à frémir. "Trop de mise en scène!" "On dirait une poupée désarticulée!" "Des grimaces...du show". Mais pourquoi n'a-t-on pas traîné sur scène le chorégraphe de l'émission Stéphane Jarny pour le lui dire en face ? Bruno fut mieux loti : le jury loua unanimement sa prestation, jugée "meilleure" que celle de James Blunt dans la chanson originale. "Tu l'as fait sans pleurer!" s'enthousiasma Marianne James, qui regrettait auparavant la tendance à la geignardise du gentil coiffeur. Alors quoi ? "Nouvelle Star", ça aide à mûrir ou c'est du dressage ?


Cindy, Deleuze et la "Nouvelle Star"

Combien d'enseignants parlent de "Nouvelle Star" avec leurs élèves, extraits à l'appui ? Trop peu sans doute et c'est dommage… L'émission de M6 est en effet un passionnant miroir de notre époque.

Eh oui, nous avons regardé cette "Nouvelle Star" 2006 depuis les débuts... Pour Cindy bien sûr. Le petite Neuchâteloise aux tresses blondes parvient à nous bluffer chaque mercredi. Cindy géniale dans son interprétation de "Respect" d'Aretha Franklin. Cindy qui arbore toujours la même moue au moment de faire face au verdict du jury… Car c'est cela "Nouvelle Star" : la soumission perpétuelle au jugement d'autrui, sous l'œil vorace de millions de téléspectateurs.

 "Un individu qui monte sur scène risque sa peau, parce que le public est un gros animal dangereux, et qu'il peut à tout instant anéantir sa créature, la chasser, l'obliger à s'enfuir sous la honte et les quolibets", lit-on dans le dernier Houellebecq ("La possibilité d'une île", Fayard). Et sur M6, c'est exactement ça : de petits jeunes gens descendent dans l'arène comme des gladiateurs. Ils savent que certains ne reviendront pas en deuxième semaine. Ils ne se révoltent pas contre ces règles. Contre ce jury qui vote la grâce ou la disgrâce non plus en levant le pouce ou en l'abaissant mais en affichant un rectangle bleu ou rose.

Fascinant, du reste, ce jury. Mélange de compétence et de vulgarité, de goguenardise et de paternalisme, les quatre compères jouent symboliquement une partition bien connue : celle de l'entretien d'embauche. Devant eux, les candidats doivent interpréter la chanson qui plaît aux oreilles de l'employeur (M6), tout en étant sommés d'y imprimer leur personnalité. Comme il y a de la concurrence (25000 postulants au départ), on peut se permettre de pinailler, de demander l'impossible. Parfois ça marche : le juré André Manoukian félicite Cindy de s'être "déterritorialisée", en citant le philosophe Gilles Deleuze. Parfois pas. Alors quand, dans un dispositif de "direct" verrouillé jusqu'au moindre angle de caméra, un peu d'inattendu se glisse, cela fait l'effet d'un électrochoc. A témoin cet échange mercredi 12 avril entre Dove Attia et Beverly (photo) :

 Le juré : "Tu n'as pas à choisir une chanson qui ne te va pas!"

 La candidate (lucide et hagarde, oubliant sans doute les termes du contrat qu'elle a signé avec la production) : "Vous savez qu'on n'a pas le choix ? !…"

Après le silence éloquent du juré, on comprenait mieux pourquoi le pauvre Bruno avait galéré avec les paroles de "Billie Jean", lui qui s'était déjà farci "Quand on a que l'amour" de Brel la semaine précédente…

Avec un sadisme consommé, la jurée Marianne James avait alors observé qu'une telle chanson ne pouvait pas être chantée correctement par un garçon qui dort avec ses peluches. En fait, tous rament un jour où l'autre (quand on demande par exemple à Florian de chanter "Baby Jane" avec le timbre inimitable de Rod Stewart, on se dit qu'il ne faut pas pousser…). Et c'est aussi ce qui fait la force de l'émission : la dignité et le panache avec lesquels ces gamins doués remplissent des contrats impossibles à tenir. On les veut expérimentés et juvéniles, polyvalents et pas du tout rebelles : comme dans un entretien d'embauche!

