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Dégâts d'image(s)... (5) : mais qu'ont-ils tous à s'exhiber ainsi ?

Avant, on disait que pour vivre heureux, il fallait vivre caché ! Mais l'adage a décidément du plomb dans l'aile. La tendance est à l'exhibition sans complexe. Pour preuve : les lectrices du « Blick » se bousculent pour poser nues en Une du journal, faisant fi des commentaires ou des jugements. Sans compter les photos personnelles livrées à tous sur Facebook et autre blogs. Mais qu'est-ce qui pousse les gens à se dévoiler ainsi ? Le bonheur passe-t-il forcément par l'exhibition ? (comm. TSR)

 L'émission Infrarouge en débat sur TSR 1 mardi 9 février à 22h30, avec (sous réserve) :

Geneviève de Fontenay, présidente du Comité Miss France, Ariane Dayer, rédactrice en chef du "Matin", Lionel Baier, réalisateur, Luc Barthassat, conseiller national, PDC, Genève, Sébastien Fanti, avocat, Sion, Nadège Jones, première Romande à avoir posé dans la rubrique du Blick « Heute bin ich eine Star », Eva Saro, consultante en image, Fondation images et société, animatrice des deux ateliers de formation continue proposés dans le cadre de la 7ème Semaine des médias à l'école.


Huis clos sur le net

La Radio Suisse romande nous parle avec insistance, jour après jour, de l'opération "Huis clos sur le net". De quoi s'agit-il ? Cinq journalistes de radios francophones sont actuellement enfermés dans une ferme du Périgord avec pour seules informations celles émanant de Facebook et Twitter. Leur objectif ? S'interroger sur la pertinence de la lecture de l'actualité à travers ces réseaux sociaux.

Bien. Pourquoi pas ?

Certains, comme dans cet article, évoquent une opération biaisée. A leurs yeux, il aurait fallu éviter de médiatiser cette opération durant son déroulement.

Pour juger des résultats de l'expérience, on peut se rendre sur son blog.

C'est évidemment parce qu'elle est partenaire de l'opération que la RSR consacre chaque jour des chroniques à ce sujet. On verra quelles chroniques elle consacrera du 15 au19 mars à la 7ème Semaine des médias à l'école en Suisse romande. Car il y a plus fort que d'être enfermés dans une ferme du Périogord : être des ENFANTS enfermés dans des classes de Savièse ou du Val Terbi et plancher sur les "Dégâts d'image(s)..." qu'occasionnent l'usage des médias.


Le journalisme de proximité, pour faire la nique à Google

"Le coeur du business de la presse, les affaires les plus solides, ce sont toujours les titres régionaux. La seule publicité qui n'est pas retirée dans la même proportion que la publicité commerciale nationale, en ces temps de crise, c'est la publicité locale", écrivaient dans "L'Hebdo" du 7 janvier deux vieux routards de la presse, Peter Rothenbühler et Werner de Schepper (en photo). En tête de leurs dix recommandations : "Engager les meilleurs journalistes à la rubrique locale" et "une nouvelle grille salariale qui ne défavorise pas le journaliste de proximité". Sacré pavé dans la mare, à l'heure où le démantèlement des conditions de travail de ces mêmes journalistes de proximité atteint des proportions alarmantes ! 

"Les seuls services, les seules infos absolument indispensables pour les lecteurs, ce sont les nouvelles du coin, qui vont des convois funéraires aux adresses des pharmacies de service, en passant par les décisions du Conseil communal. Extrêmement importante, la locale : elle est la raison d'être, le coeur du journal".

Pourquoi ? Parce que les rubriques nationale et internationale, "on peut les avoir partout : il n'y a qu'à reprendre les agences, "piquer des trucs" sur internet".

"En réalité, que font la plupart des quotidiens régionaux, encore et toujours ? (...) Ils crient haut et fort que la locale est extrêmement importante, mais ils continuent de la négliger. (...) Qui s'occupe de la locale ? Les stagiaires, les débutants payés au rabais, parce qu'il faut bien commencer "tout au bas de l'échelle", parce qu'ils savent encore courir et qu'ils ont besoin d'apprendre le métier."

"Or, il est temps d'arrêter de parler. Et d'agir. Les seules informations qui rendent le quotidien régional vraiment indispensable et utile au lecteur, ce sont les informations locales, celles qui permettent aux habitants d'une ville ou d'une région d'y vivre et d'y survivre et de s'y orienter. Les seules informations que vous ne trouverez pas en abondance sur Google, Bluewin, Yahoo! et les sites internet (gratuits) des télévisions publiques nationales, ce sont les informations de proximité. La locale est le seul véritable USP (unique selling proposition) qui reste aux quotidiens de la presse écrite.

Attention : la locale, ce ne sont pas seulement les compte-rendus ennuyeux de conseils communaux, les communiqués barbants des institutions régionales et d'autres "petitesses" locales. Mais du "vrai" journalisme de terrain. Du "grand" journalisme, des recherches, des portraits, des enquêtes, des interviews, des commentaires, des comparaisons, des débats..."

Les auteurs de ce texte ont raison. Mais ce dernier paragraphe montre a contrario l'impasse dans laquelle se sont mis de nombreux éditeurs : les uns ont bradé l'info en la rendant gratuite, sapant des titres sains très en prise sur la locale; d'autres,  préoccupés d'absorber comme par le passé un maximum de manne publicitaire locale, ont cru pouvoir tailler dans les effectifs jusqu'à un point de non-retour. Pressurés, otages de l'agenda, leurs journalistes rescapés oscillent entre surmenage et démotivation. Alors qu'il faudrait des conditions cadres tout autres pour les amener à réaliser des enquêtes, des portraits, des sujets aux angles originaux... L'appel de Peter Rothenbühler et de Werner de Schepper sonne comme un rappel à la raison. Sera-t-il entendu ?

Christian Georges


Clivage religieux

Do not...           Just...do !

          

 

 


Dégâts d'image(s)... (4) : les clichés sur les migrantes

Une personne peu qualifiée, victime, mal intégrée, nécessitant protection : telle est l'image dominante que les médias donnent des femmes migrantes. Une étude a examiné sur la durée la manière dont la presse écrite suisse façonne nos représentations et le débat politique. Extraits.

Trois journaux ont été passés à la loupe lors des années 2006 et 2008 : la "Neue Zürcher Zeitung" (NZZ) a consacré 80 articles au thème des femmes dans le contexte de la migration, "Le Temps" plus de 100. Au cours de la seule année 2008, "20 Minuten" a publié 33 articles reliés au même thème.

"Le sujet des femmes n'est traité que de manière marginale dans la couverture médiatique relative aux lois sur l'asile et les étrangers", observe l'étude *. "Les femmes sont perçues comme un groupe à risque spécifique, particulièrement démuni, nécessitant une protection spéciale." (...) "Dans la perception des médias, le migrant "type" est un homme. Il y a bien quelques articles qui s'intéressent explicitement aux besoins et aux expériences des femmes dans le contexte de la migration. Mais les différences entre les motifs de migration des hommes et des femmes, par exemple, sont éludées. Les migrantes sont sous-représentées dans le traitement du thème de la migration des personnes qualifiées, alors qu'elles sont surreprésentées dans les questionnements relatifs aux barrières à l'intégration".

Dans "20 Minuten", les principaux thèmes abordés sont la criminalité et l'intégration. "...les prostituées avec un statut de séjour irrégulier sont perçues comme des délinquantes. 20 Minuten regroupe plusieurs champs thématiques sous le mot clé "intégration", à savoir la naturalisation, l'adaptation et l'acquisition de compétences linguistiques en tant que condition de la naturalisation. Il n'est presque jamais fait allusion aux migrantes dans les articles de 20 Minuten; on n'y compte que quelques très rares références. Cela signifie que les problèmes spécifiques aux migrantes ne sont pas portés à la connaissance d'un large lectorat".

A propos d'un article spécifique de la NZZ, l'étude poursuit : "Cette contribution est très représentative de beaucoup d'autres articles, qui considèrent que les difficultés scolaires des enfants de migrants sont la conséquence des lacunes de formation de leurs mères, qui seraient peu indépendantes. (...) Le manque de compétences linguistiques est généralement mis sur le même plan que les déficits de formation et est présenté comme une cause des problèmes d'intégration. Les articles de journaux de ce type véhiculent l'image d'une migrante isolée, qui n'est pratiquement pas capable d'agir en toute responsabilité".