Un soupçon de fronde, il y en a eu mercredi quand le jury s'est mis à parler du "single" enregistré par les candidats. A Marianne James qui souhaitait que les jeunes en vendent "des millions", Manu Katché a sèchement répondu que dans ce cas, on vendrait "des millions de merdes". Une émission commerciale dans laquelle on crache sur un produit dérivé n'est pas totalement dépourvue d'intérêt.

Un dernier mot du public : celui qui vote, à coup d'appels téléphoniques et de SMS surtaxés (50 ct d'euro pour la chaîne), que pense-t-il de la foule qui emplit le pavillon Baltard ? N'est-elle pas étonnante, cette masse de gentils supporters qui acclame tous les candidats et qui aime tout le monde ? N'est-elle pas étrangement unanime et docile (pas le moindre calicot contre le CPE!). Même les adultes paraissent en phase de régression avancée. Cela doit faire partie du concept, tellement dans l'air du temps décrit par le même Houellebecq : "Ce que nous essayons de créer, c'est une humanité factice, frivole, qui ne sera plus jamais accessible au sérieux ni à l'humour, qui vivra jusqu'à sa mort dans une quête désespérée du fun et du sexe ; une génération de kids définitifs" ("La possibilité d'une île").


La polémique : un bienfait ou une plaie de la démocratie ?

"Il manque au polémiqueur une qualité nécessaire au démocrate : la prédisposition à changer d'opinion au terme du débat".

Professeur à la Sorbonne, docteur en sciences de la communication, Philippe BRETON a détaillé les rapports entre polémique et démocratie, jeudi 6 avril à l'Université de Neuchâtel. Echos de sa conférence.

"La polémique est un conflit dans l'espace de la parole. C'est la transposition de la violence physique dans le champ de la parole." Absente des sociétés primitives (dans lesquelles on fait la guerre, mais où la palabre vise à chercher un consensus), la polémique ne se déploie qu'à l'intérieur de l'espace démocratique. C'est une dissonance tolérée. Elle a besoin de trois conditions préalables : 1) La liberté de parole 2) L'égalité devant la parole 3) L'exclusion de la violence.
 
Un bon polémiste doit cumuler trois compétences de base : 1) la capacité à se forger une opinion. 2) la capacité à argumenter dans un environnement pacifié. 3) l'empathie cognitive. 

"Avec la polémique, c'est la violence chassée par la porte qui revient par la fenêtre. C'est peut-être un des effets de la criminalisation de la violence physique. Dans certaines polémiques médiatiques, on voit poindre la vengeance privée", note Philippe Breton (certains auditeurs auront songé au psychodrame de "Forums" à la RSR). Assiste-t-on à une remontée de la violence et à une inversion du processus de civilisation ? Les indices sont nombreux : dégradation des relations de travail dans les entreprises, précarité, brutalité des relations entre proches, délinquance et apparition de zones de non-droit, développement du racisme sous toutes ses formes, publicité agressive, relative insensibilité aux génocides, violence de productions médiatiques ou de jeux vidéo…

Philippe Breton a compilé une impressionnante liste de polémiques dans lesquelles on a cherché à discréditer l'autre partie par un amalgame avec le nazisme. Or, dit-il, "l'argumentation doit justifier les liens qu'elle propose. Quand une cause nous plaît, on à tendance à dire : "La fin justifie les moyens !" Quand elle ne nous plaît pas, on dit : "Attention aux amalgames !"

Le fin polémiste connaît les normes à transgresser. Il déplace les normes (comme la guerre déplace les frontières). Mais pour que la polémique ait un impact, il faut encore que public et médias aient conscience que des normes ont été transgressées.

"La démocratie est tributaire d'un certain seuil de civilité. Elle supporte toutes les inégalités, sauf celles devant la parole. La polémique remet de la hiérarchie là où devrait régner la symétrie. Le polémiste veut occuper une position supérieure aux autres et redistribuer la parole. C'est la mise en scène d'une supériorité." Et Philippe Breton de conclure en rappelant le mécanisme inventé par les anciens grecs contre l'influence des tribuns : voté par le groupe en secret, l'ostracisme consistait à éloigner de la cité pour dix ans ceux qui, par leurs talents polémiques, menaçaient la cohésion sociale et l'ordre démocratique…


Le déclin de la presse française

"France Soir" est à l'agonie. Après avoir tiré à 1,3 million d'exemplaires en 1957, il en est à moins de 50.000. La presse française va mal parce qu'elle a raté le virage vers les tabloïds. Telle est la thèse que défend l'historien des médias Patrick Eveno dans "Le Monde" du 10 avril 2006. Extraits.