Sans nier les carences observées ici ou là, l'étude produit des chiffres méconnus : en 2008, 10,5% de toutes les personnes occupées en Suisse étaient des migrantes. Alors que le taux d'activité des Suissesses de 15 à 64 ans était de 77,8%, il était de 72,5% chez les migrantes. Chez ces dernières, 28% de celles qui sont actives ont un diplôme universitaire ou ont une formation professionnelle supérieure, alors que chez les Suissesses actives, la part est de 24%.

La perception des migrantes venues des pays de l'UE est ambivalente. Les rares articles qui paraissent sur le sujet soulignent que "la Suisse a besoin de migrantes et de migrants qualifiés. En même temps, un certain scepticisme se dessine à l'égard de ce groupe de migrants flexibles et cosmopolites". La NZZ a ainsi dressé le portrait de "Madame Manini" : "elle vit en Suisse depuis quelques années, travaille la semaine dans le service de communication d'un groupe international, passe le week-end chez son ami à Rome. Madame Manini, qui ne s'appelle pas comme ça, n'a aucune idée de ce qu'est la Suisse, mais entre-temps, sa vie quotidienne est représentative de celle d'un bon nombre d'étrangers en Suisse".

Ces Madame Manini, souligne l'étude, suscitent un certain malaise auprès des médias : elles "ne vivent pas vraiment en Suisse, ne s'intègrent pas à la société suisse et ne prennent aucune responsabilité sociale. On suggère qu'elles ne seront jamais vraiment adoptées en Suisse, ce qui fait naître un doute à propos de leur loyauté envers le pays d'accueil".

"Le Temps" est crédité par l'étude de peu verser dans les stéréotypes : il donne volontiers une image positive de la migrante comme étant une femme active, intégrée au marché du travail. Il a publié plusieurs portraits de musulmanes décrites comme cultivées et affranchies des contraintes traditionnelles.

Il n'en demeure pas moins que, dans les trois journaux analysés, les migrantes sont souvent présentées comme des victimes (de leurs époux, de leur famille, des traditions et de la religion). Cette image dominante déteint sur les débats politiques, avec une tendance à la généralisation : "Les migrantes apparaissent généralement comme peu autonomes, passives, dépendantes, peu intégrées et victimes des traditions et des structures patriarcales de leurs familles et de leur culture d'origine."

"Il faut se garder de généraliser à la hâte, car une telle attitude risque de générer des représentations stéréotypées des migrantes", conclut l'étude. "Certes les discriminations sont massives et évidentes. Mais il serait regrettable que les femmes en situation de migration soient majoritairement considérées comme des victimes. Leur autonomie, leurs décisions et leurs facultés à résoudre les difficultés existentielles risquent alors d'être aussi occultées que les chances offertes aux femmes à travers la migration. Un tel phénomène peut alors donner l'impression que la féminité en tant que telle est synonyme de vulnérabilité, de faiblesse et de besoin de protection; tandis qu'inversement la masculinité est rarement considérée avec ce type de caractéristiques, bien que les hommes en migration soient aussi confrontés à la violence, à la discrimination et à l'exploitation".

"...il est regrettable - même si cela n'a rien d'étonnant - que cette tendance à schématiser soit particulièrement répandue dans les quotidiens gratuits lus par une masse de lecteurs. Là où les informations sont présentées de la manière la plus succincte, il ne reste guère d'espace pour les différenciations. Le seul fait de porter un regard différencié sur les migrants femmes et hommes semble déjà être un luxe pour un journal gratuit. (...) Il n'est certes apparemment pas aisé d'éviter les clichés et de présenter la migration des femmes dans toute sa diversité, même pour les journaux de qualité. Cependant, des efforts ont aussi été relevés pour contrer sciemment les clichés courants appliqués aux migrants et aux migrantes. (...) il serait souhaitable de renforcer de tels efforts".

* "Femmes en migration. L'image des migrantes dans la perception de l'opinion publique et de la politique, ainsi que de la recherche actuelle", Commission fédérale pour les questions de migration (CFM)", décembre 2009

Illustration : ""Shirley Adams", film présenté au Festival de Locarno 2009


Tim Burton, président du jury au prochain Festival de Cannes

 

"Après avoir passé mes jeunes années à voir des triples programmes et à faire des
marathons de 48h de films d'horreur, je me sens prêt pour Cannes."