"A la fin des années 1960, la presse française perd le sens de son marché et le goût de son public. Elle néglige le public populaire urbain et ne réussit pas la mutation vers les tabloïds, comme les presses anglaise et allemande l'ont réalisée avec le Sun ou le Bild. Certes, ces journaux ne sont pas des modèles d'élégance et paraissent bien vulgaires à nombre d'intellectuels parisiens. Mais ne vaut-il pas mieux les lire plutôt que de ne rien lire du tout ? Ne vaut-il pas mieux, avec le journal et grâce à lui, parler avec ses voisins et ses collègues de foot, de sexe, de crime et aussi de politique, plutôt que de les ignorer ?"

(...) Depuis la Libération, la presse quotidienne française demeure fragile, ses entreprises manquent de capitaux et de gestionnaires, la vision politique de ses patrons les empêche d'appréhender les évolutions du marché. La conséquence de cette orientation est le déclin du nombre de titres (179 quotidiens en 1945, 65 en 2005), du lectorat et du tirage, qui tombe de 12 millions d'exemplaires en 1945 à moins de 8 millions en 2005, alors que la presse quotidienne anglaise vend encore 16,5 millions d'exemplaires par jour, soit deux fois plus d'exemplaires par habitant que la presse quotidienne française.

Les classes populaires urbaines abandonnées par les journaux sont ainsi confiées à la seule télévision. Or la lecture, quelles que soient les imperfections de forme des quotidiens destinés au plus grand nombre, demeure irremplaçable pour former les esprits. Les conséquences de cet abandon sont redoutables pour la démocratie, qui se prive ainsi d'un outil d'information collective. Et on ne recréera pas de sitôt une presse populaire, parce que les occasions manquées sont à jamais perdues. Au-delà de France Soir, c'est un siècle et demi de culture populaire qui tombe en déshérence."


La Photo de l'année choisie par les 5-10 ans

Les élèves de 5 à 10 ans étaient invités à choisir la Photo de l'année. Dans le cadre de la Semaine des médias à l'école en Suisse romande, l'agence KEYSTONE avait mis à disposition 10 clichés. Dix images choisies pour illustrer des enfants du monde entier, saisis dans leur environnement quotidien. Cette activité était lancée en association avec La Bataille des Livres (http://bdl.unige.ch/portail/index.php)). La fiche pédagogique a été téléchargée plus de 1000 fois. Des élèves d'une quinzaine de classes ont voté. Résultats ci-dessous.

Note importante : Les droits de ces photos sont réservés. Il est exclu de les utiliser en dehors de l'activité proposée sur le site www.e-media.ch.

Photo de l'année    (36 voix + une classe au complet)

Légende officielle de l'agence :

Les vraies jumelles Kira, à gauche et Kendra Ridgley, âgées de 3 ans, partagent une sucette multicolore devant un magasin de la rue Bayer, à l'ouest de Halifax, au Canada. Leur mère a déclaré qu’elles ont presque toujours tout partagé.  (Keystone / AP Photo / Halifax Chronicle Herald, Tim Krochak)

Commentaire de la classe 3-4P des Valettes (enseignante : Patricia Sarrasin) : "Les jumelles sont "chou" et c'est bien de partager".

Deuxième place ( 22 voix + une classe au complet )

Légende officielle de l'agence : L’image montre un gosse pratiquant la formation de base en gymnastique à Haozhou. Un nombre croissant d’enfants sont envoyés par leurs parents pour suivre des cours de gymnastique à Haozhou, dans la province d'Anhui, pendant les vacances d’été, ce qui devrait renforcer leur santé.  (Keystone / Imaginechina / Zhang Yanlin)

Troisième place  (19 voix)

Légende officielle de l'agence : Des enfants du Bangladesh préparent un concours artistique pour célébrer la journée mondiale de l’environnement à Dacca. Ce concours est organisé par le forum "Sauver la jeunesse", à l’académie Shishu. (Keystone / EPA / Abir Abdullah)

Quatrième place ex-aequo (16 voix)

Légende officielle de l'agence : Deux garçons prennent le chemin de l’école aux frontières de l’Ecosse, après les grandes chutes de neige qui ont recouvert ce pays.
(Keystone / EPA / David Cheskin)

Commentaire de la classe 3-4P des Valettes (enseignante : Patricia Sarrasin) : "La photo nous plaît  beaucoup parce que le paysage est beau avec la neige et les moutons, il nous rappelle notre région et elle a l'air en noir et blanc. C'est magnifique et on a eu envie de la dessiner."

Légende officielle de l'agence : Des enfants indiens Aymaras jouent en courant autour d’un piquet sur l’île de Suriqui dans le lac Titicaca, en Bolivie. (Keystone / Photo Researchers / Jacques Jangoux)

Commentaire de la classe 5P de Versoix (enseignante : Martine Melo) :  "La photo est bien cadrée, en mouvement, expressive et joyeuse. Elle parle de paix. Elle nous montre deux enfants qui jouent avec un bâton. Ils sont souriants. Ils n'ont pas besoin de beaucoup de chose pour s'amuser ni de beaucoup d'argent pour être heureux."

Ont obtenu des voix les clichés en provenance de :
Cisjordanie (9 voix)
Togo (6 voix)
Allemagne (5 voix). Commentaire des enfants de 1ère année de la classe de Moniques Desmeules dans 
le Jura: "Cela fait envie d'envoyer des SMS".
Irlande du Nord (1 voix)
A l'annonce des résultats, l'enseignante Martine Melo nous écrit :
"Merci! Mes élèves seront ravis que leur commentaire ait été publié. 
 Bravo pour votre boulot! Magnifique préparation, fiches pédagogiques pleines d'idées 
et d'utilisation simple.  Les enfants avaient aussi apporté des photos d'enfants découpées
dans les journaux. Chouett' discussions. Vivement la prochaine Semaine!" 


Une presse écrite crédible pour les 15-24 ans français

A quels médias faites-vous confiance en priorité pour vous permettre de vous forger une opinion sur un sujet de société ou d'actualité ?

                                               En 1er    en 2ème     En 3ème     En 4ème        En 5ème

La presse quotidienne            38%             26%           18%             13%                5%  

La radio                                  16%             28%           28%             19%               10%

La TV                                      22%             19%           19%             18%               23%

Internet                                   16%             15%           18%             24%               28%

La presse magazine                9%              12%           17%             27%               35%

Source : sondage Ipsos auprès de 1250 internautes français de 15-24 ans (mars 2006)

Si les plus de 25 ans considèrent internet comme une vaste source documentaire, les plus jeunes y voient surtout un outil d'échange et de communication. Blogs, chats, forums, messagerie : pour la nouvelle génération d'internautes interrogée par Ipsos pour l'association Graines de Citoyens, le web est d'abord un moyen d'expression. La moitié des internautes de 15 à 19 ans ont créé un blog.

Pour plus de détails, consulter : http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/1810.asp


Encore des échos de la Semaine des médias à l'école

Payerne

Les projections publiques des films réalisés par les élèves de l'Ecole secondaire de la Broye à Payerne ont eu du succès jeudi 30 avril, comme nous l'écrit leur enseignant Victor Wirthner :

"Bonjour !

Entre deux cours urgents, j'ai le plaisir de vous donner des nouvelles de la projection. La salle était comble à 18h30 et aux 3/4 remplie à 20h00, ce qui représente un public de quelque 280 personnes. Nous sommes évidemment ravis d'autant plus que le public était très réceptif et qu'il s'est manifesté (sous forme de rires) aux endroits adéquats. Bref, ce furent deux excellentes projections. Par ailleurs, je n'ai connu aucun pépin technique pendant la projection.

Malheureusement, nous n'avons eu aucune couverture médiatique.