Tim Burton, réalisateur pince-sans-rire. Le Festival de Cannes annonce qu'il présidera la prochaine édition, qui se tiendra du 12 au 23 mai 2010.


Sarkozy écoute des "Paroles de Français"

Le président de la république Nicolas Sarkozy avait accepté de se mettre à table avec 11 Français, lundi soir sur TF1, sous le regard patelin du petit père de la France d'en-bas (Jean-Pierre Pernaut). "Paroles de Français" devait permettre à ces onze citoyens de faire état de leurs préoccupations, de leurs attentes, voire même de leur colère. Les délocalisations industrielles, le chômage des diplômés, l'état déplorable des hôpitaux, la précarité des enseignants, le manque à gagner des producteurs de lait, le pouvoir d'achat des retraités (entre autres) ont ainsi été soumis au chef de l'Etat pour qu'il exprime son sentiment et précise les mesures prises (ou à prendre) par le gouvernement.

Il y a toujours une part d'arbitraire à constituer un panel représentatif. Il y a évidemment des contraintes de temps, qui obligent à se répartir le temps d'antenne. Il y a surtout la parole difficilement réfutable de l'homme qui connaît les dossiers. Pourtant, force est de constater que le dispositif a plutôt bien fonctionné. On critique volontiers la politique spectacle relayée ou mise en scène par certains médias. Force est de saluer ici une démarche inverse et éclairante.

Décor sobre, interventions très mesurées de l'animateur (qui a tout de même rappelé les 40.000 suppressions d'emploi dans l'Education nationale entre 2008 et 2010), chiffres bien dosés, timing généreux : un échange a pu se nouer. Le talent pédagogique de Sarkozy a permis à tout un chacun de mesurer la complexité de plusieurs enjeux. Mais dans sa volonté de proximité, le chef de l'Etat a adopté un tic de langage. Il a donné du "Monsieur de Mennhaes" au syndicaliste qui lui rentrait dans le cadre, mais il s'est familièrement adressé à "Nathalie", à "Sophie", à "Martine"... Aucune de ces dames n'a eu la hardiesse de lui répondre doucement : "Mais tout à fait, Nicolas !"  


Comment consultons-nous les images ?

Comment consultons-nous les images ? Prendrons-nous encore le temps de les archiver et de les collectionner physiquement à l'avenir ? 

Du côté des plus jeunes, c’est le web dans les nuages qui est la règle, et la collection l’exception, explique André Gunthert, chercheur en études visuelles et directeur du Laboratoire d’histoire visuelle contemporaine (Lhivic). A quoi bon s’imposer un effort de gestion si ce qu’on désire est toujours disponible ? Je ne dis pas que les digital natives n’auront pas le besoin ponctuel de recourir à l’appropriation, en particulier pour tous les contenus hors consensus, mais le processus qui est en marche est celui du désengagement.”

L'intégralité de cet article du site InternetActu.net est à lire ICI.


Envoyé spécial à Haïti

Montrer, ne pas montrer. Une chaîne de télévision a toujours le choix. Même quand elle travaille dans l'urgence. Même quand les reportages suivent de quelques heures le tournage. En consacrant son édition de jeudi 21 janvier à Haïti, Envoyé spécial (sur France 2) a donné un saisissant aperçu de la vie en Haïti, du travail des médecins et secouristes. Y compris par des choix de montage plutôt inhabituels.

Au journal télévisé, les options sont réduites : les caméras arrivent toujours trop tard sur le lieu des catastrophes. Alors, elles filment des morts, avec plus ou moins d'insistance et de pudeur. Mais dans les pires situations, les journaux télévisés raffolent des "bonnes histoires". Montrer les miraculés, les gens sortis des décombres. Leur sortie de l'enfer aura duré des heures et des jours, mais tout se résumera en quelques secondes. Hop, miracle !

Envoyé spécial a fait un autre choix jeudi. Ses équipes ont suivi des sauveteurs. Et les reportages se se rapprochés, un peu, du "temps réel". Il s'est instauré un suspense, une attente (avec même une légère - et discutable - musique hollywoodienne en arrière-fond). Est-ce que les sauveteurs français vont pouvoir sauver le fils de cette Haïtienne en t-shirt bleu ? "Silence! Y a quelqu'un ?" Silence. On retient son souffle. Une télévision qui met en place un tel suspense peut-elle terminer autrement que sur une note positive ?

Oui.

"Votre fils est décédé, Madame".

La femme en t-shirt bleu reste d'une dignité impressionnante. Elle remercie poliment et s'en va d'un pas lent, dans les rues poussiéreuses.

Autre suspense, très loin de là. En France, un couple est dans l'attente angoissée de retrouver Arthur, un petit Haïtien de 3 ans et demi qu'ils sont en train d'adopter. Toute communication est coupée avec Haïti. La caméra de France 2 suit les démarches angoissées, le micro enregistre les confidences. Là encore, le spectateur se dit qu'une telle scénarisation ne peut aboutir qu'à une issue heureuse.

Non.

Le couple apprend par téléphone qu'Arthur est mort. Hurlement de douleur des parents. Où étaient la caméra et le micro au moment où c'est arrivé ? Dans le montage final présenté par France 2, la porte de l'appartement est filmée du dehors. La séquence a sans doute été remontée avec un plan de coupe. La douleur transmise au spectateur est aiguë, mais sans le voyeurisme sur les visages tordus de souffrance.

Un choix qui nous a laissés pantois.


Dégâts d'image(s)...(3) : l'instrumentalisation des enfants

Comme chaque année à pareille époque, nous cherchons des photos d'enfants pour illustrer notre fiche pédagogique "Enfants du monde", La procédure est simple : nous tapons le mot "Children" dans la base de données de l'agence KEYSTONE (qui nous offre les clichés) et nous scrutons les documents proposés depuis un an par cette agence incontournable. Comme chaque année, nous sommes frappés (accablés ?) par le côté stéréotypé des images de presse. Dans la plupart des cas, l'enfant n'est pas présenté comme un individu autonome, avec des besoins et des désirs propres. Il est le plus souvent instrumentalisé. Démonstration, vignettes à l'appui !

La flamme olympique s'approche de Vancouver ? Même les petits participent et portent l'objet!...

 

Dans les pays du Sud (ici en Chine, en Afghanistan et à Gaza), les enfants sont souvent victimes de l'extrême pauvreté et de la guerre. Des cadrages éloquents donnent une lisibilité immédiate, comme pour faciliter le travail des rédacteurs-images qui doivent trier les clichés et choisir l'image qui frappera les esprits...

 

...alors que les enfants du Nord s'adonnent à des jeux insouciants et ne semblent occuper les médias qu'à la faveur des humeurs de la météo (à gauche) ou des campagnes de prévention très mises en scène (à droite).

On joue aussi au Sud, mais le sous-titre de chaque photo semble être toujours le même : "la vie continue, malgré tout"... La seule autre bonne raison de montrer des enfants du Sud qui ne sont pas victimes semble liée aux festivals ou aux réjouissances officielles (ici une fête sikh en Inde et le nouvel an au Kremlin - OK, c'est plus au Nord, mais vous aurez compris le principe), prétextes à des images hautes en couleurs...

 

Essaient-ils de prouver qu'ils ont un coeur et des sentiments ? Les gens de pouvoir adorent se faire photographier avec des enfants. Choix (très) sélectif, ici dans l'ordre : le premier ministre grec, le pape, le président du Sri Lanka, Michèle Obama...

Embouteillage de VIP chez les marmots en Grande-Bretagne : le Prince William, le chef de l'opposition conservatrice David Cameron et le Premier ministre Gordon Brown.

Conclusion : ce n'est pas du tout un monde présenté du point de vue des enfants que reflètent les médias. Il est même flagrant que la plupart des images de presse témoignent d'une intention pré-existante à la prise du cliché. A vérifier avec d'autres images et sur tous les supports de presse qu'il vous plaira d'analyser pendant la Semaine des médias à l'école, du 15 au 19 mars...

Notre sélection de clichés d'enfants figure sous www.e-media.ch, rubrique "Projets" 

Christian Georges