Le collège offrira un exemplaire des films et bonus sur DVD à chaque élève participant. (...) Enfin, les photos des élèves devant l'ordinateur que vous avez déposées sur le "mediablog" ne posent aucun problème. Les filles concernées et leurs parents les ont vues et n'ont manifesté aucun désir quelconque de retrait.

Merci encore de votre précieuse collaboration. Hum... je pense reconduire l'opération l'année prochaine avec d'autres collègues...

Avec mes cordiales salutations"

 


Radio Suisse Romande : une question d'équilibre

Ruxandra Zenide, réalisatrice de "Ryna" était en tournée de promotion avec son film. Suzanne Déglon Scholer, notre rédactrice "Cinéma" du site e-media.ch est rentrée accablée de la soirée de lundi 3 avril aux Galeries du cinéma à Lausanne. Pas à cause du film... Lisez plutôt :

"Ruxandra Zenide, enceinte jusqu'au cou, aura son bébé en mai. Elle est mignonne, souriante, patiente, chouchou, elle et attendait les questions. Public plat, questions plates, Jean-Yves Gloor l'a présentée, puis s'est assis, donc pas d'animateur. Le public scrutait la jeune femme, la jeune femme scrutait le public. Une fois le compliment sur les OVNI, la flèche empoisonnée sur les conneries américaines, les questions usuelles  ("Est-ce que ça pourrait se passer ailleurs ?", "Combien ça a coûté ?" (1,5 mio. CHF) "Combien de temps avez-vous tourné ?") lancées, plus rien. Néant. J'ai renoncé à prendre des notes au bout de 5 minutes. Elle attendait comme une potiche, ça a été liquidé en 12 minutes. Donc, pas de compte-rendu. Navrée pour la réalisatrice."


Ruxandra Zenide, avec les rédactrices et les rédacteurs de la TRIBUne des Jeunes cinéphiles, animée par Suzanne Déglon Scholer. (Photo Déglon)

"A quand des augmentations de salaire ?"

La Radio suisse romande invitait ce mercredi les auditeurs à le demander à Michel Barde, directeur de la Fédération des entreprises romandes.

Le journaliste (Jean-Marc Béguin) : - Frédéric nous appelle de Genève…

L'auditeur : - Oui, bonjour. Bonjour à Michel Barde aussi. Je voulais vous remercier d'avoir pris ma question et je voulais vous féliciter pour la qualité de vos émissions aussi.

Le journaliste : Merci!

L'auditeur : …Voilà. J'ai établi une petite statistique moi aussi sur les deux derniers mois et j'ai constaté que sur les quatre émissions que vous avez consacrées à des questions relatives aux assurances sociales, vous aviez invité trois responsables d'associations patronales, Mme Balet, M. Barde et M. Triponez, ainsi qu'un député radical au Conseil municipal genevois, Pierre Maudet. Relativement au conflit social à Reconvilier, vous avez invité deux responsables d'associations patronales, (soupir et froissement de feuilles sur le bureau du journaliste) M. Weiss et M. Barde une deuxième fois, et un député radical vaudois, M. Charles Favre, mais cette fois-ci vous avez été généreux, vous avez aussi invité une syndicaliste, Mme Blanc-Kühn, pour lui demander si les grévistes "ne s'étaient pas trompés sur toute la ligne". Aujourd'hui vous recevez Michel Barde pour la troisième fois en deux mois. Lundi, la mascarade a pris une ampleur inédite…

Le journaliste (qui l'interrompt) : - Oui, mais ce…on a bien compris, Monsieur, votre…votre…votre question (la régie a coupé la ligne téléphonique). Ce… Voilà, on vous répondra simplement que si vous faites l'équilibre des interventions sur toute la journée de la Radio Suisse Romande, vous verrez que nous sommes tout à fait équilibrés. Et c'était pas la question que vous aviez prévu de poser à Michel Barde, donc on va reprendre cette émission… Est-ce que, Michel Barde, vous vous attendez à un printemps chaud et à un bras de fer avec les syndicats ?

C'était à 7h52, mercredi matin 7 avril, dans "Radio Public", sur La Première. Le lundi 10 avril, "Radio Public" accueillait Jacques Robert, du syndicat "UNIA" pour traiter des relations entre patronat et syndicats